dimanche 29 août 2010

vetus currus



Ford Falcon des années 60, possiblement un modèle 64 ou 65 de seconde génération, aperçu au hasard d'une promenade dans le mile-end. La plupart des vieilles voitures que je rencontre comme ça sont toujours dans un état pratiquement impeccable, jalousement entretenues par leurs propriétaires. Pour celle-ci par contre c’était une autre histoire. Elle ne tombait pas en morceaux mais elle affichait son vécu, presque fièrement même. Ici et là des taches de rouille, des portions de carrosseries dont la peinture était ternie et du chrome qui semblait en arracher par endroits. Mais c’était justement ça qui faisait son charme.

Le saviez-vous? En utilisant des rebuts de bois autour de son usine, Henry Ford a réalisé un jour qu’il pouvait fabriquer des briquettes de charbon. C’est le beau-frère de Ford, E. G. Kingsford qui a négocié la sélection du terrain pour la construction de l’usine de briquettes de charbon pour Ford et pour le remercier ce dernier a nommé la compagnie en son nom : Kingsford, une marque que l’on peut encore trouver facilement de nos jours.



samedi 28 août 2010

La fille et les robots


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L'idée m'est venue comme ça, tout bonnement; une jeune fille qui bousille des robots idiots. Dans quel contexte, je ne sais pas mais j'ai tout de même trouvé amusant de crayonner tout ça. L’inspiration du robot me vient en partie des Jetsons ainsi que du module Apollo alors que l’arme tient davantage de la science-fiction des années 50.




Le saviez-vous? La série The Jetsons comportait de nombreux éléments technologiques qui n’existaient pas à l’époque mais qui font maintenant partie de notre quotidien comme le tapis roulant, télévision à écran plat, journal sur une tablette électronique, conversations vidéo et lit pour bronzer.

Le tunnel Wellington

En 1886 le canal Lachine, bordé d’industries, opère à plein régime alors que le développement urbain s’accélère. On se rend vite compte qu’il faudra relier Verdun à Montréal alors cette année-là on construit un pont tournant afin de relier Montréal et Verdun. Pourquoi tournant? En pivotant d’un côté il laissait les navires passer sur le canal Lachine et en pivotant de l’autre il permettait aux gens et charrettes de se rendre à Verdun, et vice-versa.

Le système a relativement bien fonctionné pendant plus d’une quarantaine d’années. Cependant, avec les années, le trafic maritime a considérablement augmenté de même que la quantité d’automobiles. Résultat? Le pauvre type qui opérait le pont est vite devenu tout étourdi à force de faire tourner le pont. À ce moment-là les automobilistes ont fait la connaissance d’un phénomène nouveau: l’embouteillage. Il était maintenant clair que le pont tournant ne suffisait plus à la tâche.

 Le pont Wellington original (ne pas confondre avec le pont ferroviaire abandonné que l'on voit près de cet emplacement aujourd'hui). Notez la cabine du contrôleur en haut du pont.

La situation était sérieuse et il a fallu établir un plan afin de catalyser tout ce trafic tant sur route que sur canal (et penser au pauvre type opérant le pont aussi). On a alors convenu que la meilleure chose à faire serait tout simplement de creuser un tunnel sous le canal, comme ça on ne ralentirait ni les navires ni les autos.

En 1931 on met les choses en branle et c’est la compagnie Dufresne Construction qui reçoit le contrat afin de construire le tunnel. Celui-ci, faut-il prendre soin de le noter, doit être assez large pour accommoder les automobiles, les tramways et les piétons. Avec ce chantier on faisait une pierre deux coups soit régler le problème de trafic d’une part mais aussi de faire travailler bon nombre d’ouvrier en chômage, affectés qu’ils étaient par la crise économique.

Le tunnel en construction. Le pont tournant est visible à l’arrière.

Les travaux vont bon train mais apportent leur lot de problèmes, entre autres celui des tramways qui circulent dans ce secteur. Le chantier nord, situé à un jet de pierre de l’église Ste-Anne, est bien loin d’offrir un environnement sonore paisible. Toutefois, le réaménagement des lignes avoisinantes pour se connecter à celles sortant du tunnel pose quelques problèmes relatifs au territoire, entre autres dans le secteur de la rue Colborne (aujourd’hui Peel) que les tramways devront emprunter. Voici d’ailleurs un extrait d’un débat de l’Assemblée Législative qui a eu lieu mardi le 2 février 1932 et qui met en vedette messieurs Taschereau et Duplessis.

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La Chambre procède à la prise en considération des amendements que le Conseil législatif a apportés au bill 100 modifiant la charte de la cité de Montréal. Les amendements sont lus une deuxième fois.

La motion « Que cette Chambre adopte maintenant les amendements » est proposée.

M. Vautrin (Montréal-Saint-Jacques): Le Conseil législatif a adopté le bill de Montréal, après y avoir ajouté 23 longs amendements. Je crois qu’il y a quelque chose à dire quant à l’amendement au sujet des expropriations des rues Colborne et Smith, et ensuite le bill pourra être adopté tel quel. Je désire ajouter un amendement à l’amendement du Conseil pour dire que la ville ne pourra emprunter sans référendum que lorsque le tunnel de la rue Wellington aura été terminé. D’après l’amendement du Conseil, la ville pourrait emprunter pour cette expropriation, sans référendum. Il n’est donc que juste que Montréal ne puisse faire cela avant que le tunnel Wellington, dont les travaux s’éternisent, soit terminé.

Je propose, appuyé par le représentant de Maisonneuve (l’honorable M. Arcand), que cette Chambre adopte maintenant lesdits amendements, mais avec l’amendement suivant:

« Que l’alinéa suivant soit ajouté à l’article 70 proposé dans l’amendement 23ième:

« Toutefois les procédures en expropriation ne seront prises que lorsque la construction du tunnel de la rue Wellington sera totalement terminée. »

M. Duplessis (Trois-Rivières): Je crois que le but que vise le proposeur ne sera pas atteint par cet amendement, étant donné la lenteur habituelle des procédures d’expropriation; elles devraient être entreprises immédiatement; autrement, les citoyens subiront l’absence de voies d’accès décentes une fois que le tunnel sera terminé. Il est bon que Montréal ait le temps voulu pour agir.

L’honorable M. Taschereau (Montmorency): Il vaut mieux que l’on attende d’avoir terminé le tunnel.

L’amendement est adopté sur division.

La motion principale ainsi amendée est adoptée. Le bill est retourné au Conseil législatif.

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En 1933 les travaux sont enfin complétés. Les automobilistes ainsi que les piétons peuvent donc aller comme bon leur semble d’un côté comme de l’autre. Mais, comme on peut le voir dans le texte législatif plus haut, messieurs Duplessis et Taschereau ne sont pas sur la même longueur d’onde; Duplessis recommande que les expropriations se fassent pendant que le tunnel se construit alors que Taschereau désire attendre la fin des travaux. Ce que Premier ministre veut, Premier ministre obtient. Toutefois, cette décision fera que les tramways ne pourront emprunter le tunnel qu’un an plus tard, soit en 1934. A partir de ce moment tout le monde est content.

Tout le monde?

Le tunnel comptait deux angles et, pour éviter des problèmes, la Montreal Tramways Company a installé un dispositif électrique qui signalait a un tramway de ne pas entrer dans le tunnel s’il y en avait déjà un autre devant lui (allant dans la même direction). C’était sans aucun doute une excellente idée mais c’est que, voyez-vous, le tunnel Wellington avait un vilain défaut: il y avait des infiltrations d’eau inattendues qui créaient souvent une petite mare au point le plus bas du tunnel.

Résultat? Certains tramways se retrouvaient donc immobilisés pif-poil en plein milieu du tunnel, leurs moteurs court-circuités par le contact de l’eau. Pour rajouter à l’injure, le système qui devait signaler au tramway suivant de ne pas entrer dans le tunnel s’il y en avait un autre était complètement dérèglé à cause de l’humidité. On a alors assisté alors à de joyeux épisodes de tamponnage qui, heureusement, ne jamais fait de blessés. Quelques frousses par contre, ça oui. A partir de ce moment les garde-moteurs ont reçu des directives très claires quant à la façon de procéder dans le tunnel.

On peut tout de même noter ici un fait cocasse. Il se trouvait à une certaine distance un viaduc ferroviaire qui portait le nom de Wellington. Les modèles de tramways du temps différaient et ce n’était pas tous les modèles qui pouvaient passer sous ce viaduc. On avait alors pris soin d’apposer une petite étiquette dans les tramways qui devaient éviter le viaduc Wellington. L’interdiction ne concernait toutefois pas le tunnel Wellington où tous les tramways sans exception pouvaient passer. Malheureusement il se trouvait des voyageurs qui apercevaient l’étiquette alors que le tramway s’en allait plonger dans le tunnel Wellington, à leur grande frayeur. Convaincus du pire, ils ne savaient pas que le tunnel et le viaduc étaient deux choses bien différentes. On pourra dire que pendant de nombreuses années, pour de nombreux voyageurs, ce fut le festival des fesses serrées.


Mais qu’en est-il tu tunnel aujourd’hui?

Celui-ci a été condamné en 1995, parce que sa structure a été jugée trop dangereuse. A sa place on a construit un pont tout juste à côté. Le vieux tunnel n’a pas été démoli mais simplement laissé là où il ramasse eau et détritus. Du côté de Verdun l’entrée du tunnel a tout simplement été démolie et remblayée. Au final, ce que nous avons est un pont qui remplace un tunnel qui a remplacé un pont.

Le tunnel, vu de la rue de La Montagne. Les deux entrées que l’on apperçoit sont celles des tramways.


Ici on peut voir les quatres voies; tramways au centre, voitures à gauche ainsi que voitures et piétons à droite.




Voici la voie de droite et celle des piétons.




Le saviez-vous? Le nom Wellington fait sans aucun doute référence à Arthur Wellesley, 1er duc de Wellington et qui fut surnommé «Iron Duke». Le personnage n’a jamais rien eu à voir avec Montréal mais plutôt avec la fameuse bataille de Waterloo puisque c’est lui qui y a vaincu Napoléon 1er le 18 juin.

jeudi 26 août 2010

virgulta


Un autre dimanche matin d’été très tôt dans la nature. Ici, je suis dans un sous-bois devant lequel je suis resté un moment, comme si je regardais une toile. Les arbres formaient une voûte et en ce jour très nuageux l'endroit était très sombre. Pas un chat, tout était d’un calme absolu. Même pas de vent. Des nuages par contre mais rien qui inquiétait. Ils étaient bas et lourds mais bien tranquilles. En-dessous de la voûte végétale des grands arbres se trouvaient de ces petites plantes comme les astilbes et les hostas, pas voraces de lumière du tout car elles s’accommodent bien de ça. Tellement absorbé que j’étais que j’ai presque oublié de faire une photo. Attendez, voilà, c’est fait.





Le saviez-vous? Il existe une variété de plante qui, lorsque son environnement devient trop sec et aride, ramène ses racines vers elle, forme une sorte de boule et se laisse emporter par le vent. Lorsqu’elle retrouve de nouveau en milieu humide elle se redéploye et s’enracine de nouveau.

dimanche 22 août 2010

Ilford en 1948



Cette publicité de la compagnie Ilford remonte à 1948. Il s'agissait d'un film de type 120. Bien qu'Ilford ait discontinué ce film depuis fort longtemps le format 120 est toujours disponible. 

Ce que l’on voit dans l’illustration est un film dit «selochrome». C’est quoi ça? Que je vous entends me demander. Semblerait que le mot «selo» ait originalement été utilisé pour la première fois vers 1920 et que ce soit tout simplement un raccourcissement de «sensitised celluloid» quoiqu’une suggestion plus simple aille dans le sens d’une abréviation du mot «celluloid». La mention «ortho» quant à elle indique l’utilisation d’une émulsion photographique qui est sensible uniquement à la lumière bleue ou verte, et peut donc être développée sous une lampe inactinique rouge. La sensibilité importante dans le bleu rend les objets bleus plus clairs et les rouges plus foncés. 



Au bas de la publicité on retrouve, sous le dessin de la boîte de film, le nom du représentant canadien pour la compagnie soit un certain W.E. Booth Limited. Sachant déjà que cette annonce fut produite en 1948 je suis allé fouiller dans le Lovell de cette année-là pour y trouver ceci:



W.E. Booth Co. Ltd était une compagnie qui ne faisait pas seulement de la distribution de matériel mais offrait aussi des services de gravure. Un certain O.W. Herzberg en était le gérant et l'endroit se situe au deuxième étage du 480 De La Gauchetière Ouest. Une adresse paire indique généralement le côté sud d'une rue. Que se trouve donc à cette adresse en ce moment?

Monsieur Herzberg quant à lui habitait au 323 de l’avenue Stanstead à Ville Mont-Royal, tout juste en face du parc Oakdale. Pour se rendre à son bureau monsieur Herzberg aurait dû prendre l’autobus 18 Côte-des-Neiges et ensuite transférer pour le tramway 30 Outremont mais je suis davantage porté à croire qu’il utilisait plutôt sa voiture.

Comme on peut voir, le 480 existe toujours et l'immeuble ne date visiblement pas d'hier. Monsieur Herzberg passait donc par cette porte matin et soir, espérant très certainement vendre toujours plus de produits Ilford aux détaillants de la ville. Il me faudra ultérieurement revenir sur ce bâtiment parce que la prolifération de ces abominations que sont les condos risque de lui faire passer un mauvais quart d’heure.

Durant l’été de 1948 une dizaine d’artistes endossent et signent un document rédigé par Paul-Émile Borduas, il s’agit du fameux Refus Global. Borduas y dénonce le dogme catholique, remet en question les valeurs traditionnelles et rejette l’immobilisme du Québec, qu’il qualifie de «…petit peuple serré de près aux soutanes restées les seules dépositaires de la foi, du savoir, de la vérité et de la richesse nationale Pour cet affront littéraire Borduas va perdre son emploi de professeur à l’École du meuble de Montréal.




Le saviez-vous? Ilford est une très vieille compagnie d'Angleterre qui fut fondée en 1879 sous le nom de Britannia Works Company. Elle existe toujours aujourd'hui sous le nom d’Ilford Imaging Switzerland GmbH.



flos post pluviam


La météo avait annoncé du temps couvert mais sans plus. Possibilité d’averse à seulement 10%. Pas d’orage. Bon temps pour faire un peu de photo en nature. Alors j’ai pris tout mon bataclan et suis allé battre de la semelle dans les sentiers. Après un certain temps par contre j’ai senti que ça allait craquer et péter tout en haut. C’était bien visible. Les feuilles de nombreux arbres étaient virées à l’envers et y’avait cette odeur caractéristique dégagée par les plantes. Les oiseaux volaient bas aussi, et quand ils font ça c’est qu’il va pleuvoir. C’est quelque chose qui a à voir avec la basse pression, qui agace les oiseaux alors pour ne pas pogner les nerfs ils descendent plus bas. Mes articulations, qui ont commencé à grincer comme de vieilles pentures, ne mentaient pas non plus.

Puis y’a eu ce grondement. D’abord lointain mais qui s’est rapproché au fur et à mesure que je me dirigeais vers un abri. Juste à temps que je suis arrivé. L’éclat de lumière s’est produit en même temps que le claquement du tonnerre. C’est toujours impressionnant. Curieusement, ou pas, l’orage et l’ondée n’ont été que très brefs; une dizaine de minutes à peine. J’ai alors repris mon chemin et c’est peu de temps après que j’ai déniché la scène d’aujourd’hui.




Le saviez-vous? À tout moment, il se trouve en moyenne plus de 18,000 orages sur la planète. Aussi, le bruit du tonnerre est celui de l’échauffement rapide de l’air causé par l’éclair, lequel est 5 fois plus chaud que la surface du Soleil.

samedi 21 août 2010

Bandes


Il y a de cela un certain temps je me suis mis en tête de créer des vignettes devant éventuellement servir à décorer le haut du blogue. Je me suis dit qu'il serait intéressant aussi d'avoir des vignettes qui changeraient de temps en temps alors je me suis amusé à en produire quelques-unes. L'idée derrière le concept était de les réaliser dans le style des vieux dessins-animés. Le gag étant bien sûr le fait que j'étais toujours dans la même position et toujours avec la même tronche d'abruti. La seule différence étant le thème de chacune de ces vignettes.



Le saviez-vous? Bugs Bunny a été le premier personnage de dessins animés à apparaître sur un timbre alors que Popeye a été le premier à avoir sa propre statue. 

vendredi 20 août 2010

Hercules en dessins animés


The Mighty Hercules est une série de dessins animés qui a été produit en 1962 par Adventure Cartoon Productions en collaboration avec Trans-Lux. On s’est inspiré de façon très lousse sur le personnage de la mythologie grecque Héraclès sous son nom romain, soit Hercule. Les 128 épisodes ce cinq minutes chacun ont été diffusés du 1er septembre 1963 au 1er mai 1966.

On retrouvait donc Hercule qui réside au Mont Olympe et qui, lorsqu’un danger quelconque menace les habitants du royaume fictif de Caledon, descend régler le problème. Si c’est quelque chose de vraiment, mais alors là vraiment dangereux alors Hercule glisse à son doigt une bague magique qui lui donne des pouvoirs surhumains.

La série en était toutefois une au budget relativement limité, c’est donc dire qu’il fallait réduire les coûts de production le plus possible. Comment pouvait-on y arriver? En réutilisant, entre autres, certaines séquences où en n’animant que les choses nécessaires. Par exemple, si un personnage pointe quelque chose de la main on n’animera que celle-ci. On peut aussi réutiliser des portions de dialogue et de musique. Bref, les possibilités sont nombreuses mais malgré tout, pour les enfants qui, comme moi aimaient bien cette série, ces détails nous passaient vingt pieds par-dessus la tête. La série a été rediffusée en reprise par de nombreux postes de télévision et a connu un très bon succès. Elle est aujourd’hui disponible en DVD.





Le saviez-vous? Ariel (la sirène de Disney) est la fille de Triton, fils de Poséidon. Poséidon est le frère de Zeus, qui n'est autre que le père d'Hercule. Ariel et Hercule sont donc cousins.

mercredi 18 août 2010

nudus V


Lorsque je me suis mis à la photo de nu je ne disposais pas de grand-chose en termes d’équipement. Une toute petite caméra numérique et c’est à peu près tout. Je n’avais même pas d’espace dédié, c’est tout dire. J’ai donc fait avec les moyens du bord; j’ai d’abord tassé ma bibliothèque pour dégager le mur, celui-ci allait servir d’arrière-plan. Ensuite, j’ai posé sur une table une lampe avec une simple ampoule en guise d’éclairage. C’était à peu près les limites de ce que je pouvais faire. Aussi, lorsque Marie, le modèle que je photographiais pour la première fois, est arrivée, elle a été bien amusée de mon arrangement «studio» mais les résultats de la séance l’on parfaitement convaincue de revenir pour d’autres sessions.





Le saviez-vous? Un corps humain contient assez de fer pour fabriquer un clou et assez de carbone pour faire 900 crayons à mine.

dimanche 15 août 2010

Shell en 1957


Tous les automobilistes savent que l’huile à moteur est nécessaire au bon fonctionnement de la voiture. Le rôle de cette huile est de garder les pièces mobiles bien lubrifiées et de les protéger contre la corrosion. Les additifs et détergents modernes quant à eux préviennent l’accumulation de crasse.

La publicité d’aujourd’hui date de 1957 (l'année du légendaire Chevrolet Bel Air) et vante les mérites de l'huile à moteur X-100 de la pétrolière Shell. Y’a bien des mythes concernant l’huile à moteur alors voyons un peu de quoi retourne cette pub et s’il faut tenir compte des arguments qu’on y retrouve.

Tout d’abord on ne portera pas attention à la mention «X-100» qui n’est rien d’autre qu’une marque de commerce. Ce qu’il faut noter dans le texte c’est que l’on présente cette huile comme ayant une viscosité qui s’adapte au moteur selon son état. Dans l’illustration on peut voir sur le dessus de la boîte la mention «10W30» ainsi que «SAE». Alors c’est quoi tout ça?

SAE veut dire Society of Automotive Engineers, une organisation qui fait permet de classer les huiles selon des barèmes bien établis. On fait donc passer l’huile dans un tube standardisé et on mesure le temps qu’elle prend pour se rendre d’un bout à l’autre. Le chiffre 30 indique que l’huile a pris 30 secondes. L’ennui c’est que la fluidité de l’huile change selon la température et le chiffre 30 ne représente que sa fluidité lorsqu’elle est chaude seulement. Mais si l’on doit démarrer la voiture par temps froid, comme nous y sommes habitués au Québec? Prenons un matin de janvier avec un -20 Celsius solide. À ce moment-là l’huile dans le moteur est plus épaisse et va se déplacer plus lentement. C’est pourquoi une huile multigrade procure une bonne viscosité par temps chaud et froid. Ce que l’on voit dans la pub est une huile de type 10W30. Le 30, on l’a vu représente la viscosité à chaud alors que le 10 quant à lui est la mesure de viscosité à froid. Le W veut tout simplement dire Winter. Mais est-ce que l’huile annoncée ici fait vraiment le travail que l’on prétend. La 10W30 est souvent un bon choix pour les véhicules qui opèrent par temps chaud, qui font ce qu’on appelle «stop and go» ou qui doivent remorquer de lourdes charges. La 5W30 est davantage formulée pour les climats froids mais n’est pas exactement indiquée pour les climats chauds ou pour la conduite en ville. Dans le cas qui nous intéresse ici, c’est bien gentil à Shell de recommander une huile mais dans la majorité des cas c’est toujours plus avisé de suivre les recommandations du fabricant de la voiture.

Pour ce qui est de la publicité, il est fascinant de constater qu'elle a été entièrement réalisée à la main. La photographie n'avait pas encore tout à fait remplacé les illustrateurs à ce moment et ceux-ci devaient accessoirement maîtriser l’art de reproduire toute chose que le client demandait.





Le saviez-vous? Les additifs d’huile à moteur sont généralement inutiles puisque ces mêmes additifs ont déjà été ajoutés par le fabricant d’huile. Rajouter des additifs supplémentaires risque de diluer l’huile et de rendre celle-ci moins efficace.

cultioribus vase


J’ai beau avoir troqué ma petite caméra de poche pour un reflex, il n’en demeure pas moins que de temps à autres j’aime bien la ressortir du tiroir et m’en servir de nouveau. Ici, petite promenade impromptue dans l'ouest de la ville, sans autre raison que pour voir des rues que je n'ai jamais vu. Dans le cas de la photo d’aujourd’hui c’est une prise quasi-instantanée, pratiquement sans réglage, sur la rue St-Marc, tout juste au sud de Tupper. Un vase en pierre artificielle baigné par le soleil de début de soirée a attiré mon attention.



Le saviez-vous? Les Romains ont été les premiers à utiliser du béton. Ils mélangeaient de la chaux, de l’eau ainsi que des cendres volcaniques. Ils appelaient ce ciment «pozzolana». Le Panthéon a été construit avec ce béton et le dôme demeure encore à ce jour la plus grosse structure de béton non-renforcé.

Un été pas comme les autres

Vous savez que je fais de la photo? Peut-être. Peut-être pas. Possible que vous vous en battiez l’œil. Enfin. Comme je fais beaucoup de photo d'architecture il m'arrive assez souvent de me perdre dans la ville, cherchant un peu de nourriture ici et là pour ma caméra. Il y a un certain temps de cela je me trouvais sur Ste-Catherine près du pont Jacques-Cartier. Entre Papineau et Cartier, du côté nord, y'a un bâtiment, assez gros. On regarde sur la façade et on peut y lire encore "Église Vie et Réveil". Ce n'est plus une église depuis pas mal longtemps. En fait c'est complètement placardé et abandonné. Savez quoi? Avant d'être une église abandonnée c'était un cinoche. Le Champlain que ça s'appelait. Je me suis arrêté. En prenant quelques photos j'ai senti le courant d'air qui venait de l'intérieur. Ça puait l'humidité et le renfermé. C’est que ça fait un bout que c’est à l’abandon c’te place.

Puis, des choses se sont mises à changer.

Le bâtiment n'était plus abandonné mais semblait tout neuf. Des gens se sont mis à apparaître, formant une longue file qui attendait pour entrer et l'odeur qui émanait de l'intérieur était celle caractéristique du pop-corn. Quant à moi, je n'avais pas changé de place mais j'étais redevenu un gamin. Dix ans, presque onze. Dans mes mains ma caméra numérique avait été changée pour un billet de cinéma.  

C'était un dimanche ensoleillée de 1977. Une journée que n'importe quel gamin de mon âge aurait passé dehors à pédaler ou jouer au parc. Pas moi. Pas ce jour-là. Il était aux alentours de midi trente lorsque je suis allé prendre place au bout de la file avec mon père et ma cousine. Une attente interminable. Puis, on s'est mis à bouger. Pas vite cependant. Vraiment pas vite. Derrière d’autres personnes s’étaient ajoutées. Devant, loin devant, pendant que les gens s’engouffraient au compte-gouttes, j'ai observé le poster du film où apparaissaient certains personnages et j'essayais de deviner qui ils étaient et qu’est-ce qu’ils faisaient dans le film. Nous étions sur le point d'entrer quand l'employé du cinéma leva la main. Plus de place, dit-il. 

Va chier. Non, je lui ai pas dit mais j’ai trimé dur pour ne pas qu’ils sortent. Mon père, ma cousine et moi avions tous nos billets et si on nous les avait vendu c'est parce que forcément, quelque part dans la salle, y'avait des fauteuils vides correspondants! L'employé est alors parti vérifier. Deux minutes plus tard il est revenu.

Y'avait effectivement trois fauteuils vides, mais séparés.

Il a déchiré nos billets et nous sommes allés dans la salle rapidement parce que l'on attendait que tout le monde soit assis avant de démarrer la projection. À l’intérieur un placier muni d’une lampe de poche nous a aidés à trouver nos places. Mon père s’est retrouvé dans la section du bas et ma cousine et moi dans celle du haut, séparés de deux sièges. Malgré tout j’avais une vue imprenable sur l'écran. Me suis calé confortablement. J'avais l'cœur qui battait la chamade. Dans la salle s'élevait le murmure caractéristique des multiples conversations portant surtout sur le film qui allait bientôt commencer. Les lumières se sont graduellement éteintes et les murmures ont immédiatement cessé. Dans le silence presque religieux les rideaux se sont ouverts avec le clicka-click familier. Puis? Et puis y'a eu ça:


Pas besoin de vous dire que j'avais été impressionné. Pas mal impressionné même. Je ne crois même pas avoir respiré durant la séquence d'introduction ou le destroyer impérial poursuit la petite corvette... Pas besoin de dire que je suis sorti du cinéma complètement sur le cul (au sens figuré).

J'aurai l'occasion de vous en reparler.





Le saviez-vous? Lorsque le film est sorti il n’a été projeté que dans une poignée de salles aux États-Unis. Avant la fin de l’été il était devenu un succès planétaire (ha!) et les profits engrangés en 1977 pour les États-Unis et le Canada se sont chiffrés à $307,263,857 (et quelques sous).

Pixie





Ah, voilà un truc qui date de plusieurs années. Un jour on m'a demandé de dessiner quelques concepts de personnages devant apparaître dans un livre pour enfants. Un de ces personnages était une sorte d'elfe-pixie née de la forêt. Je ne savais pas trop comment illustrer ce personnage car la description était tout de même un peu vague. J'en suis finalement arrivé à une sorte de jeunes adolescentes affublées d'ailes de papillon avec une robe faite de pétales et ceinturée de vigne. L'auteur a bien aimé mais malheureusement le projet de livre a été tabletté et n'a finalement jamais vu le jour.




Le saviez-vous? Paul Winchell, le comédien qui prête sa voix à Tigger dans Winnie the Pooh, a été la première personne à concevoir et breveter un cœur artificiel.

jeudi 12 août 2010

Goodyear en 1948


Goodyear est une compagnie qui n’a pas vraiment besoin de présentation puisque tout le monde la connaît. Mais c’est aussi une vieille compagnie puisqu’elle a été fondée en 1898 en Ohio par Frank Seiberling. Le nom de l’entreprise a été choisi afin d’honorer Charles Goodyear, cet autodidacte américain qui a mis au point le principe de la vulcanisation en 1839.

Au début Goodyear fabriquait des pneus pour les bicyclettes et les charrues mais en 1908 c’est sur les modèles T de Ford qu’on les voyait. Goodyear n’a pas manqué le bateau quant à l’aviation et a commencé à fabriquer des roues d’aéronefs dès 1909. En 1926 Goodyear était l’une des plus grosses compagnies au monde.

La publicité du jour remonte à 1948, soit trois ans après la fin de la Seconde guerre pendant laquelle Goodyear était l’un des 30 fournisseurs les plus importants. On vante ici du pneu Super Cushion. Au niveau de la conception graphique tout ce que l'on voit ici a été réalisé à la main, ce qui démontre sans aucun doute que les graphistes de l'époque devaient non seulement être capables d'agencer les éléments mais aussi de réaliser ceux-ci. A noter dans cette publicité l'utilisation du système impérial quant aux mesures où l’on mentionne que les pneus ont un plus grand millage plutôt que kilométrage, terme maintenant utilisé aujourd'hui.

Goodyear est encore aujourd'hui une marque de pneus très populaire et il est intéressant de noter ici le logo qui n'a pratiquement pas changé depuis ce temps. Cela peut sembler étrange qu'une compagnie veuille conserver un vieux logo mais bien souvent ceux-ci sont considérés comme un gage de longévité.





Le saviez-vous? C’est en 1925 que le dirigeable Goodyear a fait sa première apparition. Il a été construit suite à une collaboration entre Goodyear et la compagnie allemande Luftschiffbau Zeppelin GmbH.

mercredi 11 août 2010

vestibulum


Portique de l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End tout juste en face du parc Lahaie. Y’a bien longtemps de cela il se trouvait non loin de là le village de Saint-Louis-du-Mile-End. Le bâtiment religieux a été construit en 1857 et c’est Victor Bourgeau qui en a dressé les plans. En 1876 le Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental, plus tard acquis par le Canadian Pacifique, y a construit une petite gare et deux ans plus tard le village a été incorporé. En 1895 le village, dont la superficie était alors le double du mile-end actuel, a changé de nom pour devenir Ville Saint-Louis. L’annexion à Montréal n’était qu’une question de temps, ce qui s’est fait en 1909-10. Mais entretemps, soit en 1898, on a décidé de refaire la façade de l’église et on a confié le boulot à Joseph Venne, lequel a concocté quelque chose de totalement baroque avec un empilage qui fait penser à un riche repas dans un steakhouse; beau mais lourd.




Le saviez-vous? Le terrain où fut construit l’église ainsi que le couvent adjacent des sœurs de la Providence, appartenait à Pierre Beaubien, ce médecin qui donna aussi les terrains sur lequel on a aménagé le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.