lundi 31 mai 2010

Jouer sur le câble


Si vous étiez là durant les années 70 alors vous allez vous souvenir du gadget que l’on voit sur la photo ci-haut. Pour les autres, laissez-moi faire les présentations d’usage. Il s’agit du fameux Jerrold, une boîte qui servait de télécommande pour la télévision et qui était fourni par les câblodistributeurs comme Vidéotron ou encore Câblevision. Le fil était pratique parce que grâce à lui, impossible de perdre l’appareil. Pour l’installation le Jerrold se connectait à une boîte qui agissait comme convertisseur qui à son tour se branchait à l’arrière du téléviseur. Ce dernier devait être placé au poste 3 et demeurer là.

Le fonctionnement quant à lui était assez simple; douze pitons à l'horizontale et un levier (à gauche) qui se flippait verticalement en trois positions. La position du haut nous donnait accès aux postes 2 à 13, la position du milieu de 14 à 25 et la position du bas de 26 à 37. Cela donnait essentiellement 36 postes au total. Le bidule n'avait pas vraiment de défauts mais regarder la télé avec un changeur de postes compulsif pouvait tomber sur les nerfs assez vite parce que chaque changement de canal nécessitait de peser sur un piton différent, ce qui fait un retentissant "CLAC" à chaque fois. À un certain moment le «CLAC» pouvait être suivi d’une claque.

Quant à la sélection des canaux, c’était fort simple. Si on voulait, par exemple, écouter Radio-Canada, il fallait mettre le levier sur la position du haut et enfoncer le bouton 4. Télé-Métropole était au 7, Radio-Québec au 8, le canal communautaire au 10, des postes américains comme WPTZ se retrouvait au 16 et les positions 34 à 37 étaient réservées à la télé payante. Et quel gars de mon âge ne se souviendra pas du fameux 15 les vendredis et samedis soirs vers minuit (hin hin). Mais le plus étrange des postes, pour un temps en tout cas, fut la position 26. En soirée il se trouvait à l’écran un numéro de téléphone que l'on pouvait composer mais pour lequel il fallait absolument un téléphone «touch-tone». Si, parce que les téléphones à roulette, il y en avait encore. Si on parvenait à avoir la ligne alors on jouait à un jeu directement à la télé en se servant des boutons sur le téléphone. Fallait le faire, dédier un poste de télévision pour un seul et unique joueur. Quand on arrivait sur ce canal tout ce qu'il y avait à voir était quelqu'un d'autre qui jouait à un jeu, dont le fameux Star Trek. L'image plus bas était carrément ce que l'on voyait et ravivera certainement quelques souvenirs. 

Excitant, non?




Le saviez-vous? L’avènement de la télé payante sur le câble avec Premier Choix, First Choice et TVEC, a aussi amené avec lui le phénomène des décodeurs pirates, lesquels permettaient de déchiffrer illégalement les signaux sans avoir à payer la facture, évidemment.

dimanche 30 mai 2010

vere excitatio


Il y a de cela quelque chose comme 65 millions d’années un gigantesque météorite s’est écrasé à un endroit que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Péninsule du Yucatan. Extraordinairement dévastateur, l’impact a provoqué un bouleversement écologique qui, on le sait, a amené la disparition, entre autres, des fameux dinosaures. Mais outre les animaux il y a aussi eu une hécatombe végétale de masse. En Amérique du nord par exemple ce sont près de 57% des plantes qui ont été rayées de la carte.

L’immense nuage de poussière et de suie qui a recouvert le globe, on le devine, ne s’est pas dissipé du jour au lendemain. Il a fallu énormément de temps mais une fois le ciel dégagé, au paléocène, ce sont les fougères qui ont dominé le redressement végétal avec un pic d’abondance d’espèces très marqué.




Le saviez-vous? Comportant plus de 9,000 espèces, les fougères ne se reproduisent pas avec des graines mais bien avec des spores et certaines variétés, comme les fougères arborescentes, peuvent atteindre 20m de hauteur.

samedi 29 mai 2010

opaca fenestras


Construit en 1964, le complexe Westmount Square s’inscrit, architecturalement parlant, dans le style dit International. Il est dit que ce style a émergé durant les années 20 et 30, deux décennies formatives quant à l’évolution de l’architecture moderne. Il se caractérise, entre autres, par des lignes droites et épurée, des extérieurs vidés d’ornementations, une maximisation de la surface de plancher et une utilisation soutenue de verre et de métal.

Le Westmount Square est un exemple parfaitement typique de ce genre d’architecture où l’on retrouve, outre des appartements et des bureaux, une trentaine de boutiques intérieures ainsi qu’un accès direct à la station de métro Atwater. Ce faisant, les gens peuvent donc effectuer quantité d’achats sans mettre le nez dehors, ce qui rejoint une autre définition du style International, soit celui de la ville dans la ville. Ce noir riche qui apparaît dans la photo est dû à une combinaison d’exposition en basse luminosité, l'aluminium anodisé ainsi qu'aux fenêtres équipées de verres fumés.




Le saviez-vous? Le Westmount Square a été conçu par l’architecte germano-américain Ludwig Mies van der Rohe, lequel est largement considéré, avec Le Corbusier et Frank Lloyd Wright, comme un des pionniers de l’architecture moderne.

vendredi 28 mai 2010

aqua mitto

...Un mur clôt la fontaine où, par l'heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois ;
Elle prenait de l'eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts !

Victor Hugo (1802-1885), extrait, Les rayons et les ombres





Le saviez-vous? La Rome antique était une cité de fontaines. En 98 après J.-C. on comptait pas moins de 39 fontaines monumentales et 591 bassins publics. Chaque bassin important était connecté à deux aqueducs différents permettant un flot continu advenant des réparations à l’un ou l’autre.

Projecteur Fisher-Price



En 1973 la compagnie de jouets pour enfants bien connue Fisher-Price lance sur le marché un bidule tout à fait intéressant; un petit projecteur de films ressemblant à une ciné-caméra. Il ne suffisait que d'insérer une cartouche de film, regarder par le trou et actionner la manivelle pour voir le film jouer. Dans la cartouche, un film de format 8mm était ficelé de façon à jouer en boucle de sorte que lorsque l'on avait terminé de le regarder le film recommençait automatiquement. Aucune pile n’était nécessaire puisqu’il suffisait de pointer le jouet vers une source de lumière.


Gros plan de la manivelle qu'il fallait actionner. Fabriqué aux É-U. Si, si!

Viseur par lequel on regardait ainsi qu'une molette permettant la mise au point de l'image. Une petite attention bien appréciée des enfants qui avaient des problèmes de vision. 

Comme on peut voir, l'intérieur était essentiellement une boîte vide et on peut voir une autre molette qui permettait de faire tourner le film.  


Voici une cassette-type. La molette rouge se connectait à celle dans le boîtier. 

Gros plan de l'autre côté de la cassette où l'on peut voir une section du film 8mm. L'opacité du boîtier permettait de garder le film à l'abri de la lumière, évitant ainsi une détérioration précoce. 

L’espace dans la cartouche était limité de sorte que les films étaient tronqués en longueur, ce qui n’enlevait en rien au charme du jouet. Parmi les films on retrouvait des segments de Bugs Bunny, Sylvester & Tweety, Sesame Street, Pink Panther, Donald Duck et tout un tas d’autres dont celui qui est le plus souvent associé à ce jouet: «Lonesome Ghosts» de Walt Disney. Voici ce que ça donnait que de regarder le film dans ce jouet:



Lonesome Ghosts est un film des studios Disney produit en 1937, réalisé par Burt Gillett et distribué par RKO Radio Pictures trois jours après la sortie de Blanche-Neige et les sept nains. Et d'ailleurs, voici la version intégrale de Lonesome Ghosts.





Le saviez-vous? Dans le film «Lonesome Ghosts», produit en 1937, Mickey, Donald et Pluto forment une compagnie qui s’appelle «Ajax Ghost Exterminators» qui n’est pas sans rappeler un certain film bien connu de 1984. Dans le film, on peut d'ailleurs entendre Goofy s'exclamer «I ain't scared of no ghosts!» qui n'est pas sans rappeler «I ain't afraid of no ghost!» dans la chanson-thème de Ghostbusters interprétée par Ray Parker Junior.

Le circuit du Mont-Royal

(Photo: Archives de la STM)

Le mont Royal, bien qu’il s’agisse en réalité d’une colline, est un relief géographique qui fait partie intégrante de l’image et l’identité de Montréal. Mais au 19è siècle une bonne partie des terres qui s’y trouvent sont privées et appartiennent à de riches propriétaires. Ceux-ci en font bien ce qui leur plait. Il y a eu quelques bonnes décisions comme la famille Beaubien qui a fait don des terres qu’elle possédait pour l’aménagement du cimetière Notre-Dame-des-Neiges mais à d’autres occasions ce n’était pas aussi reluisant. C’a été le cas d’un certain Lamothe, propriétaire d’une terre sur le versant sud, et qui a procédé, vers la fin des années 1860, à une coupe à blanc en bonne et due forme.

Vers 1872 la ville de Montréal semble se doter d'un brin de conscience quant au mont Royal et on entreprend d'acquérir les terres de onze propriétaires dans le but de transformer le tout en un magnifique parc urbain. Les élus de l’époque, comme on peut le voir, étaient issus d’un moule bien différent de ceux d’aujourd’hui et leur définition de parc est toute aussi différente. On ne parle pas ici d’un large rectangle de gazon tondu à ras avec trois arbres et deux poubelles mal fichues. Non, on parle ici d’un parc dans la même veine que Central Park à New York. Et si on veut un parc semblable la solution est claire comme de l’eau de roche : il ne suffit que de faire appel au même architecte, en occurrence Frederick Law Olmstead et les plans de ce parc en devenir lui sont donc confiés. Ce dernier n’est pas un timoré et dote le parc de sentier sinueux qui tire profit de la topographie et de la nature environnante. Les travaux débutent en 1874 et deux ans plus tard on inaugure le tout mais certains aménagements s’étirent toutefois jusqu’en 1877. Quoiqu’il en soit le parc du mont Royal permet alors aux gens de fuir le tumulte de la ville et de faire le plein d’air pur et de verdure.

(Photo: Archives de la Ville de Montréal)

En 1884, face à l’actuelle rue Duluth, on ajoute une particularité intéressante soit un funiculaire permettant de se rendre au sommet. Pour l’emprunter les adultes doivent débourser environ 5 sous et les enfants 3 sous. C’est un funiculaire toutefois un peu poussif et doit faire deux arrêts avant d’arriver en haut complètement. Les choses vont bien jusqu’en 1918 parce que cette année-là on s’inquiète un peu de toute la structure et après un examen approfondi on décide de le fermer. Ce n’est pas sécuritaire, affirme-t-on. Deux ans plus tard on le démonte complètement. Mais y’a pas seulement le funiculaire qui démonté, les gens du Mile-end aussi parce qu’ils viennent alors de perdre leur seul et unique accès à la montagne.

La Montreal Tramways Company, ancêtre de l’actuelle STM, propose un service de navette relativement long via le chemin de la Côte-des-Neiges mais pour les gens du Mile-End il n’était pas question de faire un aussi grand détour. La Montreal Tramways a donc retroussé ses manches et refait ses devoirs. C’est à ce moment-là que les ingénieurs ont tracé un chemin qui joignait l’extrémité ouest de l’avenue du Mont-Royal au chemin Remembrance, de l'autre côté du mont. Il s’agissait d’un parcours sinueux à souhait et pour lequel il a fallu percer dans le roc un tunnel de plus de 300 pieds de long afin de joindre le chemin Remembrance. À cette époque on préférait le pic et la pelle et mon arrière-grand-père y a oeuvré à ce tunnel. Il en a pioché tout un coup et, une fois la journée terminée il devait retourner chez-lui à pied car il n'avait pas assez de sous pour prendre le tramway. Ces travaux, amorcés alors que commençait à sévir la crise économique, s’inscrivent dans une série d’autres projets pour le mont qui incluent le chalet de la montagne, le central d’alarme du Service des incendies ainsi que le lac aux castors. Lorsque le tunnel est terminé la Montreal tramways Company y installe des voies de tramway et c’est le circuit 11 Mountain-Montagne qui va passer là.

Ici, l'opérateur a inversé accidentellement le numéro de la ligne, celui-ci affichant le 22 au lieu du 11.
(Photo: Archives de la STM)

La fin des années 50 ne sonne pas seulement le glas pour les tramways, on y couronne aussi la nouvelle reine de Montréal : l’automobile. Le vieux tunnel quant à lui n’avait plus sa raison d’être alors on l’a joyeusement fait sauter à la dynamite. Ce n’est qu’en 1960 que l’ancien circuit de tramway reprendra du service, cette fois avec une ligne d’autobus qui va conserver le même numéro. Aujourd’hui, la voie Camillien-Houde suit assez rigoureusement le même chemin que les tramways de l’époque. Quant au funiculaire il n’en reste que quelques morceaux épars que l'on peut observer en se promenant au bon endroit, soit un peu au sud du monument de Georges-Étienne Cartier.  


Voici de quoi a l'air l'ancien emplacement du tunnel. De part et d'autre la nature a repris ses droits. On remarquera aussi la paroi rocheuse à droite ainsi que la panneau qui indique le risque d'éboulis. 




Le saviez-vous? Malgré une pente de 8% et deux virages serrés en épingle il n’y a eu aucun déraillement de tramway sur cette ligne.

jeudi 27 mai 2010

phari


Une autre belle trouvaille faite lors d’une promenade en ville, cette fois sur la rue Milton. Il s’agit du phare avant gauche d’une Fiat 500 que j'ai cru identifier comme le modèle «L». Cette version luxueuse de la 500, apparue en 1968, a tout de même créé une surprise parce que peu de gens s’attendaient à ce que Fiat présente un nouveau modèle durant les vacances d’été. Malgré tout, la «L» a connu un succès phénoménal et plus de la moitié des 400,000 unités produites ont été exportées, dont celle d’aujourd’hui qui était dans un état tout à fait remarquable. En fait, elle semblait sortie tout droit de l'usine, peut-être celle de Steyr-Puch en Autriche?




Le saviez-vous? La fameuse voiture du personnage de Gaston Lagaffe, créé par André Franquin, est une Fiat 509 1929.

mercredi 26 mai 2010

posuit rectangulorum


Il s’agit ici des portes d’un ancien entrepôt situé sur la rue Mills en bordure du Vieux-Montréal non loin de l’ancien silo désaffecté Lindseed Oil. Ce ne sont pas les portes en tant que tel qui ont attiré mon attention plutôt que l’ensemble intéressant que l’image présente et que je vous propose à mon tour: combien de rectangles pouvez-vous définir dans cette composition?

Mise à jour (juin 2013) : Ce bâtiment a été démoli en 2013



Le saviez-vous? Le rectangle fait partie des polygones connus sous le nom de quadrilatéral. Le rectangle possède quatre angles intérieurs qui totalisent 360 degrés. Le rectangle possède aussi un périmètre qui est la somme de ses quatre côtés. On peut également utiliser le rectangle en conjonction avec le théorème de Pythagore.

mardi 25 mai 2010

Whipped Cream & Other Delights

Il y a plusieurs années, je m’en souviens très bien, j’avais ce disque dans mes affaires, trouvé au début des années 80 chez Sam the Record Man (pour ceux qui se souviennent de ce temple mythique du vinyle). Et puis un jour, sais pas pourquoi, il est mystérieusement disparu de mes affaires. Parfois lorsque l’on remet en ordre il arrive qu’on jette des trucs par inadvertance et je crois que c’est ce qui s’est produit cette fois-là. M’enfin. Donc, l’été dernier, je l’ai revu au marché aux puces dans le kiosque d’une petite dame qui devait avoir au bas mot une trentaine de boîtes de 33-tours. Pour une raison qui m’échappe encore je l’ai laissé là et c’est seulement après que je me suis dit «j’aurais donc dû». Durant quelques visites subséquentes au marché j’ai entreprit de retrouver le disque en question sans jamais mais sans succès. Ce n’est que beaucoup plus tard, alors que j'étais avec l'ami Jason, que la chance a tourné et que j'ai pu enfin remettre la main dessus.

On peut se demander ce que ce foutu disque peut bien avoir de si spécial pour que je me donne autant de troubles. Tout d’abord, il fait partie de ces disques instrumentaux que j’aime bien écouter lorsque je travaille dans mon studio. C’est aussi un disque qui est resté huit semaines en première position du Billboard en ’65 et plus de quarante semaines dans le Top 40. La toune A Taste of Honey s’est méritée trois Grammys. Whipped Cream (une autre toune du disque) a été adaptée pour devenir la chanson-thème de l’émission télé The Dating GameEt puis il y a cette fameuse pochette qui, pour 1965 était assez olé-olé.


C’est une fille du nom de Dolores Erickson qui pose. Elle s’était destinée à une carrière d’actrice et est parvenue à faire quelques apparitions dont la télésérie «77 Sunset Strip», «Father Knows Best» et le film «Love in a Goldfish Bowl». Ce milieu lui a permis de rencontrer John Wayne et de sortir avec le cousin de Frank Sinatra.

Mais n’ayant pas la formation qu’il fallait pour véritablement percer dans le milieu cinématographique elle s’est tournée vers la profession de mannequin, d’abord pour les magasins Macy’s et ensuite pour la fameuse agence Ford de New York. C’est ainsi qu’on a pu voir Dolores sur quelques pochettes, dont celles-ci :





Dolores était déjà amie depuis un bon bout avec Herb Alpert et Jerry Moss, les cofondateurs des disques A&M (pour Alpert & Moss) et le photographe Jerry Whorf, ayant déjà travaillé avec la jeune fille auparavant, n’a pas hésité à faire appel à elle pour la nouvelle pochette. Elle fut payée $1,500 pour une journée de travail, ce qui était typique du salaire qu’elle recevait à cette époque.

Au moment d’écrire ces lignes Dolores est toujours bien vivante et s’adonne à la peinture, sorte de retour aux sources puisque plus jeune elle voulait devenir professeur d’art. Ses toiles ont d’ailleurs été exposées dans des galeries en Californie et aussi à Vancouver. Dolores ne manque pas aussi d’être bien amusée, pour ne pas dire flattée, qu’elle est encore sollicitée pour autographier la fameuse pochette, une des plus célèbres.

Un des premiers essais en studio. Le résultat, comme on peut le constater, était un peu trop osé. Aujourd'hui personne n'en ferait de cas mais en 1967 c'était autre chose. 

 
Dolores, il y a quelques années, alors âgée de 76 ans. 


Le saviez-vous? Sur la pochette Dolores paraît couverte de crème fouettée mais on s’est vite rendu compte que ça fondait sous les lumières du studio. Cela révélait alors un peu trop de chair, surtout pour les censeurs d’époque alors on a opté pour de la crème à barbe. Ah, et Dolores était alors aussi enceinte de trois mois.

inverso cogitationis


Petite scène forestière prise au parc du mont Saint-Bruno, qui n’est incidemment pas un mont mais plutôt une colline, tout comme les monts Royal, St-Grégoire et St-Hilaire. Parmi les nombreux sentiers pédestres que l’on emprunter, on peut apprécier une flore et une faune diversifiée et très riche. Avec un peu de chance on pourra apercevoir un cerf de Virginie ou encore nourrir à la main une mésange.

L'image d’aujourd’hui, qui peut sembler étrange à première vue dans sa composition, est celle du reflet de l'arbre dans une mare d'eau mais je me suis amusé ici d’inverser la photo verticalement, ce qui donne cet aspect particulier qui peut porter un peu à confusion.



Le saviez-vous? Il se trouvait sur le site du parc, non loin du grand stationnement, le juvénat des Frères de Saint-Gabriel. Le bâtiment, démoli en 1990, était pourvu d’une ferme laitière et on avait même aménagé en 1930 un cimetière.

lundi 24 mai 2010

facultatem medicina


Sur quantité de cartes postales de Montréal, de la fin des années 60 jusqu’à aujourd’hui, il y a toujours cette vue classique prise du belvédère du mont Royal où l’on voit non seulement la place Ville-Marie mais aussi, en avant-plan, l’édifice McIntyre, surnommé la «cannette de bière». Conçu selon les plans de Janet Leys Shaw Mactavish (1926-1972), le bâtiment, qui n’est pas non plus sans rappeler par sa forme circulaire l’hôpital Santa-Cabrini (1960), abrite depuis 1966 la Faculté de médecine de l’université McGill. J’ai photographié ici le bâtiment par un matin particulièrement sombre à partir de la promenade Sir-William-Osler.



Le saviez-vous? Le bâtiment a été nommé en l’honneur de Duncan McIntyre, l’un des membres du Syndicat fondateur du Canadien Pacifique en 1881. Sa demeure se trouvait sur le site actuel de la Faculté.

dimanche 23 mai 2010

mane urbana


Édifice Henry F. Hall de l'université Concordia prit un dimanche matin lors d'une escapade au centre-ville. L'édifice a été conçu par les architectes Duchesne & Fish et construit en 1966 (l'année des grands chefs-d’œuvre, ha!). Ce qui a attiré mon œil dans cette composition est la courbe du lampadaire qui vient briser les lignes droites du bâtiment. Aussi, la lumière caractéristique de l’aube, au rayonnement doux et tirant davantage sur le rouge, procure une luminosité, subtilement diffusée par les nuages.




Le saviez-vous? L’édifice Henry F. Hall faisait partie de l’université Sir George Williams et c’est en 1974 que l’institution a fusionné avec Loyola pour former l’université Concordia.

vendredi 21 mai 2010

Parc Safari Africain


Le Parc Safari à Hemmingford a été ouvert en 1972 et portait alors le nom de Parc Safari Africain. Le concept était novateur puisqu’il permettait de voir les animaux dans un habitat [plus ou moins] naturel tout en demeurant dans sa voiture. Pour certaines sections fallait garder les vitres montées mais pour d’autres pas de problème. Vous n’avez jamais vu une girafe entrer sa tête dans une voiture et gober tout entier un gros sac de croustilles même pas ouvert? Ça vaut presque le prix d’entrée. 


Toujours est-il que l’attraction la plus amusante, et certainement la plus divertissante, était la réserve des singes (essentiellement des babouins) et ceux-ci n'hésitaient nullement à grimper sur les autos, à jouer avec les essuie-glaces, les antennes et se servir des pare-brise pour y faire leurs besoins (numéros 1 et 2). Avant d'y entrer toutefois la direction du parc y allait, avec l'aide d'un grand panneau très visible, d'un avertissement très clair destiné aux propriétaires de voitures avec toits en vinyle (quelque chose en vogue à l'époque): soit celui de ne pas entrer avec ladite voiture si elle avait un de ces toits. On suggérait alors fortement de prendre un genre d'autobus conçu pour cette visite que les gens pouvaient prendre pour quelques sous. Évidemment il y avait toujours des fins finauds qui se croyaient plus «smattes» et passaient outre l'avertissement (le Parc ne se tenaient pas responsable des dommages). Pourquoi? Parce que les babouins arrachaient carrément les toits de vinyle!! Mais les taquins ne s'en tenaient pas qu'à ça; essuies-glace, miroirs, ornement de capot... Rien n'était à leur épreuve. Et pour ajouter l'insulte à la blessure, ils se servaient souvent des voitures comme toilettes. Tenez, pour vous donner une idée, regardez l'image ci-dessous et remplacez la voiture par un Plymouth Duster 73 et le linge éparpillé par des morceaux de vinyle du toit. Toutefois cette séquence n'est pas accidentelle car elle a été filmé tout spécialement par le Knowsley Safari Park afin de mettre en garde les automobilistes de ne PAS entrer dans l'enclos des babouins avec un porte-bagage ou autres trucs du genre. Comme on le voit, les conséquences ne sont pas jojo. 

(Notez le miroir de l'auto, ho ho)

Bien entendu le Parc Safari Africain comptait, comme il compte toujours aujourd'hui, une boutique de produits de toutes sortes. On y retrouvait des t-shirts, des casquettes, des toutous en peluche, des lances africaines faite de bambou avec un faux silex en caoutchouc au bout et tout plein d'autres choses. De l'époque où l'on allait au Parc Safari, voici ceux qui ont été conservés.   

D'abord ce plat à croustilles (ou tout autre chose de votre choix) fait en bambou avec des motifs représentant les animaux présents dans le parc.  

Puis, ce «magnifique» ensemble salière-poivrière bien étampé de l'ancien nom soit le Parc Safari Africain. Ce genre d'ensemble n'était pas unique car on pouvait en retrouver des centaines d'autres partout en Amérique du Nord mais portant les noms d'autres établissement touristiques. 



Le saviez-vous? On estime que les babouins utilisent un peu plus d’une dizaine de vocalises différentes pour communiquer ensembles. Les groupes de babouins sont également très organisés dans des hiérarchies complexes qui fascinent les scientifiques qui les étudient. 

angusto angiportum


Entre les rues St-Paul et de la Commune il y a un passage piétonnier qui relie de la Commune à St-Paul. Bordée par de chaque côté par les murs en pierre de taille des bâtiments Robert-Unwin-Harwood et Alfred-Larocque, deux anciens magasin-entrepôts. Il s'agit de la ruelle Saint-Dizier, laquelle est une prolongation de la rue du même nom et qui continue au nord pour joindre des Brésoles.

Cette rue, et incidemment la ruelle, font partie de trois, qui inclus de Brésoles et le Royer et qui ont été tracées par les sœurs Hospitalières lorsqu’elles ont fait construire des entrepôts qu’elles louaient à différentes compagnies. Et au-delà des hauts murs et des toitures il y a ce ciel lourd et la mouvance de toute cette sombre nébulosité céleste allait sous peu se déchirer en un orage de tous les diables.



Le saviez-vous? Le nom de Saint-Dizier qui a été donné à cette rue est celui d’un ancien propriétaire d’un terrain qui bordait la ruelle en question, le négociant Étienne Nivard de Saint-Dizier.

jeudi 20 mai 2010

Humpty-Dumpty



Dans les années 70 les fabricants de croustilles vendaient souvent leurs produits dans des contenants qui paraîtraient aujourd’hui un peu inusités. Chez Maple Leaf c’étaient de grosses boîtes en carton, pour Fiesta il s’agissait de boîtes circulaires en métal mais la palme de l’originalité revient sans conteste (à mon humble avis à tout le moins) à Humpty-Dumpty. À l’instar de Fiesta, Humpty-Dumpty utilisait aussi des boîtes mais en carton plutôt qu’en métal mais ce sont les motifs stylisés d’animaux qui lui conférait son allure particulière. Ce type de boîtes, comme d'autres produits, ont disparu du marché depuis longtemps et aujourd’hui il faut se contenter de simples sacs.

N’empêche que j’ai été très surpris l'an passé lorsque j'en ai aperçu une boîte Humpty-Dumpty dans une brocante et pour une boîte conçue à l'origine pour une utilisation simple et relativement courte, celle-ci était tout de même en condition acceptable. Malheureusement elle n'était pas à vendre. Elle m'a tout de même rappelé de bons souvenirs. D'ailleurs, la traduction sur la boîte me fait bien rigoler; Potato Chips devient Patate Chips en français. Comment? Il n'y avait l'équivalent que d'une seule patate dans cette boîte? Malgré tout je ne désespère pas d’en trouver une en bonne condition.




Le saviez-vous? Si vous allez en Angleterre et que vous demandez des chips c’est des frites que l’on va vous servira puisque c’est comme ça qu’on les appelle là-bas. Pour des croustilles il vous faudra demander des «crisps».

aquæductus


Valve d'eau trouvée comme ça lors d’une promenade sur la rue Sherbrooke, près de Berri si je me souviens bien. Par contre je ne pourrais dire si elle est encore active. Peut-être bien. L'usure du dessus démontre que ça ne fait pas d’hier qu’elle se trouve là mais on arrive quand même à y lire le nom de Mueller. Il s'agit d'une compagnie américaine fondée en 1857 et qui non seulement existe toujours mais se trouve également à être le plus important distributeur de pièces d'équipements pour la distribution en eau potable en Amérique du Nord. La compagnie a aussi breveté de nombreuses innovations en matière de valves tant pour l’eau que pour le gaz.




Le saviez-vous? Le premier réseau d’eau de Montréal en fut un privé. Construit par de riches marchands de la ville, l’eau provenait d’un étang situé dans Côte-des-Neiges. L’eau s’écoulait et remplissait des citernes dont seuls quelques privilégiés pouvaient profiter.