samedi 31 juillet 2010

Tide en 1955


Cette publicité remonte à février 1955 et nous vante les mérites d'un produit que l'on retrouve encore sur nos tablettes aujourd'hui: le savon à linge Tide. Il y a plusieurs éléments intéressants dans cette pub; il y a d'abord le titre en haut qui nous parle des mamans du Québec. C'était la mentalité de l'époque concernant les femmes car elles se majoritairement être des mères au foyer. Et cette mère-ci, en l'occurrence une certaine madame J-E. Sirois de Ste-Thérèse, en est une de trois enfants. Faut-il le rappeler que c’était encore l'époque où les curés sermonnaient les femmes qui empêchaient les familles lorsqu’il n’y avait pas assez d'enfants? Seulement trois enfants madame Chose?

Peut-être est-ce que les gens dans cette «photo» faisaient-ils tous partie d'une véritable famille comme il est possible qu'il s'agisse d'une mise en scène avec des figurants. Bien malin qui le saura. Toutefois, il est amusant de remarquer que les deux parents ressemblent davantage à des grands-parents mais il est vrai aussi qu'en ce temps-là les femmes avaient des enfants sur le tard. Il n'était pas rare qu'une femme tombe enceinte au même moment qu'une de ses filles.

Et comme je le disais au début de l'article, non seulement Tide est-il encore vendu mais il arbore encore un design graphique assez similaire à l'original; lettres bleues en angle et fond de cercles concentriques oranges.

En février 1955 au Québec on note l’introduction de l’écrivain Félix-Antoine Savard à l’Académie française et dans la ville de Québec plus de 150 000 personnes ont assisté au défilé de nuit du tout premier Carnaval de Québec.



Le saviez-vous? Contrairement à la croyance populaire les gens du Moyen-âge n’étaient pas allergiques aux bains, en fait ils aimaient beaucoup se tremper, perpétuant ainsi la mode romaine et l’industrie du savon arrivait à peine à fournir à la demande. Les choses ont changé vers la moitié du 14è siècle lorsque la peste noire est arrivée et des mauvaises langues ont alors prétendu que si les pores de la peau s’ouvraient dans les bains cela risquait d’y faire entrer des diablotins et autres mauvais esprits.

jeudi 29 juillet 2010

lapidem pontem

Je vous présente le pont des trois-arches situé aux abords du lac du Moulin. C’est l’un des cinq lacs qu’on retrouve au parc national du Mont-Saint-Bruno qui lui fait partie des neuf collines montérégiennes. Pour rejoindre ce magnifique pont il faut marcher un peu toutefois dans les sentiers boisés qui mènent au sommet. Avec un peu de chance on peut y rencontrer en chemin toute une variété d’oiseaux et de mammifères dont des cerfs de Virginie. Ceux-là par contre se sauvent assez rapidement. Les mésanges par contre, si vous êtes assez patient et habile, peuvent venir grignoter dans le creux de votre main.




Le saviez-vous? Le pont des trois-arches a été construit il y a très longtemps par un riche banquier de Montréal, Edson Loy Pease, lequel avait acheté pas moins de 405 hectares sur le mont. Son terrain a été vendu en 1899 à la Mount Bruno Association, acquis par la ville de Saint-Bruno en 1969 puis par le gouvernement du Québec en 1975-76 qui en a finalement fait un parc en 1985.

mardi 27 juillet 2010

Old Vienna en 1956


Tenez, voici un pub de 1956 qui vante la bière Old Vienna. Originalement cette bière de type lager était brassée à Wapakoneta en Ohio par la brasserie City Brewing selon une recette allemande. L’entreprise est passée de père en fils mais au début du 20è siècle on a dû la fermer. C’est Carling O’Keefe qui en a ensuite acheté la recette ainsi que les droits. Aujourd’hui Old Vienna est toujours brassée mais fait partie du catalogue Molson. Par contre elle ne semble pas disponible au Québec alors qu’elle semble assez populaire en Ontario.

Et, parlant du Québec et de 1956, c’est le 14 mars de cette année-là que le ministre Paul Dozois (Union Nationale) annonce que le gouvernement va investir à Montréal une somme de :
Cette somme s’inscrit dans un plan [Dozois] visant à éliminer les taudis de Montréal. Ce plan, comme on s'en doute, n'a pas fait que des heureux, de loin s'en faut. Certes, il se trouvait un certain nombre de bâtiments résolument délabré qui méritaient d'être remplacés mais c'était loin d'être le cas de tout ce qui a été démoli. Plusieurs maisons étaient en parfaite condition et bien entretenues en plus d'avoir des styles architecturaux intéressants. Ces démolitions massives vont laisser la place, entre autres, aux Habitations Jeanne-Mance, qui va connaître son lot tant de supporters que de critiques.




Le saviez-vous? La bière est l’un des plus anciens breuvages produits par les humains. Elle est mentionnée dans des textes mésopotamiens et égyptiens remontant au 5è millénaire avant J.-C.

lundi 26 juillet 2010

Harry et Nana



J’ai fait cette trouvaille il y a un bout de temps. Quelque chose comme au printemps passé je crois. Au début je voulais vous poser une colle et biffer le nom de Mouskouri pour ensuite demander qui était cette chanteuse mystère. Parce que faut avouer que sur cette pochette, Mouskouri ressemble à tout sauf Mouskouri. Lorsque j’ai aperçu ce disque je me suis dit qu’il devait y avoir une erreur quelque part! En tournant la pochette je fus bien forcé de me rendre compte qu’il y a eu une époque où Mouskouri n’avait pas sa coupe raie ni ses lunettes. Ça n’enlève rien à son talent d’extraordinaire de chanteuse mais faut avouer que ce look sur la pochette du haut lui allait très bien.

Quant au disque lui-même, pour une prise de marché aux puces, il était en très bonne condition et l’écoute a été très agréable. Il a été enregistré en 1964 je crois mais il n’y a que deux tounes où Belafonte et Mouskouri chantent en duo, les autres sont des solos.



Le saviez-vous? Les première générations de disques 78-tours ont été fabriquées avec de la gomme-laque, fabriquée à partir des sécrétions d’une cochenille asiatique. On a ensuite utilisé des résines synthétiques comme le bakélite puis le vinyle.

samedi 24 juillet 2010

stagnum


C’était un samedi matin d’automne, au début d’octobre. Délimité par les avenues Dunlop, Lajoie, Pratt et Van Horne, y’a un magnifique espace vert; le parc Pratt dont les terrains ont été acquis par la ville d’Outremont en 1929. Faut dire d’emblée que ce n’est pas un parc qu’on pourrait qualifier de très fonctionnel, dans le sens où il n’y a pas de jeux pour enfants ou même de carré de sable. C’est un parc d’agrément, de repos et de relaxation. Aménagé dans une pente il se trouve deux bassins d’eau qui sont alimentés de par un ruisseau qui prend sa source tout en haut et qui serpente au travers des sentiers avec ponceaux. Le bassin qu’on voit est celui d’en-bas et qui jouxte l’avenue Van-Horne. Pas rare d’y voir des canards y patauger. Ce jour-là par contre il n’y en avait point. Le bassin se remplissait plutôt des feuilles des nombreux arbres l’entourant.



Le saviez-vous? Au premier jour d’automne le Soleil est aligné très exactement entre le sud et le nord de la Terre. Le jour et la nuit ont alors la même durée. C’est ce que nous appelons l’équinoxe, du latin «aequus» et qui veut dire «égal».

L'assurance-maladie...


Il est quand même ironique de constater jusqu'a quel point il était alors facile à cette époque de s'inscrire à l'assurance-maladie du Québec. Un seul coupon de journal et le tour était joué. L'intention était bonne au début mais on s'est vite rendu compte que ce système, extraordinairement mal gèré et obèse dans son organigramme allait éventuellement faire patate. Avec l'apparition d'une franchise santé hautement impopulaire ainsi que des cliniques privées poussant comme des champignons, je ne crois pas qu'Yvon Deschamps terminerait cette pub de la même façon s'il aurait à la refaire aujourd'hui.



Le saviez-vous? C'est en 1970, année de parution de cette publicité, qu'Yvon Deschamps lance son troisième album: Le p'tit Jésus/Le fœtus. Il donne également plus de 240 représentations au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, dans lesquelles sont inclus de nouveaux monologues tels Dans ma cour et Cable TV.

dimanche 18 juillet 2010

Big League Chew


C'est fou comme le temps passe vite. Il n'y a pas si longtemps on fêtait le 30è anniversaire de Big League Chew, une gomme était tranchée en fines lamelles et empaquetée dans une poche en aluminium. L'idée derrière ce concept était tout simplement d'offrir aux gamins une gomme qui se présentait et se mâchait comme le tabac à chiquer que les joueurs de baseball utilisent souvent. Je me souviens avoir vu cette pub à la télé, essentiellement les samedis matins en regardant les dessins animés. C’était assez populaire et mes amis et moi avions tous l’air de hamsters faisant leurs provisions pour l’hiver. 






Le saviez-vous? Parce que les gens sont trop cochons, il n’y aucune gomme à mâcher en vente à Disneyworld. Cette interdiction viendrait de Disney lui-même qui voulait s’assurer qu’aucun visiteur ne mette le pied sur de la gomme fraîchement crachée par terre.

samedi 17 juillet 2010

nudus IV


La représentation du corps humain dans l'art ne remonte pas à hier puisque l'une des plus vieilles représentations en ce sens est la Vénus de Willendorf, laquelle remonterait au Paléolithique supérieur. Les Égyptiens, Grecs et Romains n'ont pas fait exception, tout comme les nombreux artistes de la Renaissance et tous ceux qui ont suivi durant les époques qui se sont succédées. La photographie, comme le fusain, la sculpture ou la peinture, ne représente qu'un autre moyen de représenter cette merveilleuse machine.

Quant à la photo d’aujourd’hui la technique utilisée est d’une simplicité désarmante; une ampoule de 40 watts a été déposée sur une table et j’ai fermé la lumière dans la pièce. Un peu d’ajustements dans la caméra et hop! Le tour est joué.




Le saviez-vous? Un globule rouge peut parcourir votre corps en entier et revenir à son point de départ en moins de 20 secondes.

L'écureuil malin

















































Vestiges du passé

En septembre 2005 je suis allé dîner dans le Vieux-Montréal et c’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur un tronçon de la rue McGill complètement en chantier. Les travaux consistaient à remplacer des tuyaux d’aqueduc je crois. Pour y parvenir, les ouvriers ont dû concasser tout le côté est de McGill et ce, entre Notre-Dame et la place d’Youville. Ces travaux auraient été tout ce qu’il y a de plus banal si ça n’avait été de ce que les ouvriers ont trouvé en cassant ladite rue.





Difficile à dire si les ouvriers savaient qu’ils allaient trouver sous terre de vieux rails de tramway. Lorsque l’on s’est cavalièrement débarrassé des tramways en 1959 on a vite fait de tout recouvrir d’asphalte, histoire d’oublier ces vieilles reliques le plus rapidement possible. Avec le temps on en est venu justement à ça : oublier. Alors pas étonnant que de pareilles découvertes se fassent de temps à autre. Chose certaine enlever ces rails ainsi que les traverses de bois n’a pas dû être un travail facile. Regardons néanmoins plus en détails ce qu’ils ont trouvé:


1. La couche d’asphalte actuelle (il est possible qu’il y en ait une deuxième)

2. Les rails. Celles-ci se trouvaient sous la portion ouest de McGill

3. Les traverses de bois. Ceux-ci étaient bien placés au sol et les rails solidement fixées sur ceux-ci

4. Le pavé. Très utile autour des rails et j’explique avec l’aide de la photo ici en dessous:



La présence de pavé peut surprendre et certains pourraient même se demander pourquoi on n’a tout simplement pas asphalté. Ici et là en ville, alors que surgissent ces fantômes urbains du passé, comme en témoigne cette portion de voie que j’ai trouvé sur la rue d’Youville tout juste au sud de l’ancien édifice des douanes. Mais alors, pourquoi un tel agencement? Pour mieux expliquer je vais y aller d’une petite mise en situation. Reculons maintenant, si vous le voulez bien, au temps où des tramways circulaient et imaginons que ce petit bout de tronçon a besoin de certaines réparations. Les cantonniers arrivent, ôtent tout le pavé nécessaire aux travaux, effectuent lesdits travaux et ensuite replacent le pavé. Ni vu ni connu et aucun besoin de casser de l’asphalte. Ingénieux, non?


Y’a une autre question revient souvent; pourquoi avoir pavé par-dessus les rails plutôt que de les enlever? Encore une fois il faut se remettre dans le contexte de l’époque. A la fin des années cinquante on voit la prochaine décennie comme étant celle qui propulsera Montréal dans l’avenir de façon significative. Pour l’administration municipale, cette « modernité » est majoritairement symbolisée par l’automobile, la nouvelle reine de la ville. Et pour cette royauté on ne déroulera pas un tapis rouge, mais bien un tapis d’asphalte. Plusieurs même.

On a d’abord procédé à l’enlèvement de certains tronçons de voies mais on s’est vite rendu compte que ça prenait du temps. Beaucoup trop de temps. Et derrière, la reine automobile faisait de gros soupirs et tapait du pied, enfin, de la roue). Et parce que sa majesté ne se pouvait plus d’attendre on a tout simplement décidé que ce serait plus rapide d’asphalter par-dessus tout ce qu’il pouvait y avoir de voies restantes. Avec le temps et les éléments, l’asphalte se détériore et laisse resurgir de çà et là ces petits bouts de notre histoire qu’on a préféré oublier.



Le saviez-vous? C’est le dimanche 30 août 1959 que l’on a officiellement retiré les tramways à Montréal. Les deux derniers circuits étaient alors le 45 Papineau et le 54 Rosemont. Plus de 200,000 personnes ont assisté à la mise à la retraite des valeureux «p’tits chars».

lundi 12 juillet 2010

angustias

Petite allée sans prétention, entre deux maisons quelque part sur la rue St-Jacques, pas trop loin de la rue Agnès. Je suis passé devant sans même la voir et ce n’est qu’à mon retour qu’elle m’a sauté aux yeux et du coup plusieurs choses m’ont immédiatement plu. Y’a d’abord ces deux maisons qui datent vraisemblablement d’un autre siècle, toutes de brique et de pierre de taille bâties. Des lierres aussi qui, de part et d’autre, grimpent en hauteur. Le passage, au lieu d’avoir été aménagée avec des dalles de patio préfabriquées à bon marché, est composé de pierres des champs que l’on a pris soin de disposer autrement qu’en ligne droite. De chaque côté y’a une végétation abondante dont les espèces ont été délibérément choisies. Et au fond complètement, de magnifiques arbres qui viennent clore la composition. Comme quoi qu’avec un peu d’imagination et de savoir-faire on peut transformer quelque chose d’aussi banal qu’un simple passage entre deux maisons en aménagement des plus agréables.




Le saviez-vous? La rue Agnès est une petite voie de communication qui porte cette dénomination depuis le 30 mai 1893. Elle faisait partie de la ville de Saint-Henri laquelle a été incorporée le 28 décembre 1876 mais annexée à la ville de Montréal le 30 octobre 1905. Quant à son nom on ne lui connaît pas d’origine exacte.