jeudi 30 décembre 2010

Des planchers propres pour ce 30 décembre 1955


Publicité parue en décembre 1955. Il s'en passe des choses dans l'actualité vers la fin de cette année-là. Peut-être, dans tout le tumulte du temps des Fêtes qui bat son plein, se trouve-t-il encore des gens pour lire les journaux ou encore écouter la radio? Toutefois, pour la grande majorité des gens ce sont les préparations de la veillée du nouvel an qui importe. Pour de nombreuses femmes il faut non seulement cuisiner à nouveau tout plein de nourriture comme cela a été le cas à Noël mais encore faut-il s'assurer, pour la énième fois, que toute la maison est propre et bien rangée. Il y a tout un tas de choses <a ne pas oublier et cela inclut, bien évidemment, la propreté des planchers car sinon, que va dire toute la parenté? Dans les années 50 la grande majorité des planchers de cuisine sont en prélart, qui, dans le jargon populaire, est souvent appelé "prélat". C'est une surface relativement durable mais qui doit être polie de temps à autres, surtout à la veille de recevoir de la grande visite nombreuse.

Alors mesdames, General Electric a pensé à vous avec cette magnifique polisseuse à plancher  qui peut nettoyer toute une cuisine en moins de 2 minutes trente secondes top. Et elle ne pèse que seize livres (pour des biceps de l’enfer)!!

Pour tout dire, j'ignore complètement si cette polisseuse pouvait effectivement polir tout un plancher de cuisine en aussi peu de temps que ne l'affirme General Electric mais ce dont je suis à peu près certain c'est qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de femmes qui utilisaient cet appareil chaussées de tels escarpins! Ces appareils étaient réputés pour leur grande durabilité et des polisseuses de ce genre qui fonctionnaient pendant plus de vingt et même trente ans n’étaient pas rares. Possible même qu’il s’en trouve encore aujourd’hui tout un tas qui fonctionnent encore parfaitement bien.

Cette publicité est amusante surtout pour la façon dont le graphiste a juxtaposé le modèle avec des décors tracés à la plume. Ce dernier a aussi dû intégrer dans un espace relativement restreint toute une foule de détails exigés par le client et je dois dire qu'il a fait ici un très bon boulot et ce, sans que le tout ne paraisse pas inutilement surchargé. 




Le saviez-vous? General Electric est une compagnie qui a été fondée en 1892 par nul autre que Thomas Edison lui-même alors qu’ont été fusionnées la Thomson Houston Electric Company et la Edison General Electric Company.

dimanche 26 décembre 2010

hortus

En ces froides journées d’hiver, où le printemps nous semble à des années-lumière, il fait parfois bon de se rappeler des moments plus confortables. Comme ce petit coin tranquille et douillet, niché dans un îlot de verdure bourré de rosée fraîche où l’on flânerait volontiers une journée entière avec un bon livre ou tout simplement à rêvasser. Le retour du beau temps nous semble improbable, comme peut-être à chaque année, mais il ne faut pas s’en faire, ça viendra, ça viendra.




Le saviez-vous? Durant l’hiver la Terre est plus proche du Soleil qu’en été. S’il fait froid et qu’il y a des chutes de neige en hiver c’est en raison de l’inclinaison du globe, alors plus prononcée. À ce moment, l’hémisphère nord reçoit moins directement la lumière du Soleil et par conséquent, moins de chaleur.

Zizique



Imaginez, vous êtes prisonnier dans le cachot sombre et humide d'un château perdu et voilà que pour ajouter à votre misère le geôlier, sorte d'Igor à la gomme, fait sa ronde en écoutant de la musique d'un goût résolument discutable dans son truc mp3. Misère! L’idée m’est venue lorsque, durant un arrêt du métro dans le tunnel, on ne pouvait entendre que l’horripilante musique provenant des écouteurs de quelqu’un qui croyait, à tort, que la diffusion de ses goûts musicaux [discutables] était un service public.

Comme toujours, c'est gribouillé au crayon 2B. 




Le saviez-vous? Le premier lecteur de musique digitale, le IXI, a été mis au point par le scientifique britannique Kane Kramer en 1979 et pouvait jouer une heure de musique en continu. Le machin n’est toutefois jamais entré en production.

Les écrans tests

Il serait certainement bien difficile aux jeunes générations d'aujourd'hui de s'imaginer qu'il fut une époque où les postes de télévision ne diffusaient pas 24 heures sur 24. Alors que se passait-il entre la fin des émissions le soir et la reprise de la programmation le matin?

Rien.

Pas de films, pas d'infopubs, pas de feu de foyer en boucle, même pas de musique. En fait, la seule chose que l'on voyait était une image assez étrange composée de cercles, de barres, de chiffres ainsi qu'une tête d'amérindien en plein centre et la seule chose que l'on entendait était une fréquence sonore d'environ 400 hertz en continu, mais qui pouvait parfois être plus élevée.


Cette image, qui va sûrement rappeler des souvenirs aux plus vieux, a été développée pour RCA par un certain Brooks en 1938 et dont on ne sait que bien peu de choses. On s’en est surtout servi à calibrer les appareils, autant du côté des techniciens que des caméramans. Pour les gens à la maison et elle est devenue une image familière dans tous les foyers équipés d'un appareil de télévision à partir de 1947 et ce, jusqu'à la fin des années 70.

Lorsque j'étais gamin j'aimais bien regarder mes dessins-animés très tôt le matin en déjeunant et l'une des premières choses que je faisais était d'aller allumer le téléviseur, modèle en noir et blanc équipé d'oreilles à lapin. Comme il m'arrivait souvent d'être sur le piton un peu tôt (très tôt même) alors tout ce je voyais sur tous les canaux; le 2 (Radio-Canada CBFT), le 10 (Télé-Métropole CFTM), le 12 (CFCF), et le 13 (CBC) était l'écran du haut avec la fameuse tonalité. Fallait donc que je prenne mon mal en patience. Comme je le disais plus haut, cet écran-test, qui m'était alors bien familier, est disparu pour être remplacé par celui ci-dessous. La technologie évoluait et de plus en plus de foyers possédaient un téléviseur en couleurs. 





Le saviez-vous? Il y a bien des années, lorsque les postes de télévision débutaient leur diffusion le matin, un commentateur lisait en entier la liste des émissions au programme de la journée. À la fin de celle-ci on faisait jouer l’hymne national suivi de l’écran-test.

samedi 25 décembre 2010

Des tapis propres pour ce jour de Noël 1955

En ce jour de Noël 1955 on apprend que le gouvernement fédéral accuse un surplus dans ses revenus de l'ordre de $105, 600,000 pour les huit premiers mois de l'année fiscale. A pareille date, un an plus tôt, ce surplus s'était chiffré à $91, 700,000.

On apprend également une bien triste nouvelle alors que la veille, vers 18:15 le conducteur d'une voiture dans laquelle prenait aussi place trois autres personnes, a doublé toute une file d'autos qui attendaient patiemment à un passage à niveau du Canadien Pacifique à l'angle des rues Crémazie et de l'Épée. Au moment de traverser les voies ferrées la voiture a été violemment frappée par un train de passagers qui venait tout juste de quitter la gare Jean-Talon. Les occupants de la voiture, comme on le devine, ont tous été tués sur le coup. Noël a un arrière-goût désagréable tant pour les familles éprouvées et pour ceux impliqués dans cette tragédie tant ambulanciers que policiers et personnel du Canadien Pacifique.

Mais la plupart des gens n'ont pas encore regardé le journal et en ce matin de Noël on s'occupe plutôt avec les cadeaux reçus la veille alors que dans certaines autres c’est le matin même qu’à lieu le grand déballage. Et quelle mère de famille n'aurait pas été heureuse de recevoir, comme dans la publicité d'aujourd'hui, un magnifique balai mécanique pour tapis de marque Bissell? Et quelle petite fille n'aurait pas été absolument hystérique en recevant une version miniature du balai de maman? Pour ce père de famille c'était là les cadeaux parfaits, tellement parfaits que la petite fille ne tarde même pas à l'essayer de suite! Et pendant que l’épouse et la fille vont trimer dur à tout nettoyer, papa pourra lire son journal bien tranquille.

Bissell ne date pas d'hier. En fait, bien que Melville Bissell a fondé sa première manufacture de balais à tapis mécaniques en 1883 à Grand Rapids au Michigan, il a inventé son premier appareil en 1876 en prenant soin de le protéger avec un brevet en bonne et due forme. En 1890 la compagnie fabriquait plus de 1000 balais par jour.

En 2004 Bissell a procédé à l’acquisition de la compagnie Woolite pour $62 millions et en a profité pour diversifier sa gamme de produits. En 2009 la compagnie a même devancé Hoover dans les ventes de produits d'entretien ménagers. Bissell n'a jamais eu d'usine à Montréal mais en fait construire une en 1905 à Mississauga en Ontario.

Quant à l'annonce proprement dite, sans jeu de mot, elle a de quoi faire sursauter aujourd'hui de par son sexisme flagrant mais pour 1955 c'était dans la norme sociétale, tant dans les publicités qu'au cinéma ou à la télévision. Et cette norme, eh bien ceux qui ont conçu cette pub l'on soulignée bien gras. Le texte peut bien donner moult détails sur les prix mais l'élément qui parle dans cette publicité est bien entendu la photo. Il est amusant de noter le père qui tient une fausse barbe dans la main et qui ne semble pas inquiéter sa fille qui semble encore en âge de croire au Père Noël.



Le saviez-vous? Le plus vieux tapis en existence est le tapis dit «Pazyryk», retrouvé dans une tombe de Sibérie en 1949. Dans un format presque carré de 200 x 183cm, il est estimé remonter au 5è siècle avant J.-C1.


jeudi 23 décembre 2010

En ce noël 1955 n'oubliez pas le Tuck Tape!

En ce vendredi 23 décembre 1955 on ne parle que de cet épouvantable incendie qui s'est déclaré à l'angle des rues Ste-Catherine et Bleury la veille. Le feu est si intense que plus de 225 pompiers provenant de plus de 25 casernes sont dépêchés sur les lieux. Un pompier est grièvement blessé en tombant d'un troisième étage et d'autres subissent diverses blessures pour lesquelles ils reçoivent tous les premiers soins sur place. Outre les pompiers il n’y a heureusement eu aucun blessé. Par précaution on a tout de même évacué la centaine de spectateurs qui se trouvaient au théâtre Alouette situé non loin de là.

En raison du sinistre qui a fait rage la Société de Transport cesse le service de tramways sur Ste-Catherine entre De Lorimier et Atwater ainsi que sur la rue Bleury entre les rues Ontario et Craig (actuelle rue St-Antoine). On dépêche rapidement des autobus afin d'assurer la relève non sans faire quelques détours ici et là. Aux petites heures du matin le service habituel de tramway avait repris.  

Partout ailleurs on se prépare pour les festivités du réveillon. Quelques retardataires espèrent trouver un cadeau de dernière minute mais dans la plupart des foyers les présents sont tous achetés et soigneusement emballés. Et que seraient les emballages sans le produit-vedette du jour? La marque Tuck Tape, parue dans cette publicité de 1955 était fabriqué par la compagnie Canadian Technical Tape Limited. Où se trouvait cette compagnie? Voyons voir le Lovell de 1955 un peu.


Le 3480 Jeanne-Mance ne devait être qu'un bureau administratif puisque ce secteur de la rue est relativement résidentiel. Quant au 5541 Papineau, l'adresse impaire nous indique un côté est et donne approximativement là où débouche la rue St-Grégoire. Aujourd'hui la marque Tuck Tape est toujours vendue en magasin et il se trouve encore un usine à Montréal au 455 boulevard de la Côte-Vertu et dont on peut visiter le site web ici.




Le saviez-vous? Les premiers rubans adhésifs ont été développés en 1845 par le chirurgien Horace Day. Le concept a été amélioré en 1901 par Oscar Troplowitz avec le Leukoplast pour le compte de la compagnie allemande Beiersdorf AG.

mercredi 22 décembre 2010

Non mais quel style!!


Tenez, me voilà à Noël en 1970, posant fièrement devant le sapin en aluminium chez mes grands-parents. J'ai quatre ans bien sonnés et je ne connais pas encore la chance que j'ai de ne pas avoir à aller à l'école. Pour l'instant, mon petit monde n'est peuplé que d'amusements à la journée longue avec mes jeux et jouets. Quels sont ceux que j'aurai cette année? Je ne sais pas encore mais j'ai bien hâte!

Le sapin derrière moi était un genre à la mode à cette époque. Un pieu central en bois genre manche à balai peinturé couleur argent avec plein de petits trous pour y insérer les branches. Elle sont toutes de la même longueur et l'angle des trous augmente en montant. Puis, il ne suffit que d'y accrocher les boules rouges. Ces sapins-là se vendaient alors partout pour une poignée de change et sont semble-t-il en train de revenir à la mode. Des originaux comme celui sur la photo peuvent commander des prix assez intéressants surtout si il y a encore la boîte d'origine. 

La crèche, en bas à droite, a été achetée dans les années 40 dans un commerce de la rue Ontario. Au moment où la photo a été prise je m'amusais beaucoup avec les différents personnages. et fait encore partie aujourd’hui des décorations de Noël de la famille. Par contre, avec les années elle s’est fragilisée et j’ai dû l’emmener faire un p’tit tour dans l’atelier pour la solidifier un peu. 

Quant à mon habit je l'aimais beaucoup pour son style «pseudo-moderno-futuriste» mais pas exactement pour son confort... C’était du polyester un peu rugueux qui avait une fâcheuse propension à irriter la peau. Heureusement je n’ai pas eu à le porter trop souvent.



Le saviez-vous? L’arbre de Noël en aluminium est représenté comme symbole de la commercialisation de Noël dans le dessin animé de 1965 A Charlie Brown Christmas où sa pertinence en tant que décoration appropriée est mise en doute.


Excusez-moi mon brave...


Je me suis bien bidonné à gribouiller cette petite scène amusante où un ours se fait apostropher par un avocat en «droit animalier». J’ai eu un plaisir fou à donner à l'ours une bouille qui lui donne un p'tit air sceptique mais qui semble en même temps considérer la proposition de l’avocat. Il s’agit ici de crayon à mine 2B, tout simplement.




Le saviez-vous? L’ours polaire est le plus grand prédateur terrestre, pouvant mesurer plus de onze pieds (3,3m) et peser jusqu’à 1,700 livres (771kg).

L'objet de ses rêves pour Noël 1954


Durant les années 50 tous les hommes, à très peu d’exceptions, se rasent. Le visage parfaitement glabre est à l’honneur, peut-être mis à part la moustache bien taillée. Dans le temps comme aujourd’hui y’a ceux qui préfèrent le bon vieux rasoir traditionnel accompagné de crème à barbe mais il s’en trouve aussi pour ne jurer que par le barbier du coin. D’autres sont parfaitement contents avec un rasoir électrique et c’est justement ce que propose Phillishave dans cette publicité parue en décembre 1954.

Dans la pub d'aujourd'hui je dois dire chapeau au graphiste/illustrateur qui a si bien rendu l'expression du père qui reçoit et de sa fille qui donne. Le tout étant réalisé de façon très adroite au lavis, mélange d'encre de chine (ou gouache) et d'eau dont les proportions de l'un et l'autre peuvent donner plein de tons de gris différents. Quant à Philips, ses bureaux se trouvaient, en 1954, au 8525 Décarie, un bâtiment qui existe encore mais aujourd’hui rénové et qui n'abrite évidemment plus la célèbre compagnie, laquelle vend encore aujourd'hui des rasoirs électriques. 

Et de quoi parle-t-on en décembre 1954? Ah mais ces dames vont sûrement discuter de la série télévisée Le Survenant alors que les hommes vont inlassablement causer hockey. La politique, tant municipale, provinciale que fédérale ne manquera pas non plus d'alimenter les discussion que l'on devine animées. 




Le saviez-vous? Le plus vieux salon de barbier au monde est Truefitt and Hill, sur la rue St-James à Londres. En effet, on y coupe les cheveux et y rase les barbes depuis 1805.

mardi 21 décembre 2010

Pas de p'tits bonhommes Star Wars pour Noël

Pas tout à fait le printemps de 1977. À Hollywood le cinéaste (parce qu’il a déjà été cinéaste) George Lucas est en train de mettre les touches finales au montage de son dernier opus : Star Wars. C’est un film sur lequel 20th Century Fox a beaucoup misé et si ça plante, Fox va planter aussi parce que la compagnie est sur le bord de la faillite.

Beaucoup de gens dans l'industrie du cinéma sont d’ailleurs parfaitement convaincus que Star Wars va être un flop magistral. La science-fiction au cinoche, ça ne marche pas et ça ne fait pas d’argent. Le sentiment est partagé par le fabricant de jouets Kenner, lequel a réussi à obtenir la part du lion quant à la mise en marché de produits dérivés. Comme le film ne marchera pas les jouets ne se vendront pas et ce sera alors de la pure perte. D’ailleurs, à sa sortie, seule une poignée de salles aux États-Unis, 32 pour être plus précis, projettent le film sur leurs écrans. Le problème est que Star Wars est loin d'avoir été ce feu de paille tant de fois prédit. Au contraire, ce feu est bientôt hors de contrôle et Fox n'en finit plus de faire des copies du film tellement la demande est forte. 


Star Wars devient un succès cinématographique sans précédent. Les cinémas qui décident alors de projeter le film augmentent à un rythme exponentiel et les files d’attentes ne semblent pas vouloir s’atténuer. Les gamins (dont moi) sont évidemment survoltés à l’idée de pouvoir s’amuser avec des jouets à l’effigie des différents personnages mais Kenner, qui s’est pogné le derrière à deux mains, s'est carrément fait prendre les culottes à terre et vient soudainement de réaliser qu’elle était assise sur la plus grosse franchise cinématographique et, par le fait même, des ventes astronomiques.

Arrive l’automne et toujours pas de figurines. Je me souviens avoir arpenté les allées du Miracle Mart et du Woolco dans l’espoir de, mais sans ne jamais apercevoir quoi que ce soit. Même le catalogue Distribution aux Consommateurs de Noël n’avait rien dans ses pages. Faut pas se le cacher, Kenner est dans la marde. 

Pour s'en sortir la compagnie décide d'offrir pour Noël 1977, en catastrophe bien évidemment, le Early Bird Certificate Package, essentiellement une boîte vide tout à fait ordinaire devant servir à y placer des figurines qui n'étaient pas encore sur le marché et que Kenner promettait de rendre disponible bientôt.Pendant ce temps, à l'autre bout du monde, dans une petite usine de Hong Kong, on met la pédale dans le tapis pour produire les figurines.


Le truc s'est vendu comme des p'tits pains chauds. Des dizaines de milliers d'enfants ont trouvé sous l'arbre une enveloppe aux couleurs de Star Wars qui devenait un présentoir assez inutile (puisque les figurines n'étaient pas là) et dans laquelle on retrouvait une carte de membre Star Wars sans grande valeur (dans le temps) et quelques autocollants anémiques. On y retrouvait aussi un coupon à remplir et à mettre dans la boîte aux lettres en retour duquel, plusieurs mois plus tard, les quatre premières figurines arriveraient par le courrier avec des petits bouts de plastique permettant de fixer lesdites figurines sur le présentoir. L’idée, sans être celle du siècle, n’est certainement pas mauvaise puisqu’elle permet de garder au chaud l’intérêt des enfants pour les figurines. Par contre, la déception des enfants, j’vous dis pas. combien d'entre eux ont vidé la boîte en la secouant, espérant y faire sortir ne serait-ce qu'une malheureuse petite figurine. 

Il y a de cela un certain temps on a vu apparaître sur les tablettes des reproductions de ce fameux Early Bird Certificate Package en tout point identique à l'original hormis quelques détails. Star Wars étant devenu ce qu'il est, plusieurs sont devenus nostalgiques. Certains se sont mâchés les doigts de l'avoir jeté et d'autres se sont dit que finalement ce serait cool d'en avoir une copie. On peut facilement le trouver sur Ebay à prix assez raisonnable d'ailleurs. Par contre, les originaux valent une véritable petite fortune. Même les coupons commandent des prix qui ont de quoi surprendre.




Le saviez-vous? Au lieu d’accepter le salaire de $500,000 auquel il avait droit pour réaliser Star Wars, Lucas s’est contenté de $150,000 en échange des droits sur la commercialisation et sur toute suite potentielle au film. Ces deux petites clauses, apparemment inoffensives pour Fox et qu’elle a accepté en gloussant comme un dindon, a fait de Lucas l’un des hommes les plus riches au monde.


Une véritable source de plaisir pour décembre 1954

Décembre 1954. C’est le moment où paraît cette publicité. Pour les gens habitant les campagnes et terres agricoles du Québec la fête de Noël prend toute une tournure lorsque Maurice Duplessis annonce dès le début du mois une subvention de $30 millions de dollars afin d'électrifier les régions rurales. À Montréal les gens observent les premiers pas de Jean Drapeau à la mairie de la ville alors qu'il est élu depuis le 25 octobre sous la bannière de la Ligue d'Action Civique.

Pour la publicité d'aujourd'hui nous avons la bière bien connue Red Cap brassée par Carling dont j'ai parlé dans un autre article le 13 septembre 2010.  Carling utilise ici sa mascotte, Jos Gobelet, laquelle nous affirme une fois de plus que la Red Cap est une véritable source de plaisir, slogan que la compagnie va continuer à réutiliser en 1955.

Ici la publicité ne se perd pas en menus détails. Le graphiste a fignolé ici avec un certain amusement qui se sent bien, des petites illustrations très stylisées pour le temps des fêtes. Pas envahissantes du tout elles complémentent admirablement bien l’ensemble des éléments, bien balancés sur un fond bleu clair qui laisse tout respirer afin de laisser le slogan faire son travail.



Le saviez-vous? Les graphistes de l’époque devaient savoir non seulement conceptualiser et agencer mais aussi illustrer selon les goûts et exigences des clients. La maîtrise des différentes techniques était obligatoire.

lundi 20 décembre 2010

RCA Victor pour Noël 1955


Décembre 1955. Au Québec on parle évidemment de cet épouvantable glissement de terrain qui eut lieu le 12 novembre à Nicolet et dans lequel trois personnes perdent la vie. Plusieurs bâtiments sont emportés dont la cathédrale qui est complètement détruite. Partout au Québec les gens sont attristés de cet événement et pour les gens affectés par cette catastrophe Noël sera une période assez difficile. 

Si vous êtes à Montréal, sur la rue Ste-Catherine, vous y voyez une frénésie et une activité commerciale à couper le souffle. Toutes les vitrines sont décorées de couleurs festives avec des rubans, boucles et personnages du temps des Fêtes. Les foules se pressent dans les grands magasins; Simpson’s, Eaton, Morgan's, Dupuis Frères et Ogilvie avec sa fameuse vitrine animée. On magasine beaucoup pour offrir des cadeaux mais aussi de beaux vêtements pour aller chez la parenté, pour la recevoir et bien sûr pour assister à la fameuse Messe de Minuit.

Un cadeau très dispendieux mais incroyablement apprécié est un appareil de télévision. Évidemment ce n’est pas le genre de cadeau que l’on offre à quelqu’un comme ça mais plutôt quelque chose qu’un père offre à toute la famille. Ça peut sembler étrange mais c’était comme ça à cette époque où les hommes étaient les seuls gagne-pain alors que les femmes étaient encore, dans une très large proportion, des mères au foyer.

Les téléviseurs offerts ici par RCA Victor sont bien jolis mais malheureusement pas à la portée de toutes les bourses. Alors que le salaire moyen de 1955 est d'environ $2800 par an, même le téléviseur le moins coûteux à paraître dans cette publicité, à $369, représente un mois et demi de salaire! Plusieurs commerçants offrent toutefois des facilités de paiements mensuels modestes.

La publicité ci-haut a été bien pensée et bien structurée. La couleur verte, évidemment dominante, a été retenue parce qu'elle rappelle le vert du sapin. L'ouverture dans laquelle on voit une famille typique de l'époque a été faite en forme de cadeau avec une boucle en haut. L'ensemble ne souffre pas d'inégalité et fait exactement ce qu'il doit faire: vendre le rêve de posséder un appareil RCA Victor pour 1956.



Le saviez-vous? RCA Victor est une compagnie américaine qui fut fondée en 1919 d'abord sous le nom de Radio Corporation of America. En 1929 elle se porta acquéreur de Victor Talking Machine Company. Par cet achat RCA Victor devint en même temps propriétaire majoritaire de Victor Company of Japan, mieux connue sous le nom de… JVC. 

dimanche 19 décembre 2010

duplicis

Détail de l'église St-James United sur la rue Ste-Catherine entre City Councillors et Saint-Alexandre. Construite en 1887-88 selon les plans d’Alexander Dunlop, on a ici affaire à un très bel exemple d’architecture néo-gothique, un style parvenu à maturité vers le milieu du 19è siècle et qui met à l’honneur les formes ogivales et verticales issues, bien entendu, du moyen-âge gothique.

En 1926 la congrégation a décidé de faire construire, devant l’église même, des bâtiments à vocation commerciale, assurant ainsi un certain revenu. C’était quelque chose de, hum hum, temporaire. Plusieurs se souviennent de l’entrée de l’église, fichée entre deux commerces dans une sorte de portique un peu sombre au-dessus duquel se trouvait une enseigne au néon affichant le nom de l’église. Ce n’est qu’en 2006 que l’on a décidé de démolir les espaces commerciaux et de retaper la devanture de l’église.



Le saviez-vous? L’architecte Alexander Francis Dunlop a connu une brillante carrière avec la construction, entre autres, de plusieurs bâtiments commerciaux et résidentiels de prestige dans le Golden Square Mile, mais c’est avec l’église St-James United que sa carrière a pris son véritable essor.

Ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle!

Lorsque j’étais gamin, bien peu de choses me rendaient aussi bachi-bouzouk que le moment où l'on sortait tout l’attirail pour monter le sapin de Noël. Lorsque j'avais trois ou quatre ans nous avions un sapin en aluminium avec pour seules décorations des boules rouges. Puis on a troqué pour un gros sapin vert de six pieds et demi en plastique. Avec celui-là c'était plus intéressant en raison de toutes les décorations qu'on pouvait y mettre. On s'installait dans le salon et on montait toute la patente en écoutant des disques de Noël. Et parlant de disques, justement, notre collection de disques en ce sens était, disons... hétéroclite (au mieux) et je n’ai toujours aucune espèce d’idée de ce qui a pu motiver mes parents à acheter certains d’entre eux. 

Parmi ces disques quelque peu bizarroïdes il y a celui que je vous présente aujourd'hui et qui date de 1969. En fait, il n'est pas vraiment étrange de par les chansons car la liste des interprètes est tout de même impressionnante, mais plutôt pour sa pochette, intérieure et extérieure et que je vous présente sans plus tarder.


Noël c’est une période de joie et de réjouissances, pas vrai? Alors si l’on décide de mettre sur le marché un disque de Noël j’imagine que l’on tente d’accorder la pochette en genre et en nombre avec ce que Noël représente, non? Ici je ne sais pas ce qui s’est passé au département de la conception. Ou bedon on a voulu faire les andouilles ou bien on ne s’est pas forcé le cul une seule miette (possiblement les deux).

En 1969 c'était encore l'époque où les concepteurs y allaient bon train avec les filles sexy sur les pochettes. Ça attirait l’œil et ça faisait probablement aussi vendre, peu importe le sujet. De la trompette mexicaine? Une jolie fille. De l'orgue Hammond? Une jolie fille. Une sélection instrumentale de chansons bavaroises? Hop! Une jolie fille. Heureusement que les temps ont changé. Pour le disque dont je vous parle aujourd'hui on ne fait pas exception et la pochette est ce que l’on appelle en anglais un «textbook example». Le modèle, même si elle est jolie, ne semble pas plus enchantée qu'il faut d'être là. Je vous rappelle que le pochette est l'élément que l'on voit Le sapin parfaitement moche n’aide pas à enjoliver la composition non plus mais bon. Peut-être aussi est-ce à cause du fait qu'on ait décidé de ne lui faire porter qu'une simple chemisette qui la fait paraître à moitié nue plutôt qu'une belle robe de circonstance? Elle ne porte pas de soutien-gorge pour sûr et la présence (ou l'absence, c'est selon) de petites culottes laisse à l’interprétation. Chose certaine elle n'est pas arrangée pour recevoir la visite. Voyons voir un peu l'intérieur... 



Ah, voilà une photo un peu plus "festive" mais qui, pour une raison que j'ignore, a été imprimée en noir et blanc. L'absence de couleur est assez discutable mais au moins la fille semble avoir un peu plus de plaisir à monter son sapin, toujours aussi moche, mais je me demande toutefois pourquoi est-elle attriquée de cette façon. Et le derrière de la pochette?

Ce disque double, je tiens à vous le préciser, a été produit en France or on se serait attendu, à tout le moins, à ce qu'il n’y est pas de faute d'orthographe dans un texte aussi court et simple que celui-ci... Le correcteur d'épreuves s'est probablement retrouvé au bureau de chômage après que ce disque se soit retrouvé en magasins. C'est ici un exemple probant de paresse de design et pour les mêmes moyens on aurait pu concevoir quelque chose de beaucoup plus intéressant et de beaucoup plus accrocheur. 



Le saviez-vous? Dans les années 60 les sapins de Noël en aluminium, qui étaient disponibles dans tous les magasins et vendus pour presque rien, ont connu une très grande popularité pour ensuite disparaître du paysage. Aujourd’hui fort prisés des collectionneurs, ces sapins peuvent valoir une véritable petite fortune.



vendredi 17 décembre 2010

Directement du catalogue Woolworth 1968: les p'tits gars



Page tirée du catalogue de Noël Woolworth 1968 et cette fois avec la section des p’tits gars. Y’a tout ce qu’il faut ici; des camions, des tracteurs, des voitures de course... Faut cependant noter que les Tonka que l'on aperçoit dans la photo n'ont à peu près rien à voir avec les Tonka d'aujourd'hui sinon que le nom. Aujourd'hui ils sont tous fait en plastique qui casse rien qu'à les regarder. Lorsque j'étais gamin on pouvait les laisser tomber directement du deuxième et risquer de voir l'asphalte craquer en-dessous. Rien de plus hilarant que de voir nos mères qui nous disaient de faire attention à nos Tonka. On se regardait et on riait comme des fous parce que nous on savait bien; les Tonkas, ils étaient parfaitement indestructibles!

Bien que j'ai eu le camion-benne en 1970 (ou en 71) j'ai aussi eu ce petit camion-tracteur, offert par mon grand-oncle. Il s'agit d'un modèle plus petit mais que j'aimais tellement que je lui ai fait triplement attention, d'où son apparence quasi neuve.






Le saviez-vous? Le nom «Tonka» (et sa variante «tanka») est tirée de la langue des Dakoyta-Sioux qui veut dire «grand» ou «gros».

Soyez patient, on s'occupe de vous bientôt!


Cliquer pour agrandir

mardi 14 décembre 2010

Paléontologie urbaine

Vous allez certainement me dire que je me suis trompé en écrivant le titre de cet article! L’archéologie passe encore, mais la paléontologie n’est-elle pas l’étude des espèce animales préhistoriques? Si. Et je peux vous affirmer que mon titre ne comporte aucune faute. Je peux presque voir les points d’interrogation apparaître au-dessus de vos têtes et pourtant, dans cet article, je vais joindre paléontologie et architecture du début du siècle.

Si le béton armé avait commençé à faire son apparition vers 1915, la pierre demeura la matière de choix pour la construction pour quiquonque en avait les moyens, qu’elle vienne d’ailleurs (grès rouge d’Ecosse, marbre du Vermont) ou qu’elle soit issue d’une carrière locale (granit, grès, pierre grise ou calcaire). Maintenant, si vous avez déjà eu le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de creuser le sol à Montréal ou en banlieue, vous avez très certainement remarqué qu’une des premières matières rencontrées est… la glaise.

C’est qu’il y a environ 10 000 ans, l’est du pays était recouvert par la Mer de Champlain. Une ancienne mer aujourd’hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la Ville de Québec à l’Isle-aux-Allumettes et jusqu’à Kingston en Ontario. Aujourd’hui, cet espace est occupé par la vallée du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Par définition, Montréal se trouvait donc au fond de cette mer. Et qui dit fond de la mer dit faune marine. Avec un peu de chance, cette faune risque de gagner à la loto-fossile. La chance inouïe de se voir incrusté dans la pierre et préservé pour des milliers voire des millions d’années.

Fond de mer, faune marine, fossilisation, excavation de pierre dans les carrières… Vous me suivez?

C’est donc tout à fait pas hasard que j’ai découvert un immeuble dont les pierres regorgent de ces vieux fossiles marins. Le bâtiment en question est le complexe d’appartements Le Château, construit en 1924-26. Je prenais des photos de ce superbe édifice lorsque, en longeant la rue de La Montagne, mon regard fut attiré par d’étranges variations géologiques dans la pierre. En y regardant de plus près je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait en fait de fossiles marins que je ne peux dater, un diplôme en paléontologie manquant à mon CV. Il faut avouer tout de même qu’il s’agit de quelque chose d’absolument fascinant.

Pour les admirer, rendez vous au 1321 Sherbrooke ouest et longez la rue de La Montagne vers le nord, vous les appercevrez très facilement.








Le saviez-vous? À l’époque de la mer de Champlain seules les sommets des collines montérégiennes sortaient de l’eau et ne formaient alors que de petits ilots. On retrouvait dans cette mer non seulement des coquillages mais aussi des phoques, des morses et des bélugas.