mercredi 31 octobre 2012

Rationalité ectoplasmique - II

Dans le dernier article je vous parlais des infrasons et comment ceux-ci pouvaient provoquer tout un tas de symptômes chez les gens comme la peur, la panique, le malaise, l'angoisse et même faire apparaître des formes «fantomatiques» à la périphérie de la vision. Mais les infrasons à eux seuls ne peuvent pas expliquer tout. Parfois il arrive que des phénomènes étranges ne puissent pas être expliqués, mais alors là pas pantoute, par des infrasons.

Il y a cette vieille histoire, que j'ai lu il y a longtemps. Vers la fin des années 50 un couple fait l'acquisition d'une vieille maison dans l'ouest de Montréal. C'était une de ces magnifiques demeures toutes en pierre si caractéristique de la fin du 19è siècle. Elle avait fière allure avec sa tourelle en coin et sa cheminée. Elle n'avait subi que très peu de modifications au fil des ans. L'électricité y avait été bien sûr été installée et une grosse fournaise à l'huile dans la cave servait pour le chauffage.



La maison était bien belle mais avait besoin de quelques réparations ici et là, aussi avant d'aménager officiellement, le couple prend soin d'embaucher des entrepreneurs qui effectuent un certain nombre de menues réparations ici et là comme le toît, les fenêtres et la maçonnerie.

Le couple s'installe dans la maison juste avant l'automne et retiennent les services d'une domestique qui aidera à s'occuper des enfants. Ils ne sont pas dans la maison depuis bien longtemps que d'étranges phénomènes commençent à se manifester. Il y a d'abord ces bruits de pas dont la provenance est incertaine et curieuse puisque les corridors sont munis de longs tapis épais. Un soir l'épouse entend ces fameux pas à l'étage supérieur et décide d'aller voir. Elle monte rapidement l'escalier et entre dans la pièce qui se trouvait juste au-dessus pour se rendre compte que personne ne s'y trouve. La domestique est à la cuisine en-bas et avoue elle aussi avoir entendu ces fameux bruits de pas à plusieurs reprises.

Quelques jours plus tard monsieur et madame sont au salon bien tranquilles et voilà que leur fille aînée, âgée d'une dizaine d'années descend l'escalier. Elle dit à ses parents qu'il y a quelque chose dans la chambre, comme une ombre étrange qui se promène sur le plancher et qui semble vouloir se glisser dans le lit. Intrigué le père monte à l'étage afin de voir de quoi il en retourne. S'agirait-il d'un jeu de lumière provenant de l'extérieur? Malheureusement ce n'est pas le cas. Le père va voir dans la chambre de son autre fille, un peu plus jeune, et celle-ci affirme quant à elle entendre des bruits venant du grenier. La mère dit à ses filles qu'elles sont probablement encore chamboulées par le déménagement et le changement d'école et que tout va rentrer dans l'ordre.

Le père décide tout de même d'aller faire un tour au grenier. Il s'y rend avec une lampe de poche car il n'y a pas de lumière là-haut. Il a beau éclairer partout il n'y voit que les boîtes entreposées là et qui contiennent tout un tas d'objets. Un petit animal se serait-il introduit? Un oiseau ou un rongeur? il a beau regarder partout, incluant autour de l'oeil de boeuf, rien n'y fait. Il dit à son épouse que le jour suivant il installera quelques trappes à souris et vérifiera pour des traces d'excréments.

Le matin suivant au petit déjeuner tout le monde entend des bruits de pas à l'étage. Le père décide d'en avoir le coeur net et monte voir. Il est suivi de son épouse, de la domestique et des deux enfants. Chaque pièce est ouverte et visiblement il n'y a personne.

Le père quitte alors pour le travail et la dame se rend chez sa soeur alors que les filles se rendent à l'école. Seule la domestique reste pour y effectuer ses tâches. Le soir venu tous retrouvent la domestique dans tous ses états. Elle avoue avoir ressenti à plusieurs reprises un présence qui l'observait alors qu'elle lavait le plancher de la cuisine. Elle décrit aussi un sentiment d'opression. La domestique est en effet assez blême.



Au fil des jours qui suivent les phénomènes se poursuivent. Un soir monsieur est installé à la table de cuisine et, convaincu que son épouse, la domestique ou une de ses filles est derrière lui pour lui demander quelque chose il se retourne pour ne voir personne. Même ses nombreuses inspections dans le grenier ne donnent rien. Les trappes sont toujours là et n'ont pas été déclenchées. Il ne trouve pas non plus de traces d'excréments. Et sur la fine poussière du plancher du grenier il n'y a que ses propres traces à lui. Pourtant les filles affirment souvent entendre des bruits venant de là.

Quelques mois plus tard la famille ainsi que la domestique sont épuisés par tous ces phénomènes; bruits suspects, sensation d'opression, ombres mouvantes et étranges lueurs. Alors qu'ils sont au lit le couple entend un bruit inquiétant qui semble provenir de l'extérieur. Monsieur se lève et tasse le rideau pour ne rien apperçevoir du tout. La terrain devant la maison, tout comme la rue, est calme. Seul un monsieur passe avec son petit chien. S'il y aurait eu quelque chose, qu'il se dit, le chien aurait jappé, non? Et pourtant.

Le lendemain monsieur en profite pour annonçer que c'en est assez et qu'ils vont aller passer quelques jours à la campagne, histoire de se reposer. Il en profite pour donner un congé à la domestique, laquelle apprécie beaucoup. Leur séjour hors de la ville est magique. Tous dorment paisiblement et personne n'est incommodé d'aucune façon par quelquonques présences, bruits ou lueurs étranges. Mais dès le retour à la maison les phénomènes reprennent de plus belle. Chose curieuse ceux-ci s'aténuent automatiquement dès que l'on sort de la maison. Quelque chose se passe à l'intérieur, mais quoi?

Entretemps monsieur a embauché une nouvelle domestique qui n'a pas tardé après quelques jours à relater des expériences similaires à celle qui l'avait précédée. Durant la journée elle disait avoir la nette impression d'être suivie par une présence qu'elle n'arrivait jamais à identifier ni à voir. Un matin qu'elle passait l'aspirateur elle s'est même sentie prendre à la gorge par des mains invisibles. Elle raconte aussi cette grande femme habillée de noir qui a traversé le corridor à l'étage pour entrer dans la salle de jeu des enfants mais quand elle y est allée la pièce était vide. Elle dit avoir été prise de malaise, de nausées et de sensation de vertige, symptômes que les autres membres de la famille avaient aussi ressenti à plusieurs reprises.

Une nuit toute la maisonnée est brutalement réveillée par un hurlement. C'est la domestique. Monsieur se lève et, accompagné de son épouse, se rend aussitôt dans la chambre de la pauvre femme laquelle est assise dans son lit, le visage blanc de frayeur. Elle dit s'être réveillée soudainement et avoir vu un monsieur âgé qui se tenait debout au pied de son lit et qui la regardait sans broncher. Trop terrifiée elle est restée sous les couvertures et s'est assise brusquement lorsqu'elle a senti un main lui toucher l'épaule. C'est à ce moment qu'elle a crié.

Les phénomènes ne cessent pas, au contraire et un jour monsieur se rend à l'église de la paroisse pour en parler avec le prêtre. Intrigué ce dernier accepte d'aller faire un tour dans la maison. Sur place il en profite pour bénir chaque pièce de la maison sous le regard attentif de la famile et de la domestique. Mais le soir venu des bruits surgissent au grenier, comme si des gens déplacaient de lourdes charges. Monsieur monte rapidement mais quand il ouvre la porte il ne trouve rien sinon les boîtes qui n'ont pas changé de place ainsi que les trappes qui attendent toujours des rongeurs qui ne se manifestent visiblement pas.

Quelques jours plus tard monsieur est dehors et discute avec un voisin à propos de ce qui se passe chez-lui. Le voisin, qui habite la maison d'à côté depuis une vingtaine d'années affirme n'avoir jamais fait l'expérience de phénomènes étranges chez-lui mais que les gens qui habitaient la maison de monsieur avant en avaient souvent parlé. C'était une des raisons qui les avaient poussé à s'en aller. Monsieur décide donc de les contacter afin d'en savoir plus et découvre avec stupéfaction qu'ils avaient vécu les mêmes expériences. Ils n'avaient pas parlé d'histoires de fantômes car ils avaient eu peur de passer pour des fous.

Est-ce que la maison aurait été le théatre d'un crime sordide? Aurait-elle été construite là où il se serait passé quelque chose d'horrible? Un ancien cimetière peut-être? Malgré les recherches rien ne put confirmer de telles choses. Monsieur considérait lui-même vendre la maison car toutes ces nuits agitées étaient en train de saper la santé de toute la famille. Et c'était là quelque chose d'indéniable: toute la famille incluant la domestique étaient témoins de tous ces phénomènes.

Un soir monsieur entend un bruit soudain dans la cave, il ouvre la porte y menant et allume la lumière. En descendant l'escalier il est pris de vertige et se sent mal au point où il considère ne pas descendre jusqu'en bas. Pourtant il lui faut bien vérifier. En-bas il s'apperçoit qu'il commence à tituber et qu'il ressent une main invisible lui serrer la gorge. Pris de panique, il remonte. Son épouse le trouve afalé sur une chaise de la salle à manger, le teint pâle et livide. Pour l'épouse cette fois est de trop. Elle contacte le médecin de famille et lui raconte l'état dans lequel se trouve son mari. Ce dernier arrive et après un examen sommaire conclut que monsieur est empoisoné au monoxide de carbone. Le médecin demande à la dame s'il se trouve un appareil à combustion dans la maison. La dame lui dit que le poêle est électrique mais la fournaise dans la cave fonctionne à l'huile. Il recommande alors de la faire vérifier par un réparateur car il est possible qu'il émane de cette fournaise une certaine quantité de monoxide de carbone.



Monsieur et madame sont quelque peu perplexes. Se pourrait-il que tous ces phénomènes étranges puissent être dûs à une simple exposition au CO²? Et le couple entreprend d'expliquer au médecin tout ce qu'ils ont vécu depuis qu'ils ont aménagé dans cette maison.

Tout ce que vous ressentez depuis que vous êtes ici, leur dit-il, est fort probablement dû à une trop grande présence de monoxide de carbone, un gaz inodore et incolore dont l'exposition provoque toute une série de symptômes qui s'apparentent fort bien à tout ce que vous avez pu attribuer à l'inexpliquable.

Le lendemain un réparateur se pointe avec son coffre à outils et descend dans la cave, suivi de monsieur qui est, on peut le deviner, très curieux. Puis le type se met au travail. Après avoir fait le tour de la fournaise il regarde monsieur et lui dit que sa famille et lui ont dû en avoir des maux de tête... Devant le regard un peu perplexe de monsieur le réparateur affirme que la fournaise n'a pas été entretenue adéquatement et ce, depuis un bon bout de temps. Elle fuit à quelques endroits et libère une certaine quantité de monoxide de carbone partout dans la maison alors, rajoute t-il, si vous avez eu des migraines et autres trucs du genre ne cherchez pas plus loin. 

Une fois le travail terminé il remet sa facture et s'en va et recommande d'ouvrir un peu partout afin de bien faire aérer. Comme par miracle tous les phénomènes ont cessé brusquement, permettant à la famille de reprendre une vite normale.

Des fantômes? Surtout pas!

Cette histoire de monoxide de carbone, comme celle des infrasons, nous met en face de deux phénomènes tout à fait naturels mais qui tous les deux sont parfaitement invisibles et inodores mais qui peuvent certainement provoquer toute une floppée de symptômes que les plus imaginatifs attribueront probablement de nouveau aux fantômes mais qui pourront, encore une fois, être résolus en appelant ce gars-là:

samedi 27 octobre 2012

Rationalité ectoplasmique

Des histoires de fantômes au Québec, en voulez-vous en v'la. Presque chaque famille possède son petit lot de faits étranges et [supposément] inexpliqués. Du fantôme de matante Georgette qui se berce dans sa chaise à mononcle Gédéon qui marche dans le grenier toute la nuit aux sensations de malaise dans la cave près de la fournaise, il y a fort à parier que vous ayez déjà entendu des histoires de ce genre à un moment ou un autre. Et chose certaine, beaucoup de gens croient dur comme fer à ces phénomènes. Beaucoup! Toutefois, quand on y regarde de plus près, et en faisant preuve d'un peu de jugement rationnel, on se rend compte qu'il se trouve derrière ces phénomènes des explications logiques qui n'ont rien d'ésotérique. On aime ça se faire des peurs, que voulez-vous? D'ailleurs, pourquoi pensez-vous que ces histoires sont presque toujours racontées le soir ou à la lueur d'un feu de camp?


Il y a aussi les fantômes célèbres comme celui de la Corriveau dont le corps avait été déposé dans une cage en fer au vu et au su de tout le monde. On a tellement exagéré et amplifié cette histoire que non seulement le nombre de victimes s'est vu multiplié mais c'était rendu que le squelette de la Corriveau, toujours dans sa cage, courait après le monde. Si Marie-Josephte Corriveau fut effectivement trouvée coupable de meurtre, elle fut exécutée, exposée pendant un peu plus d'un mois dans la cage puis enterrée selon les ordres de James Murray. Rien de plus.

Et puis comment elle fait pour courir avec les deux pieds dans la cage?

La légende Mary Gallagher est très populaire aussi. Vous vous en souvenez sûrement, il s'agit de cette femme aux moeurs légères qui fut assassinée à Griffintown en 1879 (dont j'ai parlé ici) et dont le fantôme se promènerait aux alentours des lieux du crime tous les sept ans, recherchant supposément sa tête. Je me suis rendu à plusieurs reprises sur les lieux du crime et je vous avoue en toute sincérité n'avoir jamais aperçu quoi que ce soit d'anormal, le terrain ou se trouvait la maison étant aujourd'hui un banal stationnement. Et puis je me demande bien pourquoi la Gallagher chercherait sa caboche puisqu'elle a été enterrée avec le reste de son corps au cimetière Notre-Dame-des-Neiges...

Pensons aussi à la légende du pont de Québec dont l'effondrement avait été attribué dans un conte à un personnage diabolique qui avait exigé l'âme du premier passeur du pont, quand dans le fond ce n'était dû qu'aux ingénieurs qui avaient calculé leurs affaires tout croche.

Et pourquoi pas un p'tit mot sur la fameuse tour hantée de Trafalgar sur le mont Royal. Pendant des années quantité de gens étaient parfaitement convaincus qu'ils s'agissait d'une véritable histoire, qu'un couple y avait été assassiné et que leurs fantômes terrorisaient les gens qui s'aventuraient alors que dans le fond il ne s'agissait que d'un conte inventé de toute pièce.

 Aujourd'hui la cour arrière d'une maison où il ne se passe rien de surnaturel...

Pourtant il existe bel et bien des témoignages on ne peut plus sérieux de personnes qui ont rapporté, par exemple, avoir ressenti des sensations de crainte, d'oppression et d'angoisse profonde à certains endroits bien spécifiques. Il suffit d'y rajouter d'une pincée de présomption, d'un soupçon d'imagination et qu'on laisse couvrir à feu doux pour que l'on obtienne quelquonques explications surnaturelles. Et des légendes urbaines aussi.

Avant toute chose je crois qu'il serait approprié d'établir qu'ici, au Studio Pluche, la croyance envers les spectres, fantômes et autres apparitions ectoplasmiques est à peu près nulle et il est peu probable que le numéro de téléphone 555-2368 soit composé.  

Passons maintenant aux choses sérieuses, si vous le voulez bien. 

Présentement autour de vous, au moment où vous lisez ceci, il y a probablement du bruit. Je ne sais pas; des autos qui passent, la musique d'un poste de radio, des conversations, un chien qui jappe, un chat pris dans un tuba, la voix nasillarde et terriblement désagréable d'une caissière de supermarché qui appelle un emballeur dans le haut-parleur, bref.

Tout ce que vous entendez via vos deux oreilles est composé de fréquences et mesuré hertz ou Hz, unité de mesure des fréquences (attention, je ne parles pas de volume, qui est lui mesuré en décibels, prière de ne pas confondre). Plus le nombre de hertz est élevé, plus le son vibre rapidement. A 1000 Hz vous devenez un megahertz et à 1000 megahertz vous devenez un gigahertz, unité de mesure dont on se sert fréquemment en informatique.


Les ondes sonores, donc composées de différentes fréquences, sont perçues différemment par les êtres vivants. Les humains dont vous faites partie (enfin je l'espère) peuvent entendre une gamme qui s'étend (approximativement) de 16 Hz jusqu'à 20,000 Hz. Le chien quant à lui peut entendre jusqu'à 40 000 Hz. C'est pour ça que quand vous sifflez dans un sifflet à chiens vous n'entendez rien mais que pitou, lui, est tout excité. Le dauphin peut entendre jusqu'à 80 000 Hz et la chauve-souris jusqu'à 100 000 Hz.

Nous avons défini que la gamme des fréquences perçues par l'être humain (16~20 000 Hz) fait partie de ce que nous appelons les sons. Au-delà de 20 000 Hz les fréquences deviennent des ultrasons.

Je sais, vous allez me de demander c'est quoi le lien entre les sons et les lieux «hantés».

Hé hé.

Le début du vingtième siècle, on le sait, a été très fertile en expériences de toutes sortes. Elles pouvaient être farfelues, idiotes, dangereuses ou carrément étranges. Bon nombre d'entres elles ont tout de même conduit à des découvertes assez étonnantes. C'est le cas des infrasons.

De quossé?

Les infrasons. C'est-à-dire la gamme des sons en bas de 16 Hz et qui sont parfaitement inaudibles par l'oreille humaine. Des scientifiques ont découvert que les infrasons pouvaient être captés par les oreilles sans toutefois être «entendues» comme tel mais avec des conséquences, comment dire, intéressantes.

 Vladimir Gavreau.

Avançons maintenant en 1957 dans le laboratoire d'électro-acoustique du docteur Vladimir Gavreau à Marseille. Un des assistants du docteur se mit un jour à saigner des oreilles. Curieux, Gavreau se mit à faire quelques recherches afin de savoir ce qui pouvait bien causer ce désagrément. Après avoir écarté certains choix musicaux douteux il trouva que des vibrations causées par des tuyaux d'une certaine longueur et circonférence (...) pouvaient causer des effets qui allaient de déplaisants à carrément douloureux. Des études plus poussées ont permis d'établir que les sons entre 7 et 19 Hz pouvaient déclencher des sentiments d'angoisse, de crainte et même de panique. Ce qui est autant plus intéressant dans tout ça c'est que la nature elle-même produit énormément d'infrasons; les volcans, le tonnerre, des vagues massives... 

Il y a de celà quelques années des chercheurs du Riverbanks Zoological Park à Columbia en Caroline du Sud ont enregistré des vocalisations de tigres pour ensuite les analyser. Et devinez ce qu'ils ont trouvés: les tigres pouvaient facilement produire des sons à... 18 Hz, dont nous avons vu les effets plus haut. Un des chercheurs a conclu que le rugissement d'un tigre pouvait saisir et paralyser un être humain (ce qui facilite grandement la capture et la dégustation).

Et les maisons hantées dans tout ça?!?!

Eh bien voilà. Des infrasons, tout simplement. Voilà un phénomène entièrement naturel, tout à fait invisible, parfaitement imperceptible, qui peut à tout hasard vous foutre la grand-mère de toutes les trouilles, vous enlève toute joie de vivre et qui vous donne l'envie de vous enfuir à toute vitesse.

Mais qu'en est-il des fameuses «apparitions»?

Eh bien voilà. Il y a de celà quelques années un ingénieur britannique du nom de Vic Tandy travaillait pour une firme qui fabriquait de l'équipement médical. Ce n'était pas très grand, quelque chose comme 30 pieds par 10 pieds. Puis est venu ce moment où les gens qui travaillaient dans ce labo ont commençé à ressentir des sensations d'opression, d'inconfortet aussi cette étrange impression d'être «surveillé». Tandy en fut même témoin. Un soir il appercut même une forme grise qui se déplaçait à la périphérie de sa vision. La forme resta muette. Tandy affirma qu'il fut soudain prit de frissons et qu'il devint carrément terrifié. Quand il se retourna pour voir la forme elle disparut. Le niveau d'inconfort continua de plus belle sans que l'on ne puisse expliquer pourquoi.

 Vic Tandy.

Un soir Tandy était en train d'ajuster une épée d'escrime (après les heures de travail on assume) dont il avait besoin pour une compétition. Il avait placé celle-ci dans un étau et nota que l'extrémité de la lame vibrait comme ça sans raison apparente. Il a eu la chienne, évidemment. Toutefois, étant ingénieur, il a décidé d'utiliser son esprit rationnel pour tenter de comprendre ce phénomène.

Si la lame vibrait c'est qu'elle recevait de l'énergie qui devait varier en intensité à une fréquence identique à la fréquence résonnante de la lame. Après une expérience il se rendit compte que le centre de la pièce était soumis à une fréquence faible d'ondes stationnaires.

Huh?

Les sons que l'on entend sont en réalité des variations dans la pression de l'air autour de nous. On représente graphiquement celles-ci sous forme de ligne sinueuse sur un écran. si vous parlez à quelqu'un, par exemple, les ondes de votre voix se propagent jusqu'à l'oreille de votre interlocuteur (la théorie semble toutefois s'effondrer quand une femme parle à son conjoint). Autre exemple, il vous est probablement arrivé en montagne de crier quelque chose très fort pour ensuite le réentendre une seconde ou deux plus tard sous forme d'écho. L'onde de votre cri a voyagé, a rencontré des obstacles et est revenue vers vous.

 Graphique d'une onde sonore.

C'est un peu ce qui s'est passé dans le labo de Tandy; on s'est rendu compte que l'onde qui faisait vibrer la lame de l'épée était d'une fréquence qui faisait qu'elle était parfaitement réfléchie par les murs et revenait au centre sans ne pouvoir aller nulle part. Mais qu'elle était cette fréquence?

C'est ici que la mathématique et la logique font fuir les fantômes de terreur:

f = v/λ où λ = 2xl (et pouf!)

À savoir:

f = fréquence du son
v = vélocité du son (soit 1,139 pieds par seconde)
λ = onde sonore (lx2=60 pieds)
l = longueur de la pièce (30 pieds)

Nous obtenons ceci: f = 1,139 / 60 = 18.98 Hz (avec une variation de ±10% si on tient compte de facteurs comme la température ambiante et la pression de l'air.

18,98 Hz.

Vous vous souvenez des expériences du docteur Gavreau et de celles avec les tigres?

Uh uh.

Mais alors, qu'est-ce qui causait cette foutue fréquence dans le labo de Tandy? La réponse vint rapidement et fut plus simple et stupide qu'on aurait pu le croire. Le chef d'équipe avait tout simplement installé un nouveau ventilateur dans le labo pour aspirer l'air à l'extérieur. Le son qu'elle produisait quand elle fonctionnait émettait justement une onde sonore stationnaire qui créait tous les malaises dans le labo. Quand le ventilateur fut éteint toutes les impressions d'angoisse, de peur et de panique disparurent comme par enchantement. Tout comme les «visions», essentiellement dûes elle aussi à la fréquence de 18.98 Hz puisque l'on a prouvé dans une autre expérience que des vibrations entre 12 et 27 Hz affectaient principalement les mains, la bouche et surtout les yeux. La NASA s'y est penché et la conclusion fut qu'une vibration de l'ordre de 18 Hz de la membrane oculaire (l'oeil) pouvait effectivement donner l'impression de voir des formes «fantômatiques» en coin de l'oeil, ce qu'avait justement perçu Tandy.

Tiens donc.

Le bonhomme voulu tester cette théorie dans un cellier datant du 14è siècle au 38/39 Bayley Lane à Coventry. La légende locale voulait que le cellier soit hanté et que bon nombre de ceux qui y entraient figeaient sur place, apercevaient des formes spectrales grises et se devaient de quitter rapidement, soudain pris de nausées. Tandy utilisa de nombreux appareils; un mesureur d'ondes sonores Bruel & Kjaer type 2209, un microphone pouvant enregistrer jusqu'à 1 Hz, un analyseur Zonic AND type 3525 Dual Channel FFT (pour les curieux) et prit plusieurs mesures afin d'avoir un bon échantillonnage des fréquences.

Incidemment, la forme du cellier, le corridor y menant et les vibrations des usines se trouvant à proximité se conjuguaient tous pour faire du cellier une chambre de résonnance parfaite et la fréquence enregistrée à l'endroit où les gens ressentaient toujours des sensations de malaise, d'angoisse et de peur était de... 18.9 Hz.

Dun dun dun DUN!!!

Les effets des infrasons ont même été sérieusement étudié par l'armée américaine durant la guerre du Viet-Nam et par les Allemands durant le seconde guerre. D'ailleurs le sujet avait été abordé par Leslie E. Neilson dans son livre German Research in World War II et qui servit d'inspiration à Hergé pour l'album L'affaire Tournesol.

L'oeil attentif aura aussi remarqué une autre inspiration pour Hergé: la fusée de l'album Objectif Lune (oy!)

Cette image vous sera familière si vous avez lu L'Affaire Tournesol.

Alors si vous avez le goût de foutre la trouille à vos invités vous savez quoi faire; il ne vous suffit que d'installer chez-vous un générateur d'infrasons. Et si vous vous demandez à quoi peut bien ressembler une telle machine vous n'avez qu'à visiter une église et ça va vous sauter aux yeux.

Ta-daaaaam! 

Il se trouve tout simplement que les tuyaux d'orgues sont généralement très bien conçus pour générer ces fameux infrasons en bas de 20 Hz causant toutes ces impressions étranges que les gens ont dans les églises. Ils ont fait l'expérience en Angleterre.

Alors voilà, la prochaine fois que vous entendrez des sons étranges, appercevrez des formes bizarres et sentirez des sensations d'angoisse, de crainte et de peur, au lieu d'appeler un exorciste de carnaval ou encore Ghostbusters, appelez donc ce gars-là:

jeudi 25 octobre 2012

Goodbye Emmanuelle!


Appris dernièrement: la mort de l'actrice néerlandaise Sylvia Kristel des suites d'un cancer. Cette surdouée, dotée d'un Q.I. de 165 et qui parlait quatre langues a été rendue célèbre pour son rôle dans le film Emmanuelle en 74. C'était l'époque où les films érotiques ont commencé à ruer dans les brancards, surtout avec l'arrivée en France du nouveau secrétaire d'État à la Culture, Michel Guy qui affirma «Tous les films doivent pouvoir sortir sans distinction. Je ne me reconnais pas le droit d'interdire à des spectateurs adultes la possibilité de voir les films qu'ils désirent. En 1975, les gens choisissent ce qu'ils veulent voir et je dois les laisser libres». C'est comme ça qu'Emmanuelle ne fut interdit qu'aux 16 ans et moins.



Sylvia avait ce minois, cette grâce. De belles grandes jambes aussi qui n'ont pas manqué de faire rêver toute une génération d'adolescents. Sylvia Kristel était à mon avis l'une des icônes de la révolution érotique des années 70 avec l'allemande Ingrid Steeger, l'italienne Edwige Fenech ou encore cette autre italienne, d'origine indonésienne toutefois, Laura Gemser qui incidemment a incarné la Black Emmanuelle. C'est avec elles que nombre de garçons ont découvert les charmes féminins, à cette époque où l'internet n'existait pas et où la vue d'un sein, même l'espace d'une seconde, suffisait à émerveiller. 

Le départ de Sylvia étonne, d'abord parce qu'elle n'avait que 60 ans, mais n'étonne pas non plus. Sa vie, malgré le glamour qui caractérisait la plupart de ses films, fut assez pénible. Son autobiographie, Nue est assez éloquente à ce sujet. On a profité de son innocence et l'on s'en est servi. Elle s'est retrouvée un jour complètement chamboulée avec presque rien. Elle a tenté de diluer la douleur de la dépossession dans l'alcool et les drogues. Elle a aussi combattu la bête en 2012 quand celle-ci l'avait prise à la gorge et aux poumons. Elle s'en est remise la belle Sylvia mais la bête est revenue. Probablement trop affaiblie par un AVC qui l'avait terrassée durant l'été elle a laissé la bête gagner, emportant avec elle un femme qui aurait mérité un meilleur destin.

lundi 22 octobre 2012

Les bougies Champion en 1953




Les bougies Champion n'ont pas besoin de présentation. Ces bougies d'allumage bien connues furent initialement fabriquées par la champion Spark Plug Company au début du 20è siècle à Boston par Albert Champion. Non, il ne faut pas prononcer son nom à l'américaine (AlburttTchiampiunne) puisqu'Albert était un Français, cycliste de surcroît, qui gagna en 1899 la course Paris-Roubaix (sans dopage).

Peu de temps après Albert fit un petit voyage aux États-Unis et commença à s'intéresser aux voitures et à la course automobile. Il retourna en France afin de fabriquer des bougies d'allumage et des magnétos mais revint aux États-Unis afin de fonder sa compagnie: Champion Spark Plug company.

En 1908 Champion eut maille à partir avec ses baîlleurs de fonds. Résultat? Il claqua la porte, prit ses cliques et ses claques et déménagea à Flint au Michigan où il fonda une nouvelle compagnie: Champion Ignition Company en 1908. Tout ça était bien beau mais ceux qui dirigeaient Champion Spark Plug (que champion avait quitté) n'appréciaient pas tellement le fait que Champion ait utilisé son nom de famille pour créer sa deuxième compagnie. Après un an et quelques échanges légaux Champion dût changer le nom de sa compagnie qui devint alors AC Spark Plug company (AC étant tout simplement ses propres initiales).

Champion décéda le 27 octobre 1927 et sa compagnie fut alors achetée par General Motors, laquelle avait déjà acquis la compagnie Delco, d'où le nom AC Delco. Quant à la première compagnie que Champion avait fondé, Champion Spark Plug Company, elle fut acquise par Cooper Industries en 1989 puis, subséquemment, par le géant Federal Mogul, compagnie quiexiste toujours aujourd'hui et qui compte pas moins de 43,000 employés dans 34 pays. Chose intéressante (ou pas, c'est selon), la pub mentionne les bougies «Champions», avec un «s» alors que la marque de commerce n'en a pas.

Les publicités qui paraissent ici sont relativement nettes et claires mais le sont rarement lorsque je les numérise, souvent même elles sont assez endommagées et nécessitent un bon travail de restauration. À titre d'exemple voici la numérisation originale de la pub qui apparaît ci-haut:

samedi 20 octobre 2012

Le restaurant Sambo

Le restaurant Sambo, ça vous dit quelque chose? Pour les générations d'aujourd'hui certainement pas mais ça va certainement rappeler des souvenirs aux plus vieux. Le Sambo était un restaurant thématique qui empruntait beaucoup aux mille-et-unes nuits et qui se trouvait au coin sud-ouest de l'intersection des rues Sherbrooke et Dickson. 

Petite histoire d'un restaurant aujourd'hui disparu.

Tout ça commence en 1949 lorsque Roland Bruneau se lance en affaires avec le Sambo Lunch, alors situé au 5725 Marseille tout juste au coin de Dickson. Pas longtemps que ça dure à cet endroit parce qu'en raison de la popularité de l'établissement Roland Bruneau n'a d'autre choix que de relocaliser. Heureusement pour lui une magnifique occasion se présente et il réaménage son restaurant à deux coins de rues seulement, soit au coin de Dickson et Sherbrooke. Comme il ne déménage pas trop loin, cela n'affecte pas la clientèle régulière et la nouvelle visibilité de par la rue Sherbrooke lui attire une nouvelle clientèle. Voici le Sambo tel qu'il apparaissait lorsqu'il a ouvert sur la rue Sherbrooke. La mention «Curb Service» veut dire tout simplement «Service au volant», un peu comme le Rieno, plus à l'ouest. 

L’œil attentif aura noté l'enseigne «Lowney's» en haut complètement du bâtiment, probablement pour faire mention de l'utilisation des produits Lowney's pour les desserts. 

Puis le Sambo commence à prendre une tangente exotique tant de par son décor qui change peu à peu ainsi qu'à son menu tel qu'en témoigne cet article promotionnel de ma collection et où l'on peut voir un guerrier Africain.

Cette roulette interactive permet, en les alignant, de connaître la distance en miles qui sépare deux villes ou régions. 

Comme en témoigne le succès du Kon Tiki au centre-ville, l'exotisme est visiblement quelque chose de populaire et au Sambo on décide d'emboîter le pas. Mais ici on ne se contente pas que de simplement repeinturlurer les murs et d'ajouter des babioles sur les murs. Et pas question d'utiliser le tiki ou le polynésien, le Kon Tiki s'en charge admirablement bien. On opte plutôt pour une thématique des milles et unes nuits. Tours et décorations arabesques, tuiles, fontaines et verdure. Pour ça, faut démolir entièrement le bâtiment existant et reconstruire à neuf avec une architecture qui s'agence avec le thème choisi. Les travaux sont terminés en 1963 et c'est en grande pompes que l'on convie les gens au Sambo version 2.0, comme en témoigne cette publicité que John Trivisonno m'a gentiment laissé vous présenter ici.



Pour un changement c'est définitivement tout un changement. On note, à gauche, la tour. Il s'agissait de la plus petite de deux. (Crédit: Service des archives de la ville de Montréal).

L'entrée du restaurant, vue de plus près. 

Provenant toujours du Service des archives de la ville de Montréal, on voit ici la rue Sherbrooke prise du côté nord, un peu à l'ouest du boulevard l'Assomption. On peut voir au loin la seconde tour du Sambo, plus haute et plus imposante que l'autre. Sur son flanc, le nom SAMBO se voit de loin tant de l'est que de l'ouest. 

Voici la grande tour vue de plus près. Les lettres, rétroéclairées au néon, étaient vraiment grosses. comme je le disais plus haut ce n'est pas pour rien qu'on pouvait les voir de loin. 

Sur cette photo-ci on peut voir la tour principale dans son ensemble. 

Avec le succès du restaurant on aménage une discothèque au sous-sol, le Prof Maboule, propriété de Claude Boulard et Pierre Marcotte, laquelle va déménager en 1970 à l'étage du Tropicana (plus à l'ouest) et qui sera remplacée par une autre discothèque, Le Studio. Les affaires du Sambo ne dérougissent pas. Les salles de réception sont toujours pleines et nombres de mariages y sont fêtés. 

Par contre vers la fin des années 70 les choses changent et le restaurant ferme malheureusement ses portes. D'ailleurs un sort pareil attend le Kon Tiki, comme si les restaurants exotiques n'avaient plus la cote. 

Vers 1980 on a mit les deux tours par terre. Je me souviens d'avoir vu la plus grosse des deux étendue sur le côté entre le trottoir de la rue Sherbrooke et le stationnement. Le bâtiment n'a pas été démoli en tant que tel mais a subi assez de transformations pour qu'il soit parfaitement méconnaissable. La section de la salle à manger est aujourd'hui occupé par un Pharmaprix alors que Fillion Électronique se trouve là où étaient les salles de réceptions. La partie plus à l'ouest, où l'on trouve une succursale Desjardins,  un Cora, un Beni Hana ainsi qu'un Vinnie Gambini's a été rajoutée par la suite.

Malheureusement il ne se trouve aucune photo de l'intérieur du restaurant, j'ai bien cherché. J'ai même repassé un par un tous mes numéros du magazine Montréal, publiée de 1964 à 1968). Par contre je savais que ma mère en avait une d'elle qui fut prise à l'entrée lors d'une réception  au début des années 70. On a bien tenté de la trouver en vidant des boîtes de photos mais sans succès, enfin, jusqu'à tout récemment où elle nous est réapparue comme par enchantement. 

Petit fait amusant, il semblerait que le Sambo n'est pas tout à fait mort. En effet, il existe un restaurant Sambo au 3583 Ste-Catherine Est. Bon, ce n'est pas un restaurant exploitant la thématique des mille et unes nuits et il est un peu loin d'avoir les dimensions de son prédécesseur, mais quand même. 

Notez le logo du Sambo, lequel emprunte la silhouette de la grande tour qui se dressait autrefois sur la rue Sherbrooke. 



Le saviez-vous? Il se trouvait une chaîne de restaurants Sambo aux États-Unis sans toutefois qu'il y ait de lien avec celui de la rue Sherbrooke. À la fin des années 70 on comptait pas moins de 1117 restaurants Sambo mais la chaîne s'est retrouvée dans une controverse par rapport au nom, lequel était vu comme péjoratif de la part de la communauté Afro-Américaine. Renommée Jolly Tiger, il n'y a maintenant qu'un seul restaurant Sambo en opération aux États-Unis. 

mercredi 17 octobre 2012

anates


Cette photo remonte à un peu plus de dix ans. Je me trouvais par un soir bien tranquille de septembre, dans le Vieux-Boucherville à fouler la grève en bordure du fleuve lorsque j'ai aperçu un petit groupe de canards tous alignés sur un long bout de bois qui flottait près de la berge et je me suis dit que ça pourrait faire une petite photo amusante. Les canards par contre c’est comme les pigeons, suffit qu’un d’entre eux parte en peur pour que les autres suivent alors j’ai donc dû m’approcher à pas de serpent jusqu'à ce que je ressente les rebords de leur zone de confort. J’étais justement à m’approcher en douce lorsque j’ai entendu derrière moi le bruit caractéristique d’un gamin, tout excité de voir des canards. Si j’attendais trop les canards s’enfuiraient et si je me pressais je risquais de faire une mauvaise photo, n’ayant pas le temps de faire les ajustements à la caméra, surtout avec le contre-jour prononcé. Lorsque j’ai entendu le kid approcher en courant et en criant j’ai su que c’était le temps ou jamais d’appuyer sur le déclencheur. La photo parle d’elle-même, un premier canard est déjà en mode décollage et fut suivi, une fraction de seconde plus tard par ses amis. 





Le saviez-vous? Le canard colvert est le seul animal qui se reproduit exclusivement par viol collectif et on en a observé se livrant même à de la nécrophilie. 

dimanche 14 octobre 2012

Hôtel Ste-Marie au tournant du siècle



Déterminer à quelle endroit cette photo a été prise à été relativement facile. Et rapide. Le truc? le quatrième et dernier bâtiment, qui est incidemment le seul a avoir survécu. Vous le reconnaissez? Je le mentionne dans cet article où je parle de l'innondation de 1886.

Allez-y, je vais vous attendre ici.

Voilà, vous l'avez reconnu cet édifice? Il s'agit de la station de pompage Craig. On lui a donné ce nom parce que dans ce temps-là la rue St-Antoine s'appelait comme ca. Elle se terminait à De Lorimier où elle rejoingnait Notre-Dame.

Dater une photo d'époque est parfois un peu plus compliqué. Dans ce cas-ci je ne suis pas arrivé à déterminer l'année exacte quoique je suis arrivé à cerner une période relativement précise. Comment?

Avec le bâtiment sur le coin de la rue, celui où l'on affiche des publicités pour la bière Molson, Frontenac et Dow. Contrairement à ce qu'on pourrait penser il ne s'agit pas d'une taverne mais bien d'un hôtel. L'hôtel Ste-Marie, plus précisément. Le nom est partiellement visible sur la devanture. On peut y lire «Hôtel Ste....». Une consultation dans les Lovell m'a permis de constater que l'hôtel Ste-Marie, propirété d'un certain monsieur P.P. Raby, n'a eu pignon sur rue que de 1900 à 1910. Avant 1900 et après 1910 il n'y a aucun hôtel sur Craig. Curieux tout de même que l'hôtel ait été inscrit dans la liste alphabétique mais pas dans l'index des rues où les inscriptions sur la rue Craig ne se rendent pas jusqu'à De Lorimier. Enfin.



Le secteur a évidemment changé. La petite rue Erié, tout juste au nord de Craig existe encore aujourd'hui mais la rue Shaw a disparu, tout comme le poste de pompiers #8 qui se trouvait au coin de cette rue sur Craig. La partie ouest de la Canadian Rubber aussi y a goûté tout comme l'ancien hôtel Ste-Marie et les trois maisons voisines. Ces espaces étant aujourd'hui occupés par les piliers du pont Jacques-Cartier. A l'ouest on a précédé à une démolition massive du quartier Ville-Marie pour faire place d'abord à Radio-Canada et, plus tard, à l'autoroute Ville-Marie. Seule la vieille station de pompage est encore là. Ah, et la bière Molson itou! Voici maintenant de quoi a l'air l'endroit aujourd'hui.


Mise à jour (6.01.2014): Un lecteur m'a fait part de la mention Craig ouest, que l'on peut lire sur l'image du Lovell, ce qui aurait placé l'hôtel Ste-Marie beaucoup plus à l'ouest mais il s'agit d'une erreur de l'imprimeur et la faute revient ici au typographe qui tout simplement mit un W au lieu d'un E. En consultant ce même Lovell de 1905 dans la liste alphabétique des résidents, on peut y voir monsieur Raby et son hôtel, bien identifiés à l'adresse véritable, soit au 912 Craig est.

 

jeudi 4 octobre 2012

nudus XVI


Marie, mon modèle, avait cette grande cage d'oiseau exotique (sans oiseau) avec laquelle il nous est venu l'idée de faire une mini-série de photos. Les barres verticales ont contribué à créer de jolis effets d'ombres.