dimanche 30 octobre 2011

Spécial Halloween: Accessoires

L'Halloween est non seulement à nos portes mais est présentement en train de prendre le bord de la porte un peu partout, gracieuseté des bébelles de Noël qui commençent à nous innonder d'un peu partout. Et ce n'est que dans deux mois! Quand j'étais gamin on ne voyait jamais les affaires de Noël avant que l'Halloween soit au moins passé.

Avant de partir se promener dans les rues avec nos citrouilles en plastique on s'assurait que notre costume soit complet. Évidemment si on mettait un ensemble Ben Cooper on n'avait pas grand chose à faire. Encore moins s'il faisait assez froid et qu'il fallait mettre notre manteau par-dessus le costume où dans ce cas-là valait mieux juste mettre le masque, comme c'est arrivé à un ami dans les années 70 qui a passé l'Halloween avec sa tuque des Expos par-dessusson masque...

Avec un peu de chance il faisait pas trop froid et il arrivait souvent à la dernière minute qu'il manque un petit quelque chose. Un détail. Un machin-truc. Heureusement, de ça, y'en avait tout plein dans les magasin, même le jour de l'Halloween. Comme ceux-ci, par exemple:





















mardi 25 octobre 2011

lapis


Édifice de la SunLife pris par une fin de journée d'été. Ici, l'utilisation d'une lentille 50mm réduit considérablement la distortion optique des lignes verticales, chose qu'on remarque souvent avec les lentilles zoom.

Spécial Halloween: House of Haunts

Il y a environ trente ans on a décidé comme ça d'aller en famille se taper une escapade en Ontario afin d'aller voir les fameuses chutes du Niagara et la tour du CN à Toronto. En chemin il y a tout ce chapelet de petites villes et villages, certains plus pittoresques que d'autres. Un de ceux-là était Gannanoque.

Vous connaissez Gananoque? 

C'est une petite ville qui borde la rive nord du St-Laurent, un peu à l'est de Kingston. Nous y sommes arrivés après un nuit passée dans un motel où j'avais essayé pour la première fois ces fameux lits vibrants. Le machin-truc promettait de la relaxation. J'ai été quitte pour un hoquet.


A Gannanoque il y avait une marina où l'on pouvait s'embarquer sur un bateau pour faire un tour sur les Mille-îles avec un arrêt en bonus au chateau Boldt,de l'autre côté des lignes, dans l'État de New York. J'y ai ramené en souvenir un dépliant et une boîte de binnes sauteuses.
Mais ce qui a davantage attiré mon attention à Gananoque c'était davantage cet étrange bâtiment situé sur Water street et qui portait le nom assez évocateur de House of Haunts. Il s'agissait là d'une maison hantée du type que l'on visite à pied. Pas besoin de dire que je me suis pas fait prier. 

On entrait dans cette maison hantée par la porte de devant que l'on voit sur la photo. Tout de suite en entrant il y avait la billetterie à gauche. Puis, on commençait la visite par la droite. Des lumières rouges nous indiquaient quand passer d'une pièce à l'autre. Je dois avouer que c'était quand même assez bien fichu comme maison hantée. Pour certaines mises en scène c'étaient des mannequins semi-animatroniques mais à certains autres endroits il y avait des gens costumés. Le décor était assez typique; victorien avec des touches de violet et de noir. Beaucoup de noir. L'éclairage était juste à point. Le parcours nous faisait monter au deuxième puis on descendait un escalier qui nous menait à la sortie, laquelle aboutissait dans la boutique que l'on voit à droite sur la photo. 

Aujourd'hui House of Haunts n'existe plus et pour être parfaitement honnête je n'ai absolument aucune idée quand ils ont fermé cette attraction. Ça m'a un peu déçu par que j'y serais bien retourné moi dans cette maison hantée. Le bâtiment a été complètement rénové et reconverti en centre maritime (je crois). La boutique souvenir par contre est toujours là et semble toujours faire des bonnes affaires.


dimanche 23 octobre 2011

Spécial Halloween: les costumes Ben Cooper

Le concept de masque/costume pour les enfants est toujours populaire durant l'Halloween et on peut généralement se les procurer à bon prix dans les grands magasins. Pour la plupart ce sont des ensembles fabriqués en Chine sous différents noms mais quand j'étais gamin un nom était synonyme de ces costumes: Ben Cooper. 

Ben Cooper c'est un type qui travaillait avant dans la création et la confection de costumes de théatre. La crise économique a fait que le théatre était de moins en moins fréquenté et par conséquent ça signifiait moins de costumes à fabriquer donc, moins d'argent pour payer le pain et le beurre. Fort heureusement y'avait l'Halloween qui devenait de plus en plus populaire. Alors c'est comme ça qu'il a fondé sa compagnie en 1937.

L'idée était simple; fabriquer des masques en plastique et des costumes en vinyle au plus bas coût possible et ainsi les rendre accessibles à tous. Durant les années 40 et 50 une boîte contenant masque et costume se vendait en moyenne $1.25, soit quelque chose comme $12 ou $13 aujourd'hui. Évidemment fallait pas s'attendre à de la grande qualité et des masques élaborés. Ces masques étaient assez grossièrement peinturés à la vas-vite. La mention «ventilated» ne faisait pas référence à quelque chose de savant, ça ne voulait dire rien d'autre que le masque avait une ouverture à la place de la bouche permettant de respirer. 

J'ai porté quelques uns de ces costumes dont un d'astronaute, en 72 ou 73 je crois. Le masque tenait avec une ficelle élastique et tenue avec deux agrafes. Ça cassait souvent si on tirait trop fort sur le masque. Aussi, le plastique avait tendance à fendre à plusieurs endroits. C'était bien fragile. Quand à la ventilation ça ne prenait pas de temps que l'intérieur du masque était couvert de sueur et pour certains il arrivait que les trous n'arrivaient pas exactement à la place des yeux.

Malheureusement Ben Cooper a fait faillite en 1992 et les ensembles de cette compagnie sont aujourd'hui des items de collection.  Ceux qui sont encore en boîte et qui n'ont pratiquement jamais été utilisés sont les plus recherchés, certains valant plus d'une centaine de dollars, tout dépendant du modèle, de la condition et de la rareté. 












Dernière phrase; corriger pour: Et pour finir, un costume tout à fait identique à celui que j'ai porté au début des années 70:

vendredi 21 octobre 2011

D'hier à aujourd'hui: le poste de pompiers des usines Angus


Le poste de pompiers est probablement l'un des bâtiments les plus emblématiques des usines Angus, non seulement parce qu'il se trouvait directement à l'entrée mais aussi à cause de sa tour sur laquelle était inscrit en brique blanche «Angus Shops». On ne voit aujourd'hui que «Angus» car «shops» a été subtilement biffé comme pour effacer l'anglicisme. 

Les plans de l'usine ont été conçus au début du siècle par Henry Goldmark et la construction s'est échelonnée de 1902 à 1904. A cette époque le poste de pompiers de la ville de Montréal était assez loin et si un incendie se déclarait, par le temps que les pompiers arrivent il n'aurait plus resté grand chose à éteindre. Pour le Canadien Pacifique il n'était pas question de prendre de chances et c'est pour cette raison que l'inclusion d'un poste de pompier à l'angle de Nolan (aujourd'hui Rachel) et Midway était incontournable. 

Sur la photo du haut on aperçoit la brigade, prête à intervenir. On disposait alors d'équipements de pointe dont des véhicules permettant de joindre rapidement n'importe quel partie des usines. Fait à noter, les pompiers d'Angus n'étaient pas affiliés au service des incendies de Montréal puisqu'ils étaient tous des employés du Canadien Pacifique. Le bâtiment logeait aussi le poste de police. La fameuse tour quant à elle servait, comme toutes les tours de postes de pompiers, à y suspendre les boyaux afin de les faire sècher.

Le bâtiment abrite aujourd'hui une succusale de la Société des Alcools et n'a architecturalement subi que de très légères modifications, comme on peut le voir sur la photo du bas. On a choisi de mettre en place des fausses portes qui donnent parfaitement l'illusion qu'il s'agit de vraies portes et pour peu que l'on pourrait les imaginer s'ouvrir pour laisser sortir des véhicules d'urgence d'époque. L'entrée à gauche a été remplie avec de la brique et malgré toute la bonne volonté du monde il aurait été difficile de la masquer complètement. Pour celà, il aurait fallu trouver la même brique que celle utilisée durant la construction, au début du vingtième siècle. L'effort global de conservation est à mon sens très appréciable et il est très agréable de constater encore aujourd'hui la présence de ce témoin de notre passé.

mardi 18 octobre 2011

Spécial Halloween: V-Vampires!!!

Wally Wood est très certainement l'un de mes bédéistes favoris. J'ai toujours admiré la façon dont il pouvait habilement remplir chaque case de ses bandes dessinées avec autant de détails, d'autant plus qu'il faisait le travail tout seul, sans assistant. Son habilité à manier crayon, plume, pinceau qu'il fait partie en ce qui me concerne des plus grands bédéistes à avoir existé. Le gars s'est tellement défoncé dans ses bédés qu'à la fin de sa vie il a dit que si c'était à refaire il se se serait tranché les deux mains.








lundi 17 octobre 2011

hominis


Haute de 67 pieds et entièrement faite de nickel, la sculpture «L'Homme» d'Alexander Calder était une commandite d'INCO (International Nickel Company) pour Expo 67. L'immense pièce se trouvait originalement du côté sud de l'île Sainte-Hélène près du pavillon de la Scandinavie et fut déménagée lors du grand réaménagement il y a plusieurs années. Chose intéressante il se trouvait sous la sculpture un espace que les gens pouvaient visiter. Bien après la démolition des vestiges de l'Expo cet espace était toujours là mais évidemment abandonné et «regagné» par la nature, et quelques animaux. Il a été complètement remblayé depuis.

dimanche 16 octobre 2011

D'hier à aujourd'hui: l'entrée des usines Angus


C'est un peu difficile d'évaluer quand la photo du haut a été prise. Les voitures stationnées sur le midway donnent quelques indications. Le photographe Nicolas Morand a toutefois fait un très grand nombre de photos de la vie à Angus dont plusieurs vers la fin de la seconde guerre. Ça pourrait être une possibilité mais je n'en suis pas tout à fait certain. 

On y voit toutefois le midway, nom donné à la voie qui séparait l'usine en deux (d'où le nom). Immédiatement à gauche on voit, derrière la pallissade le poste de pompiers, puis derrière la gigantesque locoshop. De l'autre côté du midway on apperçoit ce que les ouvriers appelaient «l'office», qui n'étaient autres que les bureaux administratifs de l'usine. Derrière s'étend tout le reste des installations.

J'ai pris la photo du bas en 2004. Comme on peut le voir le petit poste de pompiers est devenu une succusale de la Société des Alcools. La locoshop a été scindée en trois parties et celle que l'on voit a été convertie en marché d'alimentation Loblaws dont l'intérieur contient encore de magnifiques artéfacts dont une gigantesque grue. Les bureaux administratifs sont occupés aujourd'hui par différents organismes, le Canadien Pacifique ayant vendu tout le site et les édifices. La rue Midway tient directement son nom de son appelation d'époque.

samedi 15 octobre 2011

Spécial Halloween: la maison hantée du Parc Belmont

Les maisons hantées, et je parle ici du type "attraction", sont des choses bien simples; ce sont des bâtiments commerciaux qu'on bourre de trucs d'épouvante avec des jeux de lumières et d'effets sonores. On fignole un circuit que les gens visitent et on s'arrange pour qu'ils fassentdans leurs culottes tout le long du trajet.

Comment? C'est très simple.

D'abord, faut comprendre que les bruits jouent un gros rôle. Quand les gens embarquent dans le charriot, souvent appelé «doombuggy», celui-ci se met en route et entre dans la maison hantée en défonçant les portes métalliques avec un gros «bang». Le ton est donné. Ensuite y'a les mises en scène. Des fois c'est un donjon, un laboratoire de scientifique fou, une salle de torture ou encore un cimtière. On peuple tout ça de catins rudimentaires, parfois animatroniques et coifées de masques en caoutchouc. Quand on passe la scène s'éclaire avec un jeu de lumières lugubres accompagné d'une séries d'effets sonores stridents. A d'autres moments il s'agit tout simplement d'un mannequin qui surgit du noir comme ça ou ensimulant la structure du parcours qui s'effondre (quoiqu'on peut avoir le même effet en se promenant sur les routes du Québec).

Y'a un autre type de maison hantée toutefois. C'est celui où l'on fait le parcours mais à pied. Là, c'est un petit peu différent mais souvent plus efficace, tout sépendant, bien entendu, de la qualité de conception. Ça va de soi. Y'a des soit disantes maisons hantées qui ne feraient même pas peur à un chiot alors que d'autres sont si efficaces que votre squelette sort de votre corps et se sauve en courant. Dans ce type de maisons hantées les mises en scène sont bien souvent plus élaborées parce que les gens, étant à pied, les regardent plus longtemps. Et bien souvent aussi les scènes sont animées non pas par des catins mécaniques mais bien par des employés déguisés. Ça fait son effet. Parfois pas. Tout dépendant de la qualité du jeu.

On peut pas dire qu'à Montréal on a été gâté avec les maisons hantées. Les plus vieux se souviennent probablement de celle du parc Belmont. Au tout début c'était une attraction dans laquelle on marchait et puis on a ensuite transformé ça en parcours que l'on faisait dans un «doombuggy». La promenade hantée était assez caractéristique; le véhicule dans lequel on prenait place fonçait dans les portes métalliques avec un «bang» retentissant et puis on était projeté dans le noir, le «doombuggy» empruntant des directions qu'on pouvait pas anticiper. Ici et là des squelettes et autres bibittes nous sautaient dans le visage et avec les sons ça faisait toujours son effet. Peut-être la chose la plus efficace, que le Moulin de la sorcière de La Ronde n'avait pas, était vers la fin où des bandelettes de je-ne-sais-quoi pendaient du plafond et venaient nous «caresser» le visage. Dans le noir personne ne savait pas ce que c'était alors ça criait.

Dommage que je n'aie pas de photos de cette maison hantée...

La photo du haut c'est le Parc Belmont, prise voilà très longtemps avec, encerclé en jaune, l'endroit approximatif (selon ma mémoire de p'tit proutte) de la maison hantée, mais je peux me tromper. En-bas on voit l'ancien site du parc Belmont, redéveloppé aujourd'hui en secteur résidentiel et l'espace vert en bordure de la Rivière des Prairies a été nommé parc Belmont.


jeudi 13 octobre 2011

compositio


Il s'agit ici d'une photo prise lors d'une promenade nature. Ce qui a attiré mon attention lorsque j'ai regardé vers le haut a été la composition fractale comprenant les branches d'arbres et les nuages.

Spécial Halloween: Frankenstein


Frankenstein est certainement un de mes monstres favoris et ce, depuis que je suis p'tit bonhomme. Ah, Frankenstein. Juste le nom est suffisant pour que ça évoque immédiatement l'image du fameux monstre à la tête plate, à la peau verte et aux électrodes dans le cou. Frankenstein c'est cet espèce d'ogre, souvent à la peau verte avec des plaies sanguignlantes, les bras tendus vers l'avant avec un faciès de bulldog et qui avance comme un pataud avec ce désir insatiable d'arracher des têtes. Enfin, c'est comme ça qu'il est souvent représenté dans la culture populaire.

Mais vous savez ce qui est marrant là-dedans? C'est que cette version populaire qu'on voit partout tout spécialement dans ce temps de l'Halloween, est essentiellement dûe à:


Faites la connaissance de Mary Shelley, une charmante dame qui est née en 1797 en Angleterre. En 1816 elle épouse Percy Shelley et durant l'été le couple part en voyage dans le coin de Genève avec Lord Byron, le jeune médecin John William Polidori et Claire Clairmont. Une fois là-bas ils louent la Villa Diodati, charmant manoir pas très loin d'un lac.

L'été de 1816 dans ce coin-là s'avère finalement assez pourri. Il pleut presque tout le temps alors tout le monde doit rester à l'intérieur. Pas d'internet dans ce temps-là alors tout le monde reste en dedans et jase autour d'un feu de foyer. On jase de ceci, de celà. Puis la discussion en vient à tourner autour du galvanisme. Vous connaissez ce truc?

Attachez votre tuque.

Vous avez peut-être déjà fait une expérience étrange dans un cours de biologie au secondaire. Vous savez, faire passer un faible courant électrique dans des cuisses de grenouille? Cette expérience là.

Réanimation des muscles par simple saupoudrage de sel.

Le galvanisme venait du scientifique Luigi Galvani qui avait pas mal expérimenté sur la réanimation de muscles par courant électrique. On parle aussi des expériences un peu plus lugubres celles-là (si c'était possible) de Giovanni Aldini, neveu de Galvani, qui lui faisait à peu près la même chose mais sur des cadavres humains, dont celui du criminel George Forster. Il en a d'ailleurs fait une démonstration publique, appliquant du courant électrique à différents endroits du corps, lequel s'est mis à grouiller un peu comme les cuisses de grenouilles plus haut. Certains avaient pensé que Forster était revenu à la vie. Un type en voyant ce spectacle en est même mort de frayeur. Bien sûr le cadavre n'était pas revenu à la vie. Soyons sérieux quand même.

Mais on ne parle pas que de ça. On prend plaisir à se lire des histoires de fantômes. Lord Byron propose alors que chacun écrive une histoire surnaturelle afin de voir laquelle sera la plus épeurante.

Et c'est là que Mary Shelley, inspirée par le galvanisme, pond la structure de ce qui va devenir son roman Frankenstein: or, the Modern Prometheus et dont les éléments de base lui sont apparus dans un rêve qu'elle a fait. Dans son roman on peut lire l'histoire de Victor Frankenstein qui parvient à donner la vie à une créature qu'il a assemblé.

Une page du manuscrit de Frankenstein.

Le roman, malgré des critiques défavorables, a connu un très bon succès. On a vu une traduction française dès 1821 et Richard Brinsley Peake en a même fait une adaptation théatrale en 1823.

Mais vous savez qui en a fait le premier film? 


Les studios Edison, en 1910. C'est un film muet, évidemment et on met davantage l'emphase sur l'aspect mythique et psychologique du récit de Shelley. C'est tout de même amusant de voir le monstre, interprèté par Charles Stanton Ogle, maquillé à la façon kabuki et coiffé d'une grosse perruque ébouriffée. Une représentation à des années-lumières de l'image classique que j'ai décrit un peu plus haut.

Ben justement, elle vient d'où cette foutue représentation classique?

J'y arrive.

En 1931 les studios Universal ont eu cette idée de tourner un film sur Frankenstein. Aussi, on avait choisi d'adapter le scénario du film sur une pièce de Peggy Webling qui l'avait elle-même basée sur le roman de Mary shelley. Alors forcément il y avait des différences tout plein.

D'abord y'a le monstre lui-même. Dans le roman Shelley ne décrit pas de façon exhaustive comment la créature est créée alors que dans le film c'est beaucoup plus exhaustif. Et puis dans le film Henry Frankenstein (Victor dans le roman) assemble le monstre à partir de morceaux de cadavres fraîchement exhumés.

Qui plus est, le monstre, une fois «vivant» ne sait absolument pas parler alors que dans le roman il est très volubile puisqu'il a appris en lisant Le paradis perdu de Milton et autres classiques du genre. Faut dire que dans le film, Frankenstein installe le cerveau d'un criminel dans la tête du monstre au lieu d'un cerveau «normal», quelque chose qui n'apparaît pas mais pas pantoute dans le roman... Ce cerveau défectueux, dans le film, est d'ailleurs ce qui fait que le monstre devient un tantinet agressif alors que dans le roman le monstre bardasse parce qu'il est négligé, subit des mauvais traitements et aussi parce qu'il est laid comme un péteux de babouin.

«Vous avez dit 30 minutes ou c'est gratuit. Vous êtes en retaaaard!»
 
Dans le film le monstre a la peau blanchâtre, une tête plate, des électrodes dans le cou et se trouve à être de grandeur à peu près normale. Dans le roman le monstre a une peau jaunâtre presque translucide, a la tête ronde avec plein de cheveux, pas d'électrodes et mesure quelque chose comme huit pieds. Ah oui, et y'a pas d'assistant bossu du nom d'Igor dans le roman. Victor Frankenstein travaille tout seul en reclus.

«Mon dos me fait mourir. Ça devait être le dos d'un déménageur...»


 «Docteur, vous êtes un gouffre à sottises macabres de très mauvais goût!»
Mary Shelley termine son roman alors que Victor Frankenstein meurt pendant qu'il est en route pour l'arctique. Le monstre le trouve mort et décide alors d'aller se suicider au Pôle Nord mais rien n'indique qu'il le fait réellement. Dans le film le monstre s'en va dans un moulin pendant les villageois l'assiègent avec des fourches et des torches. Ils mettent le feu au moulin et tout le monde est certain que le monstre s'est fait rôtir d'aplomb mais il a survécu.

Ce qui est tout de même intéressant avec le film c'est qu'on avait d'abord considéré Bela Lugosi pour le rôle du monstre mais on s'est ravisé à la suite de plusieurs essais de maquillage absolument désastreux. Lugosi a aussi finalement dit que le rôle du monstre était trop simpliste parqu'il ne parlait pas.

C'est finalement l'acteur anglais William Henry Pratt qui a hérité du fameux rôle. Le réalisateur James Whale avait apperçu Pratt dans les bureaux de Universal et lui tendit une note lui offrant le rôle. Pratt raconta par la suite en riant, qu'il fut offusqué par cette offre de jouer un monstre ce jour-là puisqu'il portait alors son plus bel habit et était passablement convaincu qu'il était particulièrement élégant.

 Le gentleman parfait pour jouer un monstre hideux: William Henry Pratt.

Je vous vois équarquiller les yeux. Pluche, t'es dans les patates mon vieux. Comment peux-tu écrire une taponnerie du genre??? Voyons, tout le monde sait que c'est Boris Karloff qui a personnifié le monstre!

C'est que voyez-vous, Boris Karloff était le nom de scène que s'était donné William Henry Pratt. Selon certaines sources il avait changé son nom parce qu'il ne voulait pas embarasser sa famille en devenant acteur.

Karloff dans la chaise. Pierce est à sa droite.
 
Le maquillage est presque terminé après quatre heures.

Karloff se fait remaquiller pour «Bride of Frankenstein», la suite du premier film.

Avouez que pour 1931...

 «Son of Frankestein», la dernière fois où Karloff a interprèté le rôle du monstre.

Karloff, tel qu'il apparaissait dans «Son of Frankenstein» une fois le maquillage terminé.

L'apparence du monstre est, selon la croyance populaire, entièrement dû à Jack Pierce, maquilleur en chef aux studios Universal dans le temps. Ailleurs on prétend que Pierce s'est basé sur des croquis de James Whale, le réalisateur du film. Quoiqu'il en soit, le look est rapidement devenu le look classique sur lequel sont basés à peu près toutes les représentations du monstre que l'on voit aujourd'hui. Pour 1931 toutefois on peut certainement s'accorder pour dire que la maquillage que Pierce a fait pour Karloff est absolument phénoménal. Pierce est aussi celui qui a conçu les maquillage de la momie Imhotep (également joué par Karloff) ainsi que le loup-garou (interprèté par Lon Chaney Jr).

«Cher ami, que diriez-vous d'une discussion sur la sémantique des logiques modales normales simples?"


Vous avez remarqué que dans tout l'article je n'ai jamais référé au monstre comme étant Frankenstein. Tout simplement parce que c'est une méconception populaire. Frankenstein est le nom du créateur, Victor (Henry dans le film). Nulle part dans le livre ou dans le film ne fait-on référence au monstre comme étant Frankenstein mais la culture populaire lui a étiquetté le nom.

A mon sens, la meilleure représentation du Monstre est celle de John Buscema, dérivée d'un concept de Mike Ploog pour la version comic de Frankenstein chez Marvel dans les années 70. Dans cette version le Monstre mesure réellement huit pieds, se trouve à être très intelligent et très articulé. La physionomie n'a aussi rien à voir avec la version de Universal. Ici, le Monstre a la tête ronde et de longs cheveux. En somme, c'est une représentation très fidèle de la conception de Mary Shelley.

Le saviez-vous?
  • Les chaussures plate-forme que Karloff portait pesaient 13 livres (5 kg) chacunes.
  • Le look de Frankenstein, conçu par Jack Pierce est protégé par un copyright détenu par Universal et valide jusqu'en 2026.
  • On raconte qu'un jour, durant le tournage, Karloff sortit du studio pour prendre un peu d'air et se rafraîchir lorsqu'il tomba nez-à-nez avec une secrétaire de Universal qui, en le voyant, perdit carrément connaissance. On a alors tapé un mémo demandant à l'acteur de manger seul et de pas se promener maquillé à moins d'avoir la tête recouverte. La nouvelle avait vraisemblablement été «échappée» dans les journeaux. Evidemment ça semble davantage être un petit coup de publicité. Faut dire qu'il y avait beaucoup de spéculation sur ce que le monstre aurait l'air et plein d'histoires ridicules quand à l'excessivité du maquillage circulaient.         
     Un Karloff cagoulé est amené par Jack Pierce.
    • Marylin Harris qui jouait la petite fille que le monstre noie accidentellement, n'a jamais eu peur de Karloff pendant qu'il était en costume. Au contraire, quand elle le vit arriver pour tourner la scène elle s'en alla en courant vers lui et lui prit la main tout en lui demandant s'il voulait voir le lieu du tournage. Tel un gentleman il lui répondit que oui avec toute la classe qu'on lui connaissait. Et elle l'y mena.
    • Pour donner une apparence plus convaincante au monstre, Karloff retira un pont dentaire qu'il avait à droite. L'absence du pont créa ce trou si caractéristique dans la joue (voir la photo précédente).
    • Durant la période classique de Universal, le monstre fut joué par quatre acteurs différents. Dans Frankenstein et Bride of Frankenstein c'est Boris Karloff (à mon sens le meilleur). Dans Ghost of Frankenstein (1942) c'est Lon Chaney Jr. qui emprunte les traits de la créature. En 1943, dans Frankenstein Meets the Wolfman, le monstre est interprèté par... Bela Lugosi, fameux pour son Dracula et Lon Chaney Jr. se voit confier le rôle du loup-garou. Dans House of Frankenstein (1944) c'est Glenn Strange qui endosse le costume alors que Karloff tient le rôle du docteur Niemann. Strange reprend le rôle pour House of Frankenstein (1945).    
    Karloff en professeur Niemann et Strange dans le costume du monstre.
     
     Un p'tit tour de magie numérique pour s'amuser où Karloff tient les deux rôles.

    Il y eut une suite en 1935, Bride of Frankenstein qui reprend d'une certaine façon une partie du roman original de Shelley où le monstre exige de Frankenstein qu'il lui fabrique une compagne. Dans le livre Frankenstein s'exécute mais décide de tuer sa deuxième création et le monstre saunte une coche. Dans ce film c'est un peu différent. Aussi on a choisi la magnifique Elsa Lanchester pour jouer non seulement le rôle de la «fiancée» mais aussi celui de Mary Shelley qui relate son séjour à Genève.

    Coquette, Elsa retouche elle-même son maquillage avant une scène.

    Le «fiancé».

    «Vous marinez chez vos harengs?»








     Très rare photo d'Elsa Lanchester prenant un thé entre deux scènes.

    En terminant, voici un petit clip en couleurs ma foi fort amusant qui fut tourné pendant Son of Frankenstein durant lequel Karloff fait quelque peu le bouffon et s'amuse à faire semblant d'étouffer Jack Pierce, le maquilleur légendaire.