mardi 25 décembre 2012

Un joyeux Noël à vous tous


Peu importe qui vous soyez ou d'où vous me lisez, je vous souhaite à tous et chacun de passer une belle journée de Noël. Prenez le temps de bien vous reposer, d'avoir une pensée pour ceux et celles qui nous ont quitté mais surtout d'apprécier aussi ceux qui nous entourent car ils sont bien plus précieux que tout présent acheté en magasin. Comme disait Calvin, les meilleurs cadeaux sont ceux qu'on ne développe pas.

Joyeux Noël à tous!

dimanche 23 décembre 2012

Cadeau de Noëls passés

Vous avez passé une belle fin du monde? Elle était jolie, hein? J'ai même pu personnellement assister à chacune des représentations, c'est tout dire. Bon, trève de plaisanteries. Noël est là, à nos portes. Surtout à celles des magasins où se pressent encore quantité de gens qui ne savent pas quoi acheter d'inutile pour [insérer des personnes ici] et qui pourrait bien se retourner facilement au comptoir des retours mercredi. 

On rigole, mais combien de gens ne gardent effectivement pas les cadeaux qu'ils reçoivent? Combien se retrouvent dans un fond de tiroir ou de garde-robe pour ne jamais servir. Plusieurs d'entre nous seraient bien mal pris de se souvenir qu'est-ce qu'ils ont reçu il y a trois ans, ou cinq. 

À ce temps-ci de l'année j'aime bien me remémorer, justement, ce qu'on m'a donné dans le passé. Aujourd'hui je revisite Noël 1981 avec un cadeau que ma grand-mère m'a fait cette année-là. 


Il s'agit du jeu Galaxian en version de table et fabriqué par Coléco. Il était à l'époque vendu quelque chose comme $75, ce qui équivaut en dollars d'aujourd'hui à environ $177. Pouvant fonctionner avec quatre pile "C" ou avec un adapteur (inclus), le jeu permettait de s'amuser avec ce grand succès d'arcade à la maison. Je me souviens, bien calé dans le fauteuil du salon, d'avoir passé d'innombrables heures à tenter d'abattre mon pointage. Une chance que je pouvais le brancher dans le mur parce que sinon ça m'aurait coûté cher de piles.

En bonus, deux modes de jeu pouvant être sélectionnés en poussant le joystick d'un côté ou de l'autre; à gauche pour Galaxian et à droite pour une version de Space Invaders. Coléco avait décidément pensé à tout. 

Ce jeu fonctionnait grâce à une technologie appelée VFD, ou Vacuum Fluorescent Display que l'on avait utilisé dans les premières calculatrices. C'était un peu coûteux à produire dans le temps et relativement énergivore (d'où l'utilité d'un adapteur à brancher dans le mur). Évidemment ce type de jeu pouvait difficilement se mesurer aux consoles du temps comme l'Intellivision, l'Atari 2600 ou même le Vectrex (pour ceux qui s'en souviennent) mais il n'en demeure pas moins qu'il faisait exactement ce qu'il avait été conçu pour faire: amuser. Il est aujourd'hui activement recherché sur le marché des jeux usagés et peut commander un prix qui dépasse largement celui d'origine.

Le mien, quoique sans sa boîte et son adapteur, trône encore sur une de mes tablettes mais pas tabletté pour autant puisqu'il m'arrive de temps à autres de m'amuser avec. Si, parce que le jeu fonctionne encore. Et même très bien, contrairement à aujourd'hui où l'obsolescence programmée est tout à fait de mise.

Non, il ne d'agit pas de mon plus haut pointage. Pfff!



jeudi 20 décembre 2012

La vraie fin du monde

Nous nous croyons bien malins, nous les pauvres descendants du singe, surtout depuis que nous avons appris à utiliser un os de bœuf afin d'écrabouiller le crâne de l'autre pour faire valoir un point de vue. Depuis ce temps, malgré nos belles réalisations et découvertes, nous semblons déployer des trésors d'ingéniosité pour nous faire sauter mutuellement la tronche.

Évidemment il se trouvera toujours ces espèces d'illuminés trépanés, d'acabits variés et habités de philosophies nébuleuses qui tenteront de bien nous faire croire qu'une catastrophe imminente va arriver à un moment bien précis. Ils le savent. À tout le moins le prétendent-ils. Peut-être un peu plus cons sont ceux qui embarquent dans ces manèges sans même prendre le temps d'effectuer un peu de pensée critique. Quand ce n'est pas une interprétation boiteuse de Nostradamus c'est  une exégèse résolument farfelue d'un ancien calendrier en pierre ou en papier-mâché, fut-il Maya, Aztèque ou sorti tout droit d'une aventure du capitaine Bonhomme. Et si vous reculez dans l'Histoire vous allez trouver tout un tas de ces autres prédictions saugrenues qui se sont toutes révélées parfaitement fausses. Ne vous en faites pas, rien ne se passera cette fois-ci non plus et samedi matin vous continuerez de vaguer à vos occupations, de vous rappeler qu'il se trouve encore un tas de cadeaux à acheter, qu'il y a l'aspirateur à passer et la litière à changer. Ah, et vous préparer à cette mini fin du monde en janvier lorsqu’arrivera votre relevé de carte(s) de crédit.

Toutefois, il faut être réaliste et objectif; une fin du monde arrivera éventuellement. Nous en viendront à disparaître, comme d'autres avant nous. Peut-être dans quelques centaines d'années. Peut-être est ce que ce sera notre propre faute car après tout on semble faire fi des nombreux avertissements concernant des choses importantes comme l'utilisation de carburant fossiles, la surpêche, la surpopulation, l'épuisement des ressources naturelles... Ou encore ce sera un cataclysme entièrement naturel. On peut penser aux super volcans (parc de Yellowstone, par exemple) ou possiblement l'écrasement d'un astéroïde. Toutefois, et peu importe ce qui nous rayera de la carte, la Terre va continuer de roucouler autour du Soleil. D'autres formes de vie, quelque part, prendront notre place pour possiblement s'évanouir elles aussi comme ce fut le cas au Précambrien, Vendien, Cambrien, Ordovicien, Dévonien, Permien et Crétacé. C'est un cycle auquel on n'échappe pas.
 
Mais trêve de pessimisme, surtout en ce temps de réjouissances, de tourtières, d'oncles saouls qui dévalent l'escalier du sous-sol avec le sapin dans les mains. Supposons, pendant un court moment, qu'il nous serait possible d'assister au destin de notre monde, d'être en quelque sorte les spectateurs privilégiés du destin de l'Univers. Quel spectacle serions-nous en mesure de voir? Avançons donc le calendrier, si vous le voulez bien.

An 10,000


L'Humanité a disparu depuis longtemps. Les ravages de l'industrialisation, de l'exploitation sans vergogne des ressources naturelles, de la pollution, de la déforestation et de l'acidification des océans ont fait leur boulot. Nous avons été assez intelligents pour doter nous-mêmes la planète d'anticorps pour qu'elle se débarasse du virus que nous étions. Génial, non? Ici et là, il ne reste que quelques fragments éparts des différentes civilisations ayant existé auparavant et dont plusieurs n'ont jamais rien trouvé de mieux à faire que de se tapocher dessus pour défendre leurs dieux respectifs. Le mien est plus fort que le tien. T'as offensé le mien ducon. Tranchons la tête de ceux qui disent que nous sommes violents! Pif! Paf! Pétaf! Pouf! Maintenant il n'y a plus rien de celà et la niche écologique est lentement occupée par d'autres êtres vivants qui peuvent maintenant profiter des lieux. Mais il ne s'agit ici que d'un cycle où les formes de vies s'éteignent et se succèdent comme ce fut le cas au Précambrien, Vendien, Cambrien, Ordovicien, Dévonien, Permien et Crétacé. Certaines scientifiques estiment que la prochaine forme de vie à dominer la planète sera celle des fourmis. 

Au loin dans l'espace, dans la constellation Carina, l'immense étoile Eta carinae, maintes fois plus grosse que le soleil, explose en une hypernova, l'une des forces les plus destructrices connues. Elle est bien loin Eta Carinae, à plus de 7,500 années-lumières mais ses effets peuvent se faire sentir ici, quoiqu'ils sont négligeables étant donné que les jets s'échappant de l'étoile mourante ne sont pas dirigés ici. Eta Carinae risque cepandant d'être aussi brillante que la Lune.

An 22,000


On peut maintneant se promener en toute sécurité sur le site du réacteur Ukrainien de Chernobyl, la radioactivité résultant de l'accident de 1986 ayant retombé à des niveaux parfaitement acceptables. Néanmoins, il vous serait bien difficile de reconnaître les structures car celles-ci ont été avalées depuis longtemps par la nature. Bonne visite quand même!

An 200,000


Jour sombre pour les amateurs de cette pseudo-science de pacotille qu'est l'astrologie. Pourquoi? Parce que le mouvement des corps célestes a changé drastiquement. Les constellations dites «traditionnelles» n'existent plus. De nouvelles formes ont fait leur apparition dans le ciel. Vous voilà donc né sous le signe du Lavabo Bouché ascendant Écureuil qui fait caca.

An 1,400,000



Aux confins du système solaire, au delà de l'orbite de Pluton mais toujours dans cette zone d'influence solaire que l'on appelle Héliopause, se trouve un immense nuage composé de millions de comètes, c'est le nuage de Oort. Elles sont bien calmes les comètes et se contentent de jouer dans leur cour sauf quand quelque chose vient les perturber. Gliese 710 est une étoile naine qui se promène dans l'espace comme ça. Et puis un jour elle passe assez près du nuage de Oort pour provoquer quelques perturbations. Le passage de Gliese 710, tel un pavé dans la mare, envoie une véritable pluie de comètes à l'intérieur du système solaire. S'il y a une forme de vie sur Terre, elle priera très fort pour que l'une d'elles ne s'écrase pas, autrement on risque de passer une bien mauvaise journée.

An 10,000,000



T Pyxidis est une étoile qui détonne en supernova. Kaboom! A seulement 3,260 années-lumières elle est assez proche de la Terre pour provoquer, à l'aide de son intense rayonnement gamma sur la planète, toute une série de mutation qui transformera tous les êtres vivants en Incroyables Hulks. Mais non, je plaisante. Il y aura plutôt une superbe extinction de masse. Zap!

An 250,000,000

Les plaques tectoniques ont dansé le rigodon et les continents, autrefois séparés, sont à nouveau rassemblés en un seul. L'Atlantique a disparu pour n'être, ici et là, qu'un simple cours d'eau tout à fait ordinaire. Le réchauffement global n'est plus causé par les Hummers stationnés en double dans les rues mais bien par un Soleil devenu plus chaud et plus brillant.

An 600,000,000



La Lune est toujours en orbite autour de la Terre mais en raison d'un éloignement de 3,8 centimètres par an elle est maintenant rendue 23,000 kilomètres plus loin que là où elle se trouvait quand Armstrong et Aldrin y ont mis les pieds en 1969. Le Soleil quant à lui est un peu bouffi ce qui fait que les éclipses solaires, vues de la Terre, ne sont plus possibles. Les marées sont également devenues très faibles. Nous avons aussi la certitude absolue qu'Elvis est bel et bien mort.

An 1,000,000,000



Nous sommes rendus un milliard d'années dans le futur. La luminosité du Soleil a augmenté encore, de sorte que les océans ont commençé à s'évaporer. L'atmosphère devient rapidement saturée de vapeur d'eau, ce qui créé un effet de serre assez impressionnant. Si jamais vous avez songé déménager sur Mars c'est le temps où jamais parce qu'elle est devenu beaucoup plus confortable alors qu'ici il commence à faire drôlement chaud, par Toutatis. Seul point positif, les cartes géographiques d'Apple sont plus précises qu'elles ne l'étaient.

An 3,800,000,000



Andromède, notre galaxie jumelle, nous rentre dedans. Boum! Crac! C'était inévitable puisqu'elles avaient déjà commençé à se frôler auparavant. Étant toutes deux dépourvues de freins ABS elles se cognent l'une et l'autre et entrent dans un minuet qui va durer plusieurs millions d'années avant qu'elles ne forment qu'une seule galaxie; l'Andromède Lactée ou la Voie Andromède. Malgré tout, aucune collision entre les différents éléments des deux galaxies n'est prévue au programme. L'espace ne porte pas ce nom pour rien.

An 5,000,000,000



Notre Soleil a maintenant sa carte de l'âge d'or. Il est devenu moribond et il a gonflé considérablement. Depuis que le Soleil est Soleil il n'a fait qu'une seule et même chose: convertir violemment son hydrogène en hélium mais voilà que de l'hydrogène commence à manquer. Le cycle de fusion tire à sa fin. De ce fait il a bouffé Mercure, Vénus, la Terre et très possiblement Mars. Il explose ensuite dans un fracas considérable mais très joli que l'on appelle nébuleuse planétaire, envoyant dans tous les sens les éléments qui l'ont composé dans une myriade de couleurs. Du Soleil il ne reste que son coeur, petit mais très chaud et très intense. Il est devenu une naine blanche.

An 1,000,000,000,000

Notre Soleil n'existe plus. Tout comme notre système solaire d'ailleurs. Il a depuis passé le stage de naine blanche à une naine noire, froide. Ailleurs dans l'univers des millions de galaxies ont fusionné ensemble et il ne reste plus que très peu de matière pour former de nouvelles étoiles.

An 10,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,
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Les étoiles et les galaxies ont disparus depuis très longtemps. Il ne reste dans l'Univers que des Trous Noirs qui commencent à s'évaporer selon la radiation de Hawking.

An 10 (exposant 100) 



Les Tours Noirs se sont tous évaporés. Tout ce qui a composé l'Univers connu; planètes, lunes, astéroïdes, soleils, galaxies, nébuleuses et autres n'existent plus. Il ne reste dans tout le Cosmos que des fragments de protons, neutrinos, électrons et quelques autres menues particules qui flottent ici et là mais qui sont maintenant trop éloignées les uns des autres pour interagir entre elles. L'Univers quant à lui continue néanmoins de prendre de l'expansion, grâcieuseté de l'énergie noire, mais il est essentiellement vide, noir et froid.

The End.

mercredi 19 décembre 2012

Camions Tonka

Les Tonka d'époque, qui n'ont rien à voir avec ceux tout en plastique d'aujourd'hui, étaient réputés incassables. Lorsque nos mères sortaient sur les balcons pour nous dire de faire attention aux Tonka on s'esclaffait solide. Briser ça? Ouaf!!

Ici, parce que Noël approche et que j'ai envie de réveiller le gamin en vous, je vous présente une belle petite collection de camions Tonka vintage, qui ne m'appartient pas, malheureusement. C'est un lecteur qui me les a envoyé. Et quel gavroche n'a pas disjoncté en trouvant un de ces camions sous le sapin, surtout le camion de pompier à la fin!
















Le saviez-vous? Le mot «tonka» n’a pas été inventé. Il s’agit plutôt d’un mot Dakota-Sioux qui veut dire «grand» ou «large».

vendredi 14 décembre 2012

Meh...

Pas la grande forme depuis une semaine, le système digestif étant au bord du chemin avec les clignotants en marche. Menu de lapin, forcément, et en portions de souris. Le manque de sommeil et les migraines carabinées, joyeux couple inéluctable, ne me donnent évidemment pas envie de pondre quoique ce soit de texte sinon d'y aller d'une diatribe bien sentie sur ce genre de maux dont je me serais bien passé. Et quand l'écran d'ordinateur donne mal à la tête c'est avec des livres qu'on se console. Par chance ce n'est pas ça qui manque par chez-moi. J'en profite donc pour vous présenter quelques amis qui me tiennent compagnie depuis cette folle aventure gastrique.

1. War of The Worlds


La version originale et intégrale du roman de H.G. Wells. Ce bouqin est considéré, à juste titre, comme étant celui ayant donné naissance à la littérature de science-fiction. J'en ai eu une copie, il y a bien longtemps, dégottée au Marché du Livre,pour ceux qui se souviennent de ce temple. C'était une version en français que j'ai perdue (prêtée?) et dernièrement j'ai eu cette envie de me replonger dans la version originale de ce grand classique.

2. Les anneaux de Bicêtre


Du grand Simenon. De ce roman, hors-Maigret, dont François Mauriac avait dit le plus grand bien, on y suit le destin d'un magnat de la presse foudroyé par une thombose et qui revient progressivement à la vie, non sans passer par un cycle méditatif qui met implacablement l'homme face à lui-même. Un roman bouclé en 23 jours, ce qui, pour Simenon, est quand même long.

3. The Last Spike


Brique de 478 pages portant sur la construction du chemin de fer transcontinental canadien. Lords of the Line, un autre livre sur le sujet raconte l'histoire du Canadien Pacifique au complet mais ici l'historien Pierre Berton se concentre sur la période névralgique de 1881-85. Une lecture pas toujours facile, bourrée de sacrifices, de corruption et de traîtrise mais c'est aussi un récit de courage, de vision et de détermination.

4. Fab: An Intimate Life Of Paul Mccartney


Le bonhomme n'a pas besoin de présentations. Reconnu comme l'un des plus grands artistes du 20è siècle, Paul McCartney, a connu une carrière des plus prolifiques avec plus de 700 millions d'albums vendus dans le monde. Ce livre retrace la vie de Paul McCartney de son enfance à Liverpool à sa rencontre déterminante avec John Lennon, de ses débuts avec les Quarrymen, devenus les Beatles, jusqu'à aujourd'hui où il continue de se produire en spectacle. J'ai trouvé ce livre chez Chapters en grande liquidation et à la lecture j'ai un peu compris pourquoi. L'auteur ne semble pas particulièrement aimer les compositions de l'ami Paul. Ça se sent. Peut-être trop de place aussi à ce déraillement de train que fut son mariage avec Heather Mills. Bref, un bouquin pas trop objectif auquel je préfère l'ouvrage de Tony Bacon et Gareth Morgan.

6. Wacky Packages


Lorsque j'étais gamin c'était toujours un plaisir coupable que d'engloutir cinq ou dix sous à l'épicerie du coin pour un ou deux paquets d'autocollants pastichant les marques de commerce de l'époque. Ce livre de presque 240 pages est édité par Topps, la compagnie qui produisait ces fameuse parodies et comporte les séries 1 à 7, soit celles de 1973-74. La préface est signée Art Spiegelman, l'un des artistes ayant travaillé ches Topps dans le temps et que l'on a davantage connu, ultérieurement, pour son livre-culte Maus. Petit truc amusant que j'aime bien est la jaquette faite du même papier ciré qui était utilisé pour envelopper les paquets.

Je le concède, c'est une petite liste parfaitement hétéroclite mais elle cadre foncièrement à mes habitudes, celles dont les racines sont profondément ancrées depuis mon enfance et qui ont prit naissance dans la bibliothèque de mon grand-oncle, celles aussi d'avoir des intérêts variés et diversifiés. Alors que je conclus ce texte, je me dis qu'il sera possiblement intéressant, ultérieurement, de partager ici mes autres lectures, toutes aussi bigarrées.





Le saviez-vous? Tolstoï a écrit Guerre et Paix bien avant l’arrivée des machines à écrire ou des photocopieurs. C’est son épouse qui a transcrit le roman à la main. Sept fois. 

mercredi 5 décembre 2012

Henri

Je suis un gamin, sorte de bruit en culottes courtes recouvert de saleté. Je me trouve dans la cour arrière dans mes «trous», comme on les appellent. Là, tout près de l'escalier menant au balcon, dans le gazon, je me suis approprié une parcelle de terrain qui sert de champ de bataille pour mes Matchbox et mes Tonka. Et d'autres bébelles aussi. J'y ai tellement joué que le gazon n'y pousse plus depuis longtemps. Je ne m'ennuie jamais quand je suis là. Ni ailleurs non plus mais bon.

J'entends le bruit caractéristique de la clanche de la porte de la cuisine qui s'ouvre. Probablement ma grand-mère qui vient étendre du linge sur la corde. Et moi je continue à m'amuser et creuser. S'ensuivent des bruits de pas sur les marches en bois de l'escalier menant à la cour. Ce n'est pas ma grand-mère parce que ma grand-mère, quand elle m’annonce qu'on s'en va quelque part, le fait en s'accotant sur le balcon sans descendre en bas. Ça ne peut pas être ma mère puisqu'elle travaille. Pas mon père non plus, pour les mêmes raisons.

Il s'agit plutôt de mon grand-oncle Henri, qui vit chez mes grand-parents. Henri est ce qu'on appelle un vieux garçon. Ancien employé du Canadien Pacifique, à la retraite depuis 1966, il n'a jamais été marié et la chose n'a jamais semblé l'intéresser non plus. Si vous regardez la vignette du haut vous pouvez l’apercevoir, du temps où il travaillait aux fameuses shops Angus. Depuis, il occupe son temps à voyager, à lire, à remplir des scrap-books, à se promener dans le quartier, à rajouter un volume ou deux à son impressionnante bibliothèque, dessiner et aussi s'occuper du p'tit trou-de-pet qui s'amuse dans ses trous, dans la cour arrière.


S'il ne me raconte pas des histoires abracadabrantes dans la pénombre du boudoir, comme celle du petit garçon et son ami le monstre, il y va d'anecdotes sur les trains. Il connait bien, forcément. C'est de la qu'à prit naissance ma passion pour la chose. C'est sa faute. Il aime aussi me montrer des livres de sa collection, ceux sur les tablettes du haut que je ne peux pas joindre parce que je suis trop court sur pattes. Mon amour des livres origine de lui. C'est à nouveau sa faute. À la table de cuisine il m'installe souvent sur ses genoux et, prenant une feuille de papier et un crayon, dessine tout plein de choses, juste pour me montrer le plaisir de crayonner. C'est de là que m'est venu mon goût pour la chose. C'est sa faute. Encore. Mais à d'autres moments il se pointe comme ça derrière moi, vêtu de son paletot et de son chapeau, comme aujourd'hui. Mon grand-oncle ne sort jamais sans son chapeau.

Viens t-en! Je m'en vais de payer la traite, qu'il me dit.

Je sais trop bien ce que ça veut dire.

Je me lève et secoue la poussière de terre qu'il y a sur mon chandail. Et Dieu sait qu'il y en a. Ma grand-mère sort sur le balcon et insiste pour je me nettoie un peu avant de partir. Dans la cuisine elle fait tremper dans le lavabo une débarbouillette qu'elle me passe avec insistance sur le visage et dans les oreilles.

Bon, allez, c'est assez.

Je ne lui dit pas mais c'est tout comme parce qu'elle n'a pas encore tout à fait terminé que j'ai déjà filé dehors comme une balle pour rejoindre mon grand-oncle qui attend patiemment.

On sort donc de la cour pour descendre la rue Aylwin vers le sud. En chemin nous croisons cette petite fille qui vient parfois s'amuser avec moi dans la cour et dont, curieusement, je n'ai jamais connu le nom mais que ma famille a décidé d'appeler la poupoune, un surnom qui n'a rien de péjoratif puisqu'elle est très mignonne. Plus bas il y a ce monsieur âgé, assis sur son balcon près du trottoir et qui me laisse toujours flatter son chien Cooper quand je passe. Sur de Rouen on tourne à droite. On longe le commerce du tailleur Capogreco dont les beaux habits sont en montre dans la vitrine. Plus loin, près de Préfontaine, il y a tout un fourbi de camions de construction et de grues qui s'affairent. On va y construire un aréna de hockey, me dit mon grand-oncle.

Avant de tourner à gauche sur Dézéry je ne manque pas de ralentir le pas pour voir au loin les grues qui opèrent dans les deux cours à ferraille de part et d'autre de la rue de Rouen, tout près du viaduc de chemin de fer. Ça ne manque jamais de m'impressionner.

Au coin de Dézéry et Ontario y'a ce restaurant, chez Labonté où l'on accède par l'entrée tronquée. C'est un restaurant mais c'est aussi un snack-bar. La traite, comme dit si bien mon grand-oncle, c'est un sac de chips ou une tablette de chocolat ainsi qu'une liqueur. Une bouteille de nectar Denis? pas mauvais mais j'aime mieux le soda-mousse Snow White. Avec un sac de chips Hostess ce sera très bien. T'aimes pas mieux les Laurentien? Des fois, mais j'aime mieux les Hostess. 

On ressort dans la rue mais on ne reprend pas le même chemin. On marche le long d'Ontario plutôt. En quelque part mon grand-oncle entre dans une mercerie. C'est un vieux commerce, ça se voit. Au milieu il y a de grandes tables pleines de linge ainsi que sur les murs où il y a de grands tiroirs. Un monsieur aux cheveux tout blancs reconnaît mon grand-oncle et l'interpelle par son nom.

Toujours la même chose? Même grandeur? Ah vous nous avez amené de la visite aujourd'hui, qu'il dit en souriant, en me tapotant la tête. Je trouve ça drôle. Mon grand-oncle fait ses achats et, paquet sous le bras, des camisoles je crois, on ressort sur Ontario.

Et là je commence à espérer.

Plus loin, coin Cuvillier, on passe devant le restaurant Chez Jacques. Je connais bien puisque ma mère m'y amène manger de temps en temps. J'aime bien cet endroit, surtout pour ces petits juke-box qu'il y a à chaque table où, moyennant cinq sous, on peut faire jouer des chansons populaires, parfois moins.

Après avoir traversé la rue j'ai le cœur qui bat la chamade. Parce qu'on approche. Et là, quand nous y sommes presque rendus mon grand-oncle met la main sur mon épaule et m'invite à entrer à l'intérieur.

Le Bric à Brac c'est le magasin de jouets du quartier. On y trouve de tout. C'est ici qu'ont été achetés la plupart des choses que j'ai eu jusqu'à maintenant; ma piste Hot Wheels, mes voitures Matchbox, mon G.I. Joe, sa Jeep, son hélicoptère, son bateau aussi et quantité d'accessoires. Si on entre c'est parce que mon grand-oncle a envie de saupoudrer notre promenade d'une gâterie supplémentaire.

Je regarde à gauche, à droite et en haut aussi. Y'a tellement de choses que c'est un peu difficile de choisir. Le beau camion-grue Tonka est bien intéressant mais faut tout de même que je choisisse avec une certaine parcimonie, ça je sais. Je tourne les yeux vers des habits pour G.I. Joe, tout juste à côté il y a des Matchbox et là, un ensemble de shérif du far-west. Près du comptoir il se trouve des Matchbox, un peu plus gros que ceux avec lesquels je suis habitué. Puis mon grand-oncle se penche et en pointe un du doigt.

Que dis-tu de celui-là? qu'il me dit en montrant un camion-citerne rouge et blanc Ford aux couleurs de Texaco. Je te l'offre.

La joie, je dis pas.

On sort du Bric à brac pour remonter ensuite Aylwin pour le retour à la maison. Tout le long je tiens la boîte du camion entre mes petites mains et je n'arrête pas de le regarder, m'imaginant déjà en train de jouer avec. Mon grand oncle marche à mes côtés, souriant comme s'il avait gagné le gros lot et ne semblant vivre que pour rendre heureux le p'tit proutte à côté de lui.

Mon grand-oncle est décédé quelques années plus tard de complications du diabète dont il souffrait depuis bien longtemps. Je me souviens du jour où, dans le salon funéraire, je le regardais, couché dans son cercueil de métal, essayant de me convaincre du haut de mes trois pommes que nos sorties chez Labonté et au Bric à Brac sous le soleil d'été étaient bel et bien terminées, tout comme les journées à l'écouter me raconter des histoires ou à jouer aux cartes ensemble. Ça n'a pas prit de temps que son départ à fait un gros trou en moi. Juste là.

Même parti il est tout de même parvenu à me démontrer encore une fois toute l'affection qu'il avait pour moi en me laissant toute sa bibliothèque de livres. Ils ont toujours tenu une place de choix chez-moi et il m'arrive souvent de les regarder, comme je le faisais lorsque j'étais gamin. Ils me rappellent ces merveilleux moments passés avec lui, tout comme certains autres objets aussi.


dimanche 2 décembre 2012

novi orbis



Ça s'est passé il y a environ 65 millions d'années. Quelque part dans dans la région de Chicxulub, un peu au nord de la péninsule actuelle du Yucatan, un météorite s'est écrasé. La violence, je vous dis pas, ou plutôt si: imaginez plusieurs milliards de fois la bombe qui a détruit Hiroshima en 1945. Les conséquences ont été planétaires et du coup, entre 50 et 70% de tout ce qui vivait sur la planète a cessé d'exister. Si vous pensez que c'est la première fois que quelque chose comme ça s'est produit vous seriez dans l'erreur jusqu'au cou. Il s'agissait là en fait de la sixième extinction. La plus brutale a certainement été celle du Permien, y'a quelque chose comme 250 millions d'années, quand 95% de la vie marine et environ 70% de espèces terrestres se sont évaporées.

Dans la photo du haut, prise au Musée de la Nature à Ottawa, on y voit, dans le crâne d'un tyrannosaure, l'émergence de deux petits mammifères. Ces petites bêtes, essentiellement omnivores et relativement discrètes, n'ont évidemment aucune idée de tout ce qui se passe autour d'eux. Sans le savoir, ils vont tranquillement remplir une niche écologique laissée vacante par ceux dont les ossements se retrouvent un peu partout et à travers lesquels ils se promènent. Avec le temps ils connaîtront une expansion considérable, autant en nombre qu'en variété. Un branche, particulière, en viendra à évoluer de façon significative et se dotera même d'outils et de langages. Elle voudra connaître, savoir et découvrir d'où elle vient. Elle se tapera sur la gueule aussi, jusqu'à s'entretuer pour des questions puériles comme la couleur de la peau ou bien mon-dieu-est-plus-fort-que-le-tien. Elle s'arrangera aussi pour faire le joyeux bordel sur la planète. Elle fera fi des nombreux avertissements et puis un jour elle sera la grande vedette de la prochaine grande extinction, celle de l'Holocène et dont certains spécialistes s'entendent pour dire qu'elle est déjà en cours depuis un bon moment déjà. Elle laissera néanmoins à son tour des vestiges et des ossements ainsi qu'une niche écologique qui sera remplie par d'autres êtres vivants, fort possiblement les insectes.

Mais pour l'instant ce jour-là est encore bien loin.

Enfin, peut-être pas tant que ça.

mercredi 28 novembre 2012

nudus XVII


Ne regardez pas ça, ce n'est pas beau.

Ce n'est pas moi qui a dit ça. Une dame plutôt, au Musée des Beaux-Arts du Canada. Elle accompagnait un petit groupe de mômes qui devaient peut-être avoir neuf ou dix ans. 

Allez, qu'elle a répété sur un ton réitératif, c'est pas beau que j'ai dit, mettant l'emphase sur «pas beau». On regarde pas et on s'en va par là, s'activant à faire passer les enfants plus loin rapidement comme un agent de circulation qui fait passer des piétons sur la jaune.

J'ai eu envie. J'ai vraiment eu cette envie, celle d'aller la voir et, à défaut de lui mettre mon pied où je pense, lui demander pourquoi elle mettait autant d'efforts à «inculquer» aux enfants que le corps humain «ce n'est pas beau». Maudite belle perception qu'ils vont avoir du leur en grandissant. 

Je fais des photos de nu depuis un bon bout et durant toutes ces années j'ai vu passer devant ma lentille toute une abondance de corps différents. J'y ai vu des corps athlétiques, d'autres ayant enfanté et certains portant les blessures de guerres livrées à la maladie. Des corps qui avaient tous en commun cette beauté: celle de la vie et de ses passages obligés; ceux de l'amour, de la souffrance et du bonheur, aussi. 

Moments émouvants également, surtout en voyant une naissance. Naissance au figuré, où, en appercevant ses photos une dame plus âgée que moi a pleuré. Émue. Pour la première fois elle s'aimait telle qu'elle était. Elle avait grandi avec cette perception que son corps n'était pas beau. On a refait une autre session durant laquelle elle m'a confié ne jamais s'être sentie aussi forte que lorsque qu'elle était nue devant la caméra. Et le miroir aussi. J'aurais aimé, a t-elle dit, que l'on me montre l'aspect positif du corps lorsque j'étais plus jeune.

Ça m'a rappelé une certaine personne qui trimballait des enfants dans un musée.

samedi 24 novembre 2012

Filopat et Patafil

Si vous avez été gamin durant les années 70 (et c'est dommage si vous ne l'avez pas été) y'avait cette émission pour les gamins qui passait à la télévision, souvent durant Les P'tits Bonhommes, au canal 10 le midi. Filopat et Patafil c'étaient deux personnages: Filopat le court et Patafil le grand. Le premier essayait de faire plein de trucs et le deuxième, un peu tapon s'arrangeait toujours pour tout faire foirer.

Cette série origine de l'Allemagne des années 60. Günter Raetz, un ancien maçon, se passionnait pour les marionnettes et un jour il décida de tout laisser là pour se consacrer à ce qu'il aimait faire. Pour concevoir les marionnettes Günter ne s'est pas trop cassé la tête; il a simplement utilisé ce qui ressemble à du fil électrique, deux boules de bois et quelques autres matériaux. Puis les deux personnages étaient animés en mode image par image, un truc qui requiert beaucoup de temps et de patience.

Série tout à fait simpliste et innocente mais qui ne passerait probablement pas aujourd'hui à la télé. Pourquoi? Tout simplement parce que Filopat et Patafil aimaient bien picoler cigarettes et boisson. Le format a bien sûr pas mal vieilli mais ça se regarde quand même assez bien, surtout si l'on considère que c'était fait avec les moyens du bord, comme on dit.


mercredi 21 novembre 2012

Ford en 1953

 Qu'avons-nous ici dans cette publicité de 1953? Ah, mais c'est la Ford Sedan Customline équipée du fameux moteur V8! Ce moteur-là, que l'on a aussi connu sous le nom de Ford Flathead, a été introduit en 1932 et fut à ce moment-là le premier moteur à 8 cylindres à être produit en quantité suffisante à l'usine pour équiper les voitures fabriquées en série. Ce développement fut aussi l'un des plus importants pour la compagnie. Ce moteur a connu un succès phénoménal et est rapidement devenu le moteur de choix pour ceux qui aimaient bizouner là-dedans et que l'on appelait «hot rodders». On pourrait presque dire que le Flathead a donné naissance au hot-rodding.



Dans la pub on prend bien soin de mentionner la facilité de roulement et la docilité du moteur et c'est bien beau mais c'est quand même curieux que l'on ne fasse pas mention de ces grandes nouveauté pour les modèles Ford en 1953: freins et direction assistés, des particularités qui avaient réservées aux modèles plus luxueux Lincoln et Mercury. On dit aussi au milieu à gauche, en peut-être un peu trop petit malheureusement, que l'on fête ici les cinquante ans de Ford. On néglige aussi de préciser que toutes les Ford 53 sont livrées avec un volant spécial commémoratif marquant justement le 50è anniversaire de la compagnie.


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Maintenant que se passe t-il en 1953 par chez-nous? Il y en a bien des choses mais celle qui retient pas mal l'attention est la fameuse affaire Coffin où trois américains, venus chasser l'ours en Gaspésie, sont retrouvés morts. Dans cette sinistre histoire on en viendra à accuser leur guide, Wilbert Coffin,  de les avoir tué tous les trois et, dans un procès qui sera très médiatisé Coffin sera trouvé coupable. L'affaire est très controversée, au point où même encore aujourd'hui les opinions sont fortement divisés quant à la culpabilité de Coffin, lequel fut pendu en 1956. Le procès eut d'importantes répercussions dans le monde judiciaire du pays puisqu'il fut en grande partie responsable de l'abolition de la peine de mort en 1976.

dimanche 18 novembre 2012

Pour ces dimanches-là

Autre dimanche où l'on se sent mi-aventurier mi-vague à l'âme. Lumière qui entre paresseusement à travers la fenêtre. Chat qui ronronne sans raison, calé où il ne faut pas, évidemment. Dans le sofa je réécoute de vieilles galettes de vinyle à travers des haut-parleurs qui auraient besoin d'être remplacés. Aujourd'hui je vous propose une autre petite brochette de ces pochettes dégottées directement des fifties, un peu des sixties aussi. Époque où le design était roi. L'aspirateur pourra attendre. Les chats sont d'accords.