mercredi 29 septembre 2010

Molson en 1957


Qu'est-ce qu'il y a de plus caractéristique comme représentation des années 50 que le mari bien calé dans son fauteuil avec le journal et qui s'apprête à déguster une bonne bière? Ici en plus, nous avons en bonus le chien qui tient la pantoufle, la traditionnelle pipe ainsi que l'épouse qui admire le portrait à partir de ce que l’on assume être la cuisine. L'élément intéressant dans cette illustration, possiblement à l'aquarelle, est le slogan « Ah! une Molson complète le tableau!» auquel s’ajoute la main de l'homme qui sort carrément du cadre pour aller chercher la bouteille. Chapeau au(x) concepteur(s) pour ce p’tit clin d’œil.

Molson, bien entedu, se passe de présentation. Fondée en 1786 par John Molson la compagnie est la deuxième plus vieille au Canada après la Compagnie de la Baie d'Hudson. Fusionné aujourd'hui avec le brasseur américain Coors, le conglomérat Molson Coors Brewing Company est le cinquième plus gros brasseur au monde.

Entretemps, ce qui fait parler en septembre 1957 c’est évidemment la démission du premier ministre du Canada Louis St-Laurent, pour des raisons de santé. Dans les tavernes les paris vont bon train à savoir qui va le remplacer. Certains avancent le nom de Lester B. Pearson alors que d’autres penchent pour Walter Harris. (Réponse : Ce sera Pearson en 1958 mais il ne deviendra premier ministre qu’en 1963)



Le saviez-vous? C’est en septembre 1957, mois de parution de cette pub, que le sénateur Donat Raymond a vendu le Canadien de Montréal à la famille Molson, laquelle en est toujours propriétaire aujourd’hui.

lundi 27 septembre 2010

negligentia

Entrée de l'ancienne usine Crane sur Saint-Patrick, non loin du canal Lachine. Le bâtiment a été construit en 1919 selon les plans des architectes Brown et Vallance qui ont utilisé le béton de façon très élégante, surtout pour l'époque. Bien auparavant le terrain en était un marécageux et il a été remblayé avec tout ce que l’on a pu trouver. Crane était une compagnie qui fabriquait toute une gamme de tuyaux de toutes sortes tant pour usage résidentiel qu’industriel.

La compagnie a débuté à Winnipeg en 1906 en tant que petit commerce d’articles de plomberie et chauffage. Le développement rapide de l’ouest canadien, accéléré par la présence des chemins de fer, a fait prospéré Crane. Deux ans plus les propriétaires ouvraient deux succursales à Vancouver. Le boom économique provoqué par la Première guerre a permis à Crane de s’incorporer et ce, dès 1918. C’est en septembre de cette année-là que la compagnie a fait ériger l’édifice sur St-Patrick et dont il est question aujourd’hui. Les bureaux quant à eux se trouvaient sur la Côte du Beaver Hall.
En 1920 Crane a été jointe par Canadian Potteries, une entreprise qui fabriquait des lavabos, urinoirs et autres en porcelaine. En 1931 c’est la compagnie de bouilloires et chaudières bien connue Warden King qui s’est jointe à son tour à Crane. Bien que Crane existe toujours le bâtiment de la rue St-Patrick ne lui appartient plus et au moment où j'ai pris cette photo le bâtiment était abandonné et dans un état lamentable.



Le saviez-vous? Le mot «plomberie» que l’on utilise couramment provient carrément du mot «plomb» parce les tuyaux étaient à l’origine faits avec ce métal malléable. Ils sont aujourd’hui fabriqués avec des matériaux considérés sans danger pour l’organisme.

dimanche 26 septembre 2010

Patrimoine religieux: St-Pierre-Claver

Montréal fut, pendant longtemps, connue comme étant la ville aux cents clochers. L’écrivain Mark Twain a dit de Montréal « …qu’on ne peut lancer un pavé dans n’importe quelle direction sans heurter un vitrail ». Twain exagérait un brin. Par contre on peut facilement s’imaginer l’étonnement d’un visiteur arrivant à Montréal de par le pont du Havre en 1930 et apercevant tous les longs clochers pointant haut vers le ciel. 

Évidemment aujourd'hui y’a moins de clochers qu'avant. Les gens ne fréquentent presque plus. Et puis ça coûte cher à entretenir tous ces bâtiments. Certaines sont démolies, d’autres deviennent des friperies ou encore des condos. Il en reste néanmoins un bon nombre qui n’ont à peu près pas changé au fil des ans. C’est le cas de celle dont je vais vous causer un brin aujourd’hui.
C’était il y a quelques années. J’étais à arpenter le boulevard Saint-Joseph et ses environs lorsque j’en suis venu à passer devant l’église St-Pierre-Claver, près de De Lorimier. Je m'y suis attardé, histoire de faire quelques photos et du coup je me suis demandé s’il s’agissait toujours d’un lieu de culte ou si c’était maintenant devenu un restaurant de hamburgers. Comme les portes étaient ouvertes j’ai risqué un œil à l’intérieur. Sait-on jamais.
Première constatation; c’était toujours un lieu de culte. Personne à l’intérieur cependant alors j’ai commencé à prendre quelques photos. Pendant que je me faisais aller le kodak, un type, qui jusque-là se tenait debout dans l’entrée, s’est approché de moi pour visiblement piquer jasette. Il m’a d’abord parlé de la beauté de la bâtisse ainsi que du fait que tout à l’intérieur était d’origine. Tiens, que je me suis dit, c’est p’t’être le curé.

Puis il a glissé vers la construction, soit pendant la Première guerre. Il m’a ensuite mentionné les deux architectes; Jean-Omer Marchand et Joseph Venne, à qui l’on doit quantité de bien beaux bâtiments à Montréal. Mais c’est qu’il s’y connaît le bougre! Curieux tout de même, lui aies-je glissé comme ça, que l’église était ouverte mais complètement vide. Ah, mais ça, m'a-t-il dit, c’est parce qu’on attend un mariage, mais y sont une heure en retard qu’il me dit en regardant sa montre tout en tapant la vitre du doigt. Venez donc par ici, je vais vous faire un p’tit tour guidé de l’endroit.
Au fond, derrière l’autel, mon guide m’a montré le tabernacle. Plusieurs artisans ont contribué à sa construction; ébénistes, orfèvres, peintres… Très peu de choses ont changé depuis le temps où tout ça a été construit.

Ici on regarde vers l’arrière et on peut apercevoir, au balcon, l’orgue Casavant de même que les fresques au plafond. C’est une madame Delfosse qui a fait ça, en 1947 je crois, m’a indiqué mon guide improvisé. Puis, on s’est déplacé vers la chaire. Ça c’est ce genre de petit cubicule qui surplombe les bancs. Évidemment seul le curé y avait accès. Avec la permission de monsieur Janelle j’y suis grimpé et je dois avouer que la vue est intéressante.
Vous voyez le banc avec les portes? me dit monsieur Janelle. Eh bien c’est là que s’installait les gens de la Fabrique durant la messe. Comme ça, d’où il était, le curé était en ligne directe avec eux s’il avait quelque chose à leur dire. On continue.
Ça c’est un des nombreux luminaires latéraux qu’on retrouve dans l’église. La par contre on s’est un peu gouré dans la représentation parce qu’un chérubin n’est pas un p’tit bébé avec des ailes dans le dos, enfin pas si on se fie à la description qu’en fait Ezéchiel (Ez 10); «Chacun avait quatre faces ; la face du premier était une face de chérubin, la face du second une face d’homme, celle du troisième une face de lion, et celle du quatrième une face d’aigle.»
Ah, voilà l’un des nombreux calorifères. Ils sont encore fonctionnels, me dit monsieur Janelle. Chose certaine, durant les mois d’hiver les bancs adjacents devaient être assez populaires. Puis il m’invite à monter au balcon avec lui. À ce stade-ci je ne sais toujours pas s’il s’agit du curé, du vicaire ou bedon du bedeau. Les portes de l’église, si elles sont ben belles, affichent une certaine récalcitrance lorsque vient le temps de les ouvrir. Monsieur Janelle s’en excuse tout en riant. Puis on arrive audit balcon où la vue, faut que je l’avoue, est assez impressionnante.
Je ne peux m’empêcher d’aller z’yeuter le magnifique orgue Casavant avec ses trois claviers et ses nombreux tirants de jeux et appels de registres, lesquels permettent d’obtenir des timbres différents. Se retrouvent aussi les accouplements qui permettent de faire jouer sur un clavier ce que l’on joue sur un autre. Au bas, le pédalier, lequel est relié aux claviers par des tirasses. L’orgue est un instrument résolument complexe. L'orgue de facture Casavant en est un à trois claviers avec tirants de jeux et pédalier à marches parallèles. On voit ici monsieur Serge Jannelle en train de jouer une partie de Toccata & Fugue. Il fut étonnant de voir la façon dont un organiste s'attaque à cette pièce mais aussi de voir avec quelle docilité chaque touche pesée est interprétée docilement par l'orgue. 
Sur l’orgue je ne manque pas d’y voir une partition musicale dont le titre m’est bien familier; il s’agit de Toccata & Fugue, largement attribuée à Jean-Sébastien Bach. Si, parce que certains spécialistes croient qu’elle serait plutôt l’œuvre de Johann Peter Kellner. Par contre, on retrouve dans cette composition des éléments qui sont caractéristiques des autres œuvres de Bach. C’est à ce moment que m’sieur Janelle s’est installé au banc de l’orgue et s’est identifié comme étant l’organiste titulaire. Etant illustrateur à temps perdu j'ai choisi d'illustrer ici la façon tout à fait véridique dont la pièce musicale s'est déroulée.








Je remercie encore une fois m’sieur Janelle pour m’avoir guidé à travers le bâtiment, de m’en avoir expliqué l’histoire, saupoudré le tout d’intéressantes anecdotes et bien entendu de m’avoir joué la première partie de Toccata & Fugue.



Le saviez-vous? Le plus vieil orgue au monde sur lequel il est encore possible de jouer se trouve dans la ville de Sion, en Suisse dans la basilique de Valère. Sa construction remonte à 1430.

jeudi 23 septembre 2010

Ouch!

Ah les joyeuses journées de camping des années 70. Les petits Hibachi en fonte, l’odeur des briquettes qu’on allumait, le gros Chrysler Newport d'oncle Untel qui arrivait sur le terrain, les filles aux cheveux longs et leurs sandales de bois, du Robert Charlebois ou du CCR qui jouait plus loin, les clôtures fabriquées avec des bouchons de bouteilles de bière et aussi ces trucs, auquel tant de gens jouaient :
Les gens de ma génération se souviennent sûrement des tristement célèbres lawn darts? Ces dards, Jarts de leur vrai nom commercial, était un jeu d’adresse où il fallait lancer lesdits jarts dans un cerceau placé au sol à une certaine distance. L’ennui c’est qu’il s’agissait tout de même d’un jeu qui pouvait s’avérer dangereux si les jarts venaient en contact avec des idiots ou des idiots ayant un peu abusé d’alcool. Pourquoi? 
Voilà pourquoi. La pointe en fer était affilée en pointe afin de mieux planter dans le gazon. Et ça pouvait se ficher dans le sol avec une redoutable efficacité. L’affaire dans tout ça c’est que le jart conservait ses propriétés s’il tombait sur quelqu’un. C’est ce qui s’est produit en 1987, année où les jarts ont fait leur première victime, une jeune fille de sept ans.

Les jarts ont par la suite été interdits aux États-Unis dès 1988 et un an plus tard au Canada. Pour des raisons évidentes. Aujourd’hui ce jeu se vend encore mais il a évidemment été conçu différemment, de façon très sécuritaire sans aucun risque de blessure, à moins d’y accrocher une grenade. Toutefois, il est toujours possible d’en dénicher dans des ventes de garage ou marchés aux puces. À vos risques et périls, bien entendu.



Le saviez-vous? En 1987 seulement on a estimé que plus de 6,000 personnes se sont rendues dans les urgences en Amérique du Nord suites à des blessures infligées par des jarts.

mardi 21 septembre 2010

agrestis


Journée de fin d’été. C’était un dimanche nuageux et de par la fenêtre baissée je laissais entrer les derniers vents chauds, ceux qui précèdent ceux de l’automne. En chemin mon regard a été attiré par les grands champs de maïs, surplombés des pylônes de lignes électriques. Je me suis arrêté aux abords de la route et j’ai ensuite marché jusqu’au bon endroit, là, juste là. Et c’est à ce moment que j’ai réalisé que l’ensemble des éléments formait une composition des plus intéressantes avec le contraste entre la ligne droites des pylônes, les courbes des fils et les fractales des herbes.




Le saviez-vous? Le mot «électrocuté» nous vient de l’anglais electrocute qui lui-même est composé des mots «electro» et «execute». Donc, si la personne survit elle n’a pas été électrocutée, elle a simplement reçu un choc.

dimanche 19 septembre 2010

Chat!



J'ai toujours aimé travailler des expressions de personnages. Je me bidonne comme un idiot trépané lorsque je crayonne tout ça. Ici c'est un gros chat quelconque. Il semble fumer un cigare mais qui est en réalité de l'herbe à chat qu'il mâchouille (les "poffes" étant des petits nuages de cette herbe). Ça date un peu ce truc, 2002 ou 2003 je crois. Et c'est fait avec de la mine 2B.




Le saviez-vous? Bien que toutes les races félines puissent être sensibles à l’herbe à chat, cette sensibilité semble être génétique et il se trouve entre 25% et 50% de félins qui n’ont aucune réaction à cette herbe.

Poudre pour bébé Johnson & Johnson en 1955


Nous voici en août 1955 et on nous vante ici les mérites des nombreux produits pour bébés de Johnson & Johnson, une compagnie qui non seulement existe encore aujourd'hui mais qui utilise toujours le même logo. Lorsque j'étais étudiant en design publicitaire il y a longtemps, nous avions vu que les marques de commerces ainsi que les logos qui ne changeaient pas, ou peu, pouvaient souvent inspirer une meilleure confiance chez les consommateurs. Pour Johnson & Johnson, c'est un fait accompli depuis des lustres puisque la compagnie existe depuis 1886. On peut voir aussi la mention de Montréal sous la marque de commerce. en effet, la compagnie avait ses ses bureaux sur le boulevard Pie-IX un peu au nord de la rue Ontario.

Alors, que se passe-t-il au Québec en août 1955? Ah mais la grosse et grande nouvelle qui fait jaser nos grands-parents et qui fera sacrer leur descendance : l’annonce par le fédéral de la construction du pont Champlain. Duplessis et Drapeau en profitent également pour annoncer à leur tour que Montréal va se doter d’une salle de concert des plus modernes. Ce sera la Place des Arts.





Le saviez-vous? À l’époque où cette publicité est parue les poudres pour bébés étaient majoritairement fabriquées avec du talc, une poudre minérale que les pédiatres d’aujourd’hui ne recommandent pratiquement plus, préférant largement les poudres faites à base de farine de maïs.

vendredi 17 septembre 2010

Est-ce que c'est toi, Batman?


J'ai aperçu cette publicité dans les pages d’un des recueils du Journal Tintin de ma collection. Le numéro date de 1968 et qui se trouve à être également la dernière année de diffusion de la série TV, laquelle s’est achevée en mars. Il est tout de même assez marrant de constater que soit le coloriste n'a jamais regardé un épisode de Batman, soit il était daltonien ou bien il n'a même jamais lu un seul comic de la série... À moins qu’il ne s’agisse d’une version particulière du Bat-costume pour certaines occasions. Ho ho hi.


Quoiqu’il en soit, la Batmobile dont il est question ici est tout à fait le contraire du ridicule Batman. Le véhicule, tout en métal moulé, est truffé de fonctions qui incluent un coupe-chaîne fonctionnel, trois lance-fusées qui tirent des roquettes en plastique rouge ainsi qu’une flamme en plastique à l’arrière qui va et vient lorsque la voiture roule. Y’a plus d’un gamin qui a fait des traces de freinage dans ses culottes en recevant ce jouet. Vendu pour quelques dollars en 1968, sa valeur actuelle, en condition parfaitement neuve dans sa boîte vaut aujourd'hui plus de mille dollars. 




Le saviez-vous? Pour l’émission TV mettant en vedette Adam West et Burt Ward, le concepteur de la Batmobile, George Barris, n’a eu que trois semaines pour construire le légendaire véhicule. Barris a utilisé le prototype Ford Futura comme base et qu’il avait acquis pour la somme d’un dollar.

columnae


Détail du portique d'entrée de l'ancien édifice du National Trust sur la rue St-Jacques. Cet immeuble a été construit en 1914-15 selon les plans de l'architecte Kenneth Guscotte Rea, lequel a su concevoir un bâtiment élégant malgré les contraintes d'espace dans ce secteur où tout est très serré. On a ici affaire à une façade toute en fonte, un matériau alors couramment utilisé à l’époque pour quantité de bâtiments.

C’était l’époque où Montréal était la capitale financière du Canada et que la rue St-Jacques était notre Wall Street puisque les grandes institutions bancaires y avaient toutes pignon sur rue. Il est évidemment à espérer que ce magnifique immeuble en vienne à être protégé via la Loi sur le patrimoine culturel car sa démolition serait certainement une perte architecturale considérable. Croisons-nous les doigts!



Le saviez-vous? Si les premiers bâtiments à structure d’acier sont apparus aux États-Unis vers 1850, ce n’est qu’en 1893 que cette façon de construire va apparaître à Montréal avec l’édifice de la Montreal Street Railway. Sis au coin de Saint-Antoine (Craig) et de la Côte de la Place d’Armes, le bâtiment de six étages est même l’un des premiers de ce genre au Canada.

mardi 14 septembre 2010

urna


Magnifique vase de grande dimension trouvé au Jardin Botanique dans la section à l'est de la Roseraie. Au moment où j'ai pris cette photo il ne se trouvait aucune information sur ce vase. Le temps couvert a été ici d’une grande utilité puisqu’il m’a permis d’aller chercher des détails qui auraient probablement été noyés par temps ensoleillé. Ce qui est un peu dommage ici c’est qu’il ne se trouvait aucune inscription visible nulle part à propos de ce vase serti de bas-reliefs. Aucune trace non plus dans le catalogue d’art public de la Ville de Montréal. Voilà qui est bien dommage.




Le saviez-vous? Les nombreux bas-reliefs de l’Égypte antique étaient peints de couleurs vives mais avec les siècles celles-ci ont été pratiquement toutes effacées.


lundi 13 septembre 2010

Brading en 1957



Edward Plunkett Taylor (1901-1989) a un jour hérité de la brasserie de son grand-père. Taylor a fait subséquemment l'acquisition d’autres brasseries en 1930 dont Capital Brewing of Ottawa ainsi que Kuntz Brewing de Waterloo. Le bonhomme n’a pas perdu de temps et a ensuite acquis British American Brewing Company ainsi que Carling Brewery. O’Keefe s’est ajouté à la liste en 1934. D’autres ont suivi durant les années subséquentes. Chapeautant tout ça, la Brewing Corporation of Canada qui par la suite est devenue Canadian Breweries Limited en 1937.

Ça peut paraître étonnant que Taylor ait pu faire dans le brassage de bière alors que la prohibition battait son plein sauf que la loi n’interdisait pas l’exportation. Et faut se rappeler aussi que la prohibition n’existait pas au Québec.



Cette publicité de 1957 vante fièrement une des marques populaires de Canadian Breweries : la Brading. Celle-ci, si l’on en croit ce que l’on nous dit, est "Brassée au ralenti au goût du Québec". Qu'est-ce que le fait qu'elle soit brassée au ralenti la rende meilleure je l'ignore mais chose à peu près certaine, elle devait être produite (au ralenti, bien entendu) localement soit à l'usine de Carling qui, en 1957 se trouvait au 5930 De Gaspé (tout juste au sud de Bellechasse) ou encore à celle de O'Keefe qui elle était au 450 Beaumont (un peu à l'ouest de l'avenue Du Parc). 




Quant à la publicité proprement dite on vise ici le public-cible et de ce fait on mise sur l'image de l'ouvrier qui trime dur et pour qui il n'y a rien de mieux après une journée de labeur qu'une bonne bière bien froide. On a toutefois choisi une exécution simple, réalisée par un certain Alex Taylor, dont on ne connaît pas grand-chose, mais qui a toutefois crayonné un ouvrier convainquant en n'utilisant ici que des mines bien grasses (probablement du 5B ou 6B). Premier détail amusant, le personnage semble être éclairé par le dessus, donc par le soleil du midi mais dans le texte le même ouvrier déclare que sa journée est terminée. L'autre détail est qu'en bas à gauche on peut voir le logo qui indique que la Brading est une «fabrication syndicale», or quand on regarde l'illustration de l'ouvrier, on peut voir sur son chapeau un macaron arborant le numéro de son local syndical (probablement fictif).

En septembre 1957, ce qui ne manque certainement pas de faire parler dans les tavernes, ce sont les élections municipales, prévues pour la fin octobre et on se demande qui de Jean Drapeau ou de Sarto Fournier en sortira gagnant (indice : ne pariez pas sur Drapeau).





Le saviez-vous? La plus ancienne publicité de bière remonterait à près de 4,000 ans. C’est sur une tablette d’argile que l’on retrouverait une femme qui dit « Buvez la bière Elba, la bière avec un cœur de lion».

vendredi 10 septembre 2010

Prototypes de présentation

Il y a de cela bien longtemps, bien avant l’aventure du Studio Pluche que vous lisez en ce moment, j'avais ébauché quelques concepts pour la présentation d'un blogue qui devait s'intituler "Pénélope et moi" (Pénélope étant ma chatte). Loin du concept actuel, je voulais tout simplement écrire sur tout et sur rien, tout à la fois.

Mais à cette époque les services tels Blogger ou encore Wordpress, en étaient encore à leurs balbutiements et il se trouvait encore quantité de gens qui bloguaient en se servant d’un espace web et dont le contenu était versé via des logiciels dits FTP. C’était mon cas. Donc, pour faire une présentation agréable, j’avais concocté une image d’accueil sur laquelle les visiteurs devaient accessoirement cliquer pour accéder au contenu du blogue. Une fois entrés les gens pouvaient alors visiter selon leur gré soit le texte du jour ou consulter les archives. De ce fait, l’écran d’accueil et celui qui suivait devaient être différents. J’ai alors opté d’y aller avec un petit gag. D’abord, l’accueil lui-même :


On note ici une présentation soignée. Pénélope arbore un air félin distingué alors que j’affiche une tronche qui me donne presque un air simili-intello. Le boomerang et les losanges sont classiques des années 50 et la palette des couleurs a aussi été puisée dans le catalogue des couleurs de peinture les plus utilisées durant cette période. Pour accéder au blogue il ne suffisait que de cliquer sur l’image, ce qui menait à :


Faut en convenir, cette scène est beaucoup plus réaliste que la première. Je lis le journal, dos au visiteur en plus, et pour en rajouter, y’a Pénélope qui se lèche le trou de pet. Je n’aurais pas pu illustrer ainsi mon autre chatte parce qu’elle est beaucoup trop bacaisse pour ce genre d’exercice. Et puis elle est tellement trouillarde que même en dessin elle s’enfuirait se cacher. Aussi, lorsque j'ai fait le dessin de Pénélope pour la première image, cette dernière ne cessait de regarder sa représentation, comme s'il elle cherchait à en approuver toutes les étapes de réalisation.




Le saviez-vous? Un jour, et probablement parce qu’il n’avait rien de mieux à faire, le pape Innocent VIII a déclaré que les chats étaient des créatures diaboliques. On a donc tué une quantité épouvantable de minous en les brûlant. Ce faisant, la population de rats a explosé, ce qui aurait contribué à la propagation de la peste noire, laquelle a tué plus de 200 millions de personnes. Oups!



caelestis



Début septembre. Je me trouve par un dimanche avant-midi au square Dorchester. Le temps est gris et les nuages sont lourds. Une averse à venir? Bien qu’il y en ait toutes les apparences ce n’est pas le cas. La photo d’aujourd’hui est un coup de chance. J’avais décidé de placer le lampadaire à la droite et me servir de l’ouverture dans les arbres pour mettre les nuages en évidence. Je n’avais pas encore fait de réglages qu’un petit groupe d’oiseaux est passé et j’ai appuyé sur le déclencheur juste au bon moment. L’absence de réglage explique la très basse luminosité de l’image, ce qui ajoute à mon sens au charme de la composition.


Le saviez-vous? Le square Dorchester chevauche l’emplacement de l’ancien cimetière Saint-Antoine et il se trouve encore aujourd’hui sous terre des milliers de gens qui y reposent. On a cessé le déménagement des corps vers le cimetière Notre-Dame-des-Neiges lorsque le docteur Phillip Carpenter a rappelé que parmi les gens enterrés il s’en trouvait beaucoup qui étaient morts du choléra.

mercredi 8 septembre 2010

Bougies Auto-Lite - 1955


Cette publicité pour les bougies d'allumage Auto-Lite nous ramène à septembre 1955. On pouvait retrouver ces bougies dans à peu près tous les bons garages de l'époque au Québec. La compagnie existe encore et on peut encore se procurer ces bougies. La seule différence est le nom de la compagnie ne comporte cependant plus de trait d'union.

Alors que nous raconte donc ce garagiste? Il nous dit, sur un ton que l’on devine rassurant et un tantinet commercial, que l’encrassement nuit à la puissance des moteurs. Dit-il vrai?

Absolument. L’encrassement empêche l’arc électrique de se former correctement entre l’électrode centrale et l’électrode de masse. Mais en réalité, l’encrassement des bougies n’est qu’un des nombreux problèmes qui peuvent nuire au bon fonctionnement de la voiture et ceux-ci peuvent indiquer une autre source comme un filtre à air sale ou encore une sorte d’essence qui ne convient pas.

Quant à la publicité elle-même elle a été entièrement réalisée à la main. Le garagiste en haut à gauche ainsi que la bougie semblent avoir été faits au lavis, une technique ou l'on mélange dans différents petits contenants de l'encre de Chine à de l'eau, à des ratios différents, afin d'obtenir des tons de gris. C'est une technique qui demande un certain savoir-faire ainsi qu'une excellente maîtrise du pinceau. Cette publicité en est un très bel exemple.

Entre autres choses, septembre 1955 est marqué par l’affaire Coffin, lequel a été trouvé coupable du meurtre de trois chasseurs américains. L’histoire a fait énormément parler et en septembre, justement, la Cour suprême maintient la culpabilité de Wilbert Coffin ainsi que la condamnation à mort. Coffin s’évade mais son avocat lui conseille de se rendre. Il sera pendu à Montréal. L’affaire continue de fasciner même aujourd’hui et certains sont convaincus que Coffin a été victime d’une erreur judiciaire.





Le saviez-vous? Un des premiers brevets de bougie d’allumage a été soumis par nul autre que Nikola Tesla en 1898, lequel lui fut attribué par le Patent Office (U.S. Patent 609,250).