dimanche 29 janvier 2012

Auto-Lite en 1953 (2)

Auto-Lite a déjà fait l'objet d'un article publié dans deux autres articles (ici et ici) et dont la publicité présentait un éventail plus élargi des produits de cette compagnie. Aujourd'hui il est question des bougies d'allumage. Le concept derrière cette publicité de 1953 est qu'il faut se méfier des "sosies". Un coup d'oeil rapide nous indiquerait que Dean Martin et Jerry Lewis endossent le produit mais en regardant et lisant attentivement on se rend compte qu'il ne s'agit pas du célèbre duo comique mais bien de sosies.

Celui qui se trouve à gauche et qui ressemble à Dean Martin est un certain Jim Ferris dont je ne suis pas parvenu à savoir grand chose malgré mes recherches. Celui à gauche et qui personifie Jerry Lewis est l'acteur montréalais Joby Baker qui était alors âgé de 19 ans lors de la prise de cette photo. Baker a connu une très intéressante carrière au cinéma et à la télévision, jouant entre autres dans Girl Happy (1966) avec Elvis Presley ainsi que dans le Dick Van Dyke Show. Baker a aussi été peintre et bon nombre de ses oeuvres se sont retrouvées dans les galeries d'art de Los Angeles.

A titre de comparaison, voici la photo originale de Dean Martin et Jerry Lewis qui fut utilisée pour créer celle qui apparaît dans la publicité:

samedi 28 janvier 2012

Stretch Armstrong

On n'arrêtait pas l'innovation dans la conception des jouets durant les années 70. L'un des exemples les plus probants est un personnage du nom de Stretch Armstrong, mis sur le marché par Kenner en 1976. Vous vous demandez probablement c'est quoi Stretch Armstrong est qu'est-ce qui le rendait si original?


 

Stretch, comme son nom l'indique, était un personnage qu'on pouvait étirer joyeusement dans toutes les directions. De sa taille initiale de 15 pouces il pouvait atteindre presque quatre à cinq pieds. Il suffisait de le relâcher pour qu'il reprenne rapidement sa forme initiale. Le secret de Stretch n'en était pas réellement un; il avait une peau en caoutchouc et l'intérieur n'était rien d'autre qu'un gel fabriqué avec du sirop de maïs.


En raison des matériaux utilisés Kenner recommandait que Stretch soit replaçé dans sa boîte lorsqu'il n'était pas utilisé. On évitait ainsi qu'il s'abîme inutilement ou accidentellement. Le bonhomme avait beau être extensible mais il n'était pas à l'épreuve des déchirures. Le livret d'instructions fournissait d'ailleurs des instructions précises pour réparer Stretch si jamais quelque chose du genre se produisait. Certains ont malheureusement été perçés au-delà de toute réparation possible.

Deux ans après sa mise en marché Kenner a introduit l'ennemi de Stretch Armstrong incidemment appelé (et très originalement) Stretch Monster, sorte de bibitte reptilienne verte dotée des mêmes propriétés élastiques que l'autre Stretch et rempli lui aussi de sirop de maïs.

Mais le principaux ennemis des deux personnages n'étaient pas l'un ou l'autre mais bien le temps et les conditions d'entreposage; deux éléments jouant malheureusement contre eux et qui ont rendu plus d'un Stretch parfaitement inutilisables. Juste bons pour les poubelles.


Cepandant il s'est trouvé un certain nombre de ces bonhommes qui ont pu survivre jusqu'à aujourd'hui et qui vont chercher, on peut certainement s'en douter, des prix assez considérables; de quelques centaines à quelques milliers de dollars, tout dépendant de la condition.

Le saviez-vous? Durant la période de production de ce jouet Kenner a été le plus gros acheteur de sirop de maïs des États-Unis.

dimanche 22 janvier 2012

Knechtels en 1953


Durant les années 50 le minibar agençé dans un meuble élégant fut une pièce de mobilier très populaire. C'était évidemment de bon ton de recevoir des invités et de leur servir toute une variété de boissons à partir de ce genre de meuble. Ceux en vedette dans cette publicité de 1953 ne font certainement pas exception. On peut d'ailleurs admirer la version vitrée et l'autre plus discrète.

Knechtels est une compagnie dont les origines pourraient remonter à 1864 quand Daniel Knechtels quitta la demeure familiale à Waterloo en Ontario pour aller s'établir dans l'ouest de la province. Avec les outils qu'il transportait dans son sac il commença à fabriquer des meubles et autres produits variés en bois. Après quelques années il acheta une petite usine et commença à employer des ouvriers.

En 1874 une nouvelle usine fut construite et le nombre d'employés passa d'une douzaine à près de trente. Dix ans plus tard la première usine en brique fut bâtie et diverses améliorations furent apportées au fur et à mesure que les finances le permettaient. Un feu détruisit le tout le 20 décembre 1900 mais l'usine fut reconstruite et la production repartit de plus belle.

Daniel Knechtels mourrut en 1936 à l'âge vénérable de 93 ans, laissant la présidence de la compagnie qu'il avait fondée à son fils Jacob. Celui-ci décéda à son tour en 1938, lèguant la présidence à son fils Karl. Selon toute vraisemblance la compagnie aurait existé jusqu'en 1983.

samedi 21 janvier 2012

Big Wheel

Durant les étés de mon enfance il y avait des sons particuliers et tout à fait propres à cette période; les souliers de course sur l'asphalte, les cordes à linge qui grinçaient, les ballons qui rebondissaient sur le sol et celui d'un Big Wheel roulant sur le trottoir.

Le Big Wheel dans toute sa splendeur de plastique.

Le Big Wheel est un tricycle entièrement fait de plastique qui fut mis sur le marché en 1969 par la compagnie de jouets Marx. Tout le plastique qui le composait était creux, même les roues et quand celles-ci roulaient sur les petites garnottes du trottoir ça produisait ce fameux son si unique et si caractéristique. Les trous devant le siège permettaient d'ajuster celui-ci pour les enfants plus petits. La poignée bleu près de la roue arrière était le frein qui, avec un peu de pratique, permettait de faire des freinages spectaculaires.

Comme il ne coûtait pas très cher à produire il se vendait à prix très raisonnable et ce faisant, le Big Wheel est rapidement devenu extrêmement populaire chez les gamins. D'ailleurs le concept fut assez rapidement copié par plein d'autres compagnies mais Big Wheel c'était Big Wheel et peu de chose pouvait rivaliser avec l'original. Assez solide, on ne risquait pas de crevaison et possiblement le seul problème qu'on pouvait rencontrer c,était la perte des pédales, quoique c'était toujours possible de continuer à pédaler sur les tiges. 





mardi 17 janvier 2012

La mystérieuse sur la pochette


J'étais très jeune, probablement trois ou quatre ans, quand je me suis pris d'affection pour cet album de musique. Je pouvais pas le mettre sur le tourne-disque, enchâssé dans un grand meuble, alors je devais demander.

Blooming Hits de Paul Mauriat et son orchestre avait un je-ne-sais-quoi qui faisait que je restais tranquille à l'écouter pendant que j'étais carrément fasciné par la photo sur la couverture. Il y avait là une femme nue (oh!) et habilement peinturlurée avec des motifs sur une bande verticale qui descendait le long de son côté droit. Ce n'était pas tant tellement la nudité du modèle (je vous jure) qui m'intriguait tant que la peinture qu'elle avait sur le corps, surtout le papillon dans la figure et qui la rendait autrement plus mystérieuse.

Aujourd'hui cet album fait partie de ma collection et j'avoue ne pas détester remettre ce 33-tours sur ma table-tournante. Faut comprendre qu'il ne s'agit pas ici d'un grand disque. C'est de la muzak, en autant que je sois concerné mais ce n'est pas particulièrement mauvais quand l'envie me prend de lire un livre  tranquille au salon ou de faire quelques petits travaux comme de la peinture. Par contre je me suis toujours demandé QUI était cette femme sur la pochette.

AH! Que je me suis dit. Avant cette question serait demeurée sans réponse mais aujourd'hui avec des outils comme l'internet et Google, des secrets, y'en a plus. Quelques clics de souris et la réponse arriverait. Comme ça.

Je crois que c'est une des rares fois ou ces deux-là m'ont déçu. Aucune réponse. Même après dix minutes. On sait que toute recherche est vaine quand on est rendu à la page 5 d'une recherche sur Google. Par contre sur certains forums il y a mention, sans confirmation cepandant, qu'il s'agirait de l'actrice Julie Newmar, rendue célèbre par son rôle de Catwoman dans la série télé Batman (rôle qu'elle a partagé avec Lee Meriweather et Ertha Kitt). Serait-ce Julie? Le mystère demeure entier, même en cette ère d'information-éclair.




Pour ceux et celles qui voudraient entendre le morceau le plus populaire de ce disque alors voici:

portae


Portes d'un caveau situé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. C'est un vieux caveau et dont la construction remonte probablement au début du 20è siècle et possiblement même avant. Les caveaux subissent non seulement les affres du temps mais aussi des éléments. Ici le bas de la porte gauche, probablement trop rouillé, a été réparé avec une simple plaque, sûrement pour empêcher les animaux comme les ratons-laveurs et renards de s'infiltrer.

dimanche 15 janvier 2012

L'église Sainte-Anne

Le milieu du 19è siècle amène son lot d'immigrants à Montréal, des Irlandais en majeure partie, qui s'installent dans un coin que l'on connaît sous le nom de Griffintown. Ils forment l'essentiel de la force ouvrière de ce secteur. Les maisons qu'ils habitent sont rudimentaires, construites en bois et réduites pour la plupart à leur plus simple expression. Elles sont souvent tassées les unes sur les autres et se retrouvent bien souvent à proximité d'une usine. La vie de quartier se passe sous la fumée des grosses cheminées industrielles avec en prime tout le boucan qui vient avec. 

Vue d'une partie de Griffintown à la fin du XIXè siècle. Au premier plan dans le centre on voit l'église Sainte-Anne, le canal Lachine juste derrièreet plus loin le fleuve Saint-Laurent et le pont Victoria.

Mais faut pas se le cacher, Griffintown c'est un coin pauvre, très pauvre. Les maisons n'ont même pas de toilettes intérieures alors les gens doivent utiliser la fameuse bécosse (de l'anglais back house). Les égoûts? Pensez-y même pas. Sauf peut-être lors de l'innodation de 1886, dont je vous ai déjà parlé, et qui a fait se déborder toutes les bécosses qui ont transformé les rues en égoût à ciel ouvert.

Les Irlandais, très catholiques, pouvaient toutefois compter sur le clergé de l'église Sainte-Anne pour les aider dans l'adversité. Le magnifique bâtiment fut construit tout près du canal Lachine en 1854 et faisait partie intégrante de la vie communautaire. L'église parvenait d'ailleurs à fournir des vêtements et de la nourriture à ceux dans le besoin.

L'église Sainte-Anne, bien avant les automobiles.

C'est durant le 20è siècle (évidemment) que les choses ont changé. Et pas pour le mieux pour cette église. Les habitants de Griffintown dépendaient largement des usines situées le long du canal Lachine pour vivre mais les conditions économiques de l'après-guerre, tout comme l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent se sont conjugués pour faire disparaître pas mal d'emplois.

En 1963 le maire Jean Drapeau, qui avait en horreur les vieux quartiers, décida tout simplement de faire disparaître Griffintown. Il commença par changer le zonage résidentiel pour un zonage industriel. Ce faisant, la construction de résidences était maintenant interdite. Beaucoup de résidents avaient quitté le quartier pour s'établir ailleurs mais d'autres avaient décidé de rester malgré tout.

En 1967 une armée de bulldozers arrive et détruit tout sur son passage pour faire place à la construction de l'autoroute Bonaventure. Ceci en prévision de l'Expo. Outre l'autoroute on préparait aussi de la place pour l'Autostade et de grands espaces de stationnements. Griffintown venait se faire couper littéralement en deux.

Carrément saignée de ses paroissiens, l'église Sainte-Anne n'a pas pu subvenir à ses besoins bien longtemps. Les bulldozers sont donc revenus, certainement à la grande joie du maire Drapeau, et on a démoli l'église, tout simplement. 

Le parc, vu du haut des airs. On voit très bien les fondations de l'ancienne église.

Que reste t-il de l'église Sainte-Anne aujourd'hui? Assez curieusement, plutôt que de bâtir des condos on a aménagé un espace vert qui porte le nom de parc Griffintown-St-Ann où l'on a laissé une bonne partie des fondations originales de l'église. Dans ces ruines on a installé des bancs de parc quelque peu orientés comme l'étaient les bancs d'église dans le temps. On peut y voir un bout d'escalier par-ci, des morceaux de pierre avec bas-reliefs par-là. Et bien entendu, une plaque près de ce qui fut l'entrée et qui explique un peu ce qui fut là dans le temps. Voici d'ailleurs quelques photos du parc et ses vestiges, prises en 2010.





samedi 14 janvier 2012

Matchbox


Si je vous dis le mot Matchbox, il y a de grosses chances pour qu'il agisse comme une bougie d'allumage dans la boîte à souvenirs de votre enfance. Regardez comme vous vous revoyez, hauts comme trois pommes et quart dans la cour arrière ou sur le trottoir (et possiblement ailleurs) avec ces petites voitures en métal. On les trouvait partout à prix très abordables. On leur en a vraiment fait voir de toutes les couleurs, les faisant rouler à des vitesses (proportionnelles) de fou, sans compter les cascades impossibles et les accidents.

Matchbox, faut comprendre, c'était une marque de commerce et la compagnie qui les fabriquait portait le nom de Lesney. Ça été fondée le 19 janvier 1947 par Leslie Smith et Rodney Smith, deux britanniques qui n'avaient aucun lien de parenté. Ils ont toutefois fréquenté l'école ensemble et servi aussi dans la Marine. Le nom de la compagnie est formé de leurs noms; LESlie Smith et RodNEY Smith. Que voici d'ailleurs:


À ses débuts la compagnie loge dans un petit immeuble, un ancien pub qui portait le nom de Rifleman. On donne essentiellement dans le métal moulé industriel parce qu'il y avait une grosse demande pour toutes sortes d'outillages, surtout électriques, après la Seconde guerre.

Pas tellement longtemps après Rodney présente à Leslie un de ses amis, un certain Jack Odell. Çui-là va louer un espace dans l'édifice de Lesney pour y fabriquer ses propre trucs en métal moulé mais il va rapidement se joindre à la compagnie comme partenaire. Lesney reçoit des commandes de pièces variées et les choses vont bien. On change de locaux à quelques reprises et puis on finit par s'installer à Hackney Wick, un peu à l'est de Londres.

Puis un jour ils reçoivent des commandes pour fabriquer des pièces pour un pistolet-jouet. Ça va permettre à la compagnie de continuer à produire lorsque la demande de pièces d'outillage baisse. On flaire le potentiel des jouets et on commence don à en fabriquer. Le premier produit, qui sort en 1948, est une sorte de rouleau-compresseur qui semble carrément calqué sur celui de Dinky. Par contre Rodney Smith a pas mal de difficultés à voir, justement, ce potentiel-là. Puis un jour, il finit par ne plus le voir pantoute et décide donc de quitter la compagnie en 1951, laissant O'Dell et l'autre Smith aux commandes de Lesney Products.

En 1952 le roi Georges V meurt, ce qui laisse le trône libre pour la jeune princesse Élizabeth. Elle est couronnée en juin 1953 et Lesney voit là une merveilleuse petite occasion de mise en marché. On décide donc de produire à l'échelle le carrosse que la princesse va utiliser pour se rendre à Westminster pour en ressortir monarque.


Ils en ont produit un gros puis un plus petit. C'est ce dernier qui est très populaire qui se vend à quelque chose comme un million d'exemplaires. Ça fait donc pas mal de pognon qui rentre dans les coffres de la compagnie. Par contre, la marque Matchbox n'existe pas encore mais ça s'en vient. 

La fille de John Odell fréquente une école qui a, parmi son lot de règlements étranges et insipides mais horriblement stricts, celui qui dit que les enfants ne peuvent emporter avec eux qu'un jouet, à condition que ça puisse entrer dans une boîte d'allumettes. Odell fait donc fabriquer pour sa fille un véhicule vert et rouge qu'il glisse dans une telle boîte et que sa fille peut emporter avec elle. Pas besoin de dire qu'à l'école, le p'tit véhicule dans sa boîte fait sensation. C'est de là que vient l'idée de fabriquer et vendre des véhicules dans des boîtes de cartons aux dimensions assez similaires à celle pour les allumettes. La marque Matchbox fait donc ses débuts en 1953.

Et ça marche!

Au courant des années qui suivent on voit une gamme de voitures de plus en plus diversifiée; des voitures britanniques au début (elementary) mais qui ensuite s'élargit avec des voitures françaises, italiennes et, plus tard, américaines. Lesney fabrique ses voitures d'après tout un tas de photos détaillées de véritables voitures et on va même jusqu'à obtenir les plans de construction des fabricants. On établit tout de go que la série Matchbox va comporter au total 75 véhicules par année. Pas un de moins, pas un de plus.

Sur la photo ci-haut on peut voir un employé de Lesney assis sur une chaise qui semble douloureusement inconfortable et qui travaille au plan d'une voiture de la série Models of Yesteryear. Dans cette série-là il n'y avait que des vieilles voitures teuf-teuf des années 10 et 20. Par contre, peu importe la série, tous les véhicules Matchbox commencent sur une table à dessin comme celle-là.

D'après le plan dressé on fabrique le véhicule avec du bois et à une échelle six fois plus grande que celle du produit final. Ça permet de déceler toute erreur ou omission et d'y remédier facilement.

Les pièces sont assemblées pour se donner une idée et ensuite on fabrique un moule avec lequel on va pouvoir ramener la voiture à l'échelle 1/64, celle utilisée pour les Matchbox de la série principale.

C'est ici que la miniaturisation se passe. Ce type, qu'on voit ici, utilise le moule en bois avec une machine appelée pantographe. Si vous vous êtes déjà amusé avec le E-Z tracer de K-Tel durant les années 70 alors voilà, ça fonctionne sur le même principe sauf qu'au lieu de travailler sur le plat ça marche en trois dimensions. C'est un travail minutieux qui demande beaucoup de dextérité.

On se trouve ici dans la fonderie. C'est ici qu'on fait fondre le métal qui va servir à fabriquer les voitures. Bien avant Lesney on utilisait une forte proportion de zinc qui, avec le temps, devenait fragile et pouvait casser facilement. Les alliages utilisés ont été améliorés afin de s'assurer que les véhicules ne cassent pas.

Le métal est versé dans une cuve d'où il va être injecté dans les moules produits via les pantographes. Les portions de métal non utilisées sont récupérés et refondues afin d'être utilisées de nouveau. Ça permet de minimiser les pertes et de réduire les coûts de fabrication.

Ici on peut voir un véhicule et ses différentes composantes qui viennent tout juste de sortir des moules. Il s'agit de la remorqueuse Ford qui sera éventuellement peinte en rouge et blanc et affixée d'une étiquette de la compagnie pétrolière Esso.

Des employées prennent les différentes pièces, qui sont versées dans un bac, et les placent rapidement sur des pieux pivotants en métal. Ces pièces s'en vont se faire peinturlurer et ce n'est qu'après y avoir passé quelques tours, histoire d'avoir une belle couche de peinture uniforme, que les pièces vont être assemblées.

Sur cette image on peut voir les véhicules recevoir leur première couche de peinture. Une fois toutes les couches appliquées elles sont envoyées au four. Le procédé fait que la peinture est relativement durable.

Une fois les couches de peinture appliquées et toutes les pièces fabriquées, tout est envoyé plus loin sur la ligne où des employées s'affairent à assembler les véhicules. Certains procédés sont mécanisés mais pas pour d'autres, dans le cas ici une voiture de la série Models of Yesteryear, en raison de multiples pièces.

Les voitures assemblées sont toutes déposées sur un long tapis roulant où elles sont inspectées. Au besoin, on retire celles dont une ou des pièces seraient manquantes où si quelconque autre défaut est trouvé. Elles sont ensuite mises en boîtes et empaquetées pour livraison par les distributeurs chez les différents détaillants d'Europe ou d'Amérique du nord.

Leslie Smith et Jack O'Dell visiblement fiers de l'entreprise de jouets qu'ils ont réussi à construire. Qui se serait douté que la petite compagnie d'outillage de 1947 se serait transformée à ce point? Le succès des voitures Matchbox est international. Évidemment, évolution il y a eu, tant au niveau de la compagnie que des voitures elles-mêmes qui elles, ont bien changé au fil des ans. Les premières voitures, on l'a vu, sont apparues en 1953 mais de ce qu'elles étaient à ce moment jusqu'aux années 60 puis 70, il y a eu une évolution et on va regarder ça ensemble avec l'aide de certains véhicules de ma collection (ils sont identifiés avec le petit logo Studio Pluche à la sauce Matchbox).

Voici le Dennis Vehicule Escape, sorte de camion de pompier avec échelle intégrée ainsi qu'un pompier qui le conduit. Celui-ci est une reproduction que j'ai acquise dans les années 90. C'est la seule reproduction de ma collection. L'original, qui a été produit de 1958 à 1959 n'avait pas les grosses roues jaune et vaut aujourd'hui un peu plus d'une centaine de dollars. On a toutefois utilisé les mêmes moules et il était vendu dans une boîte identique à celle d'époque. Une des premières constatations c'est que les véhicules n'étaient pas encore tout à fait à l'échelle 1/64, laquelle devient la norme de la série 1-75 un peu plus tard. Les véhicules étaient aussi creux à l'intérieur, même pas de plaque en-dessous et encore moins des vitres. La boîte de carton a été utilisée jusque dans les années 70 pour certains modèles. La mention «MOKO» fait référence à un associé, Moses Kohnstam, dont la compagnie s'occupait de distribution et mise en marché. Il a été subséquemment racheté par Lesney et la mention «MOKO» est disparue. Certains sont parfois curieux de l'autre mention, soit «Reg. US Pat. Off.». Ça veut simplement dire «Registered United States Patents Office» signifiant ainsi que le produit a obtenu un brevet aux États Unis. 


Voici le Thames Trader Wreck Truck. Il a été produit de 1960 à 1964. Durant cette période Lesney apporte certaines modifications. D'abord les roues. Elles sont maintenant en plastique dur noir. De vitres il n'y a pas encore mais on remarque une pièce de plastique à l'arrière soit le crochet pour remorquer. Aussi, une lithographie sur le côté. C'est un bon procédé mais, sans l'abandonner complètement, Lesney va y préférer des étiquettes de papier apposées par des employés. On note aussi l'utilisation de peinture argent sur le devant afin de faire ressortir les phares et la calandre. Outre ledit crochet, le véhicule ne compte aucune fonctionnalité particulière. Quelques véhicules introduits en 1960 en ont toutefois, comme le camion Euclid avec une benne qui bascule


Ce camion à ordures Dennis a été introduit en 1963 et produit jusqu'en 1967. C'est un modèle intéressant qui démontre les fonctionnalités supplémentaires dont étaient pourvus certains véhicules. Ici, comme on le voit, c'est le conteneur arrière qui se lève et la porte, dans laquelle il y a un trou circulaire, peut aussi le lever. 

Voici une Opel Diplomat. Ce véhicule a été produit à partir de 1966 et est réapparu dans le catalogue jusque dans les années 70. On remarque des détails intéressants comme des intérieurs moulés et des vitres. Ces vitres justement ne sont pas apparues en 1966 mais bien en 1958, sur une Vauxhall Cresta. À ce moment seuls quelques véhicules choisis possèdent des vitres. Observons deux autres détails intéressants de l'Opel avec les deux autres photos ci-dessous:


Moulé à même l'intérieur de la voiture, la fameuse boule permet d'accrocher une remorque, comme la fameuse roulotte rose avec toit amovible. L'autre innovation, que l'on ne retrouvera pas sur toutes les voitures, c'est le capot qui ouvre, laissant voir un moteur détaillé moulé en plastique chromé. Les détails des voitures Lesney font qu'elles sont largement utilisées par les équipes de production de Gerry et Sylvia Anderson comme Les sentinelles de l'air et L'escadrille sous-marine.

Ici par exemple, on peut voir le bulldozer Hatra (série Super Kings) dont on a enlevé la pelle avant. Les avions quant à eux semblent être des modèles à coller différents que l'on a joint ensembles afin de leur donner une apparence originale. 

Dans cette séquence tirée des Sentinelles de l'air, on peut voir bon nombre de voitures Matchbox à l'arrière-plan ainsi que le camion-citerne BP (dont on a gommé le logo de BP) qui passe à l'avant-plan. Si vous regardez ces excellentes séries et que vous ouvrez l’œil vous allez en apercevoir souvent.

Pour mousser la vente de ses voitures, Lesney fait imprimer à très grand tirage, des catalogues de format 4" x 5 1/2" et comptant environ une soixantaine de pages. Outre les voitures on retrouve aussi toutes les autres séries, jeux et accessoires. Sur l'image du haut c'est le catalogue de 1966 et toutes les voitures illustrées sur la couverture sont disponibles à l'intérieur.

Voici la couverture du catalogue de 1969. Encore une fois les voitures que l'on voit se retrouvent à l'intérieur. Ce qui fait un charme indéniable de ces catalogues est justement qu'elles sont merveilleusement illustrées à la main, on préfère encore l'art manuel plutôt que la photographie.

Voici une page au hasard du catalogue de 1969 et qui montre de quelle façon les différents véhicules étaient présentés. Des diagrammes simples illustrent les fonctionnalités et une petite case à côté de chacun des véhicules permet aux enfants de cocher ceux qu'ils ont déjà.

Dans certains magasins de jouets on retrouvait ce présentoir, fourni par Lesney, et qui permettait de voir tous les 75 véhicules de la collection d'un même coup d’œil. À Montréal il y en avait plusieurs et je trouvais très utile de pouvoir les regarder comme ça. Très facile aussi pour les commis de nous donner celui ou ceux (si on avait été sage) qui nous intéressaient. Il ne nous suffisait que de dire le ou les numéros correspondants. Elles se vendaient alors 55 sous, ce qui équivaut aujourd'hui à quelque chose comme $3.50.

Pour Lesney le procédé de fabrication et d'assemblage des voitures et camions est plus long mais en revanche les véhicules comportent des éléments qui, sans être uniques à Lesney, font bien l'affaire des enfants, ce qui leur garantit d'excellentes ventes partout, tant en Europe qu'en Amérique du nord. On en profite également pour faire paraître dans les «comics» américains des publicités mettant en vedette des joueurs étoiles du baseball majeur.

Parlant justement de l'Amérique du nord.

Les affaires de Lesney roulent la pédale dans le tapis et visiblement les compagnies de jouets américaines dorment carrément au gaz. Pendant ce temps Lesney, Corgi, Dinky et Lesney dominent le marché mondial des petites voitures. Chacune de ces entreprises possède son propre créneau et aucune ne vient réellement jouer dans les plate-bandes de l'autre. Tout va bien madame la marquise. Enfin, jusqu'à ce que Mattel se réveille. Et bordel que la compagnie s'est réveillée. 

En fait Mattel lorgnait le marché des petites voitures depuis un certain temps mais, plutôt que de bêtement copier le concept bien établi des voitures fabriquées par les compagnies britanniques, Mattel étudie le marché attentivement et prend le temps aussi d'observer ce qui se passe dans l'industrie de l'automobile, notamment la culture des voitures dites «kustoms», et qui fait rage en Californie. Mattel décide d'y aller avec une véritable révolution et qui va porter un nom qui rapidement devenir un classique:


Des voitures exagérées, pas toujours à l'échelle mais peinturées avec des couleurs métalliques flamboyantes (Spectraflame) et dotées de roues sport larges avec des bandes rouges. de plus, les voitures sont équipées de suspensions et de systèmes de roulement très doux. Cette série, seize voitures au début (Sweet 16), s'appelle Redline et est mise en marché en 1968. De plus, on peut utiliser ces voitures avec toute une foule d'accessoires dont des pistes de course avec éléments motorisés (superchargers), compteurs de tours, boucles et compteurs de vitesse. Hot wheels connait un succès monstre instantané et chez Lesney on craint. Et pour cause. Ce qui se passe chez le fabricant londonien ne peut s'exprimer que par un seul mot:

Panique: adj. Se dit d'une terreur, d'une peur soudaine.

Chez Lesney on comprend toute la menace que représente les voitures Hot Wheels. Pour la direction il est clair qu'il faut s'adapter, sinon la compagnie va s'en aller droit dans le mur. Mais comment faire? Comme on dit souvent, l'imitation est la plus sincère des flatteries.

On décide donc d'imiter ce que fait Mattel.

On attaque d'abord ce qui fait la force des voitures Hot Wheels, soit les larges roues sport avec suspension et basse friction. Le nom de Matchbox ne suffit plus et il faut trouver quelque chose qui va définir la nouvelle génération de voitures Matchbox.

Superfast est le nom retenu. Parce que l'on veut opérer le changement rapidement, histoire de ne pas perdre de terrain face à la compétition, on utilise les voitures de 1969 et on remplace les roues de plastique dur par des roues plus sport et avec une faible friction. Toutefois les moules des voitures n'ont pas été faits pour des roues larges alors en attendant que l'on puisse modifier ceux-ci on se contente de simplement d'installer des roues sport temporaires. Ces voitures-là sont dites de transition.


Voici un exemple de ces voitures de transition; la Cadillac Silver Shadow. Sur la première photo on peut voir les nouvelles jantes sport qui vont définir la série Superfast. Sur la seconde photo, on aperçoit les roues qui, sans être aussi larges que les Hot Wheels, sont bien différentes des anciennes roues utilisées par Lesney. On note aussi sous la voiture, au-bas, le nom de Superfast, déjà rajouté aux moules.

Voici un autre exemple, la remorqueuse Dodge telle qu'elle était avant  (à gauche) et après l'arrivée de la série Superfast. Les moules de ce camion n'ont pas été modifiés mais on a simplement changé les roues, ce qui fait qu'elles dépassent un peu de chaque côté.

En 1970 la refonte des modèles afin d’accommoder des roues larges et des essieux à suspension est terminée et on planifie de nouveaux modèles sport qui vont casser d'avec la tradition de Lesney de ne produire que des modèles de voitures existantes. On fabrique des séries différentes et distinctives comme des véhicules plus gros (King Size, Super Kings et Speed Kings). Afin de mieux s'aligner avec les éléments qui font le succès des voitures Hot Wheels, on fabrique des pistes de course qui sont presque identiques.

Pour vendre ses voitures Hot Wheels, Mattel a choisi d'opter non pas pour une boîte de carton comme Lesney mais bien pour un carton sur lequel est collé une bulle de plastique et à l'intérieur de laquelle se trouve le véhicule. Lesney n'abandonne pas complètement les boîtes mais la majorité des voitures se retrouvent alors sous un emballage assez identique que l'on appelle en anglais «blister pack».

Voici un des premiers types de cartes utilisées par Lesney. On note une illustration du véhicule en haut complètement et qui est identique à celui dans la bulle. On remarque au bas une mention à l'effet que la voiture ne comporte aucun élément au plomb. On commençait à s'inquiéter des effets nocifs de ce métal, lequel était utilisé pour quantité d'objets de tous les jours, dont les jouets.

voici une variante intéressante de carte. mandater un ou des artistes pour produire des illustrations de chacun des véhicules peut s'avérer dispendieux. Ici la carte est la même pour tous les véhicules et seul une étampe indique le nom du véhicule en question ainsi que de son numéro dans le catalogue. Le Blue Shark est une voiture qui est apparue en 1971 et qui a marqué le début des voitures imaginaires chez Lesney. On voulait ainsi faire comme Mattel dont plusieurs véhicules non-existants, comme la Silhouette, le Splittin' Image, le Twin Mill et autres, connaissaient beaucoup de succès.

Le Dodge Challenger est apparu en 1976 et a été produit jusqu'en 1981, année où il a été peinturé en bleu plutôt qu'en rouge. Comme on le voit l'illustration sur la carte n'est pas la même et ces cartes changeaient dépendamment de la série, de l'année et de la localisation géographique de la distribution. Le «75» fait référence au concept original de Lesney à l'effet que 75 modèles de véhicules sont produits chaque année.

Voici un autre type de carte avec une illustration différente et sur laquelle on voit trois véhicules issus du catalogue de 1976. Non, la personne chargée de l'emballage n'a pas fait une gaffe puisque toutes les Citroen SM de 1976 étaient comme ça dans la bulle. Je crois que c'était fait pour que l'on voit mieux les détails des couleurs.

Ah, voici une petite particularité de ma collection; une Lamborghini Countach avec étampe BP et qui n'a été produite que pour le marché Néerlandais. Elle devait probablement faire partie d'une promotion quelconque. La mention au-bas de carte dit tout simplement «Nous vous reverrons!».

La Datsun 260 Z est arrivée en 1979. Elle fait partie de ces voitures que l'on pouvait encore parfois trouver dans des boîtes de carton plutôt que sur carte.

Mattel va de nouveau de l'avant avec un innovation; les voitures Sizzlers. Celles-ci sont munies d'un petit moteur électrique aliment par une pile rechargeable. Chaque charge donne en moyenne de quatre à cinq minutes d'autonomie à la voiture. Chez Lesney, en plus des pistes de course. Afin de ne pas être en reste Lesney va de l'avant avec ses propres voitures électriques rechargeables; les «Scorpions».

Les Scorpions sont pratiquement identiques aux Sizzlers. Les voitures utilisent une pile rechargeable pour pouvoir faire des tours de piste sans avoir à passer par un mécanisme d'accélération. En fait, le concept de Mattel est tellement novateur que même Corgi lance sa propre série de voitures rechargeables; les Electro-Rockets. Quant à Lesney et ses Scorpions, même l'illustration sur la boîte n'est pas sans rappeler celles de Mattel. Je vous présente maintenant quelque chose d'autre.



Histoire d'innover un peu, Lesney introduit une nouveauté: les véhicules Rola-Matics, qui sont quant à eux assez intéressants. Il s'agit de voitures ordinaires mais dotées de petits mécanismes ingénieux parfaitement dissimulés lesquels, activés par le mouvement des roues, animent un élément quelconque. Sur les deux premières photos ci-haut, le mouvement des roues fait tourner le lion qui se trouve à l'arrière. Sur la troisième, le Mustang Piston Popper, ce sont les pistons du moteur transparent qui montent et descendent.

Entretemps l'usine de Lesney a pris de grandes proportion. Malgré la concurrence de Mattel les ventes de voitures Matchbox sont toujours au beau fixe. À l'usine on est en mesure de tout produire sur place. Les matières premières entrent par une porte et les voitures sortent par une autre. 

Au milieu des années 70 ça roule pour Matchbox mais Mattel, une fois de plus, innove avec un concept d'impression sur les voitures qui porte le nom de «tampo printing». On utilise un tampo préfabriqué qui contient les motifs et couleurs. Il ne suffit que de le presser sur la voiture pour qu'il soit appliqué de façon durable. Chez Lesney ce sont encore des employées sur la chaîne qui apposent des étiquettes en papier à la main.


Ces deux voitures de ma collection, une Monteverdi Hai orange de 1973 et le Dodge Dragster de 1971 démontrent la fragilité des étiquettes de papier. Plusieurs facteurs pouvaient en venir à bout assez facilement; mauvais frottements, humidité et même la simple manipulation puisque l'acide des mains peut facilement endommager les étiquettes.

Lesney prend note du procédé et en développe un très similaire pour ses propres voitures. Le résultat du procédé de Lesney fonctionne très bien, aussi bien que celui développé par Mattel. Histoire de bien faire comprendre qu'un nouveau procédé avait été mis au point, Lesney présente les voitures aux motifs imprimés sous le nom de «Streakers».


La Lamborghini sur la photo du haut démontre de quelle façon le nouveau procédé permettait d'appliquer de nouveaux motifs qu'il aurait été à peu près impossible à réaliser avec des étiquettes collantes en papier. À moins de rendre folles les employées assignées à une tâche aussi ingrate. Ça n'a évidemment pas été le cas. Sur la seconde photo on voit la Datsun 126X avec ses imprimés aux motifs de flammes et la mention «Streakers» sur la boîte. Le «33» indique simplement que la datsun figure au numéro 33 du catalogue de cette année-là. Lesney ne fait pas que des voitures à l'échelle 1/64, elle en fabrique aussi de plus grandes dimensions, c'est la série Super Kings.




Cette série-là remonte aux années 60 et a fait l'objet, tout comme les petites voitures, d'une refonte afin de les moderniser et aussi de rajouter des véhicules issus de l'imagination des concepteurs. sur les trois photos ci-haut, on voit en premier le tracteur-bulldozer Hatra, que l'on a aperçu précédemment dans la photo de la série Stingray. Le second est le camion-remorque Ford/Texaco et dont je vous ai parlé ici. Et finalement, on voit sur la troisième photo un camion de pompiers «futuriste» dans son emballage original.

Histoire d'élargir la «clientèle» Lesney a aussi lancé une collection d'avions appelée Skybusters. Il s'agissait d'avions tant militaires que civils, ces derniers portant les couleurs de compagnies comme Air France, Luftansa et Federal Express (aujourd'hui FedEx), entre autres. Pour les avions militaires ont retrouve le légendaire Spitfire, le F-104 Starfighter et plusieurs autres. La série est bien reçue.

Lesney continue d'innover avec une autre série qui elle porte le nom de Sea Kings. Ici nous avons affaire avec une collection assez bien faite de navires de guerre; croiseurs, destroyers, corvettes...

Battle Kings est une autre addition au catalogue Matchbox et qui se concentre sur des véhicules militaires et chars de combat. Si certains semblent bien réels, d'autres sont purement imaginaires. Ces ensembles viennent avec des petits soldats de plastique qu'il était facile de perdre étant leur petite taille.

Lesney décide en 1972 d'entrer dans le marché des modèles réduits à coller. À cette époque, et j'en sais quelque chose, c'était un hobby très populaire chez les jeunes. D'abord ça ne coûtait pas très cher, y'avait abondance de choix et on pouvait les trouver à peu près partout. Même les petits dépanneurs et les pharmacies en avaient. Smith et O'Dell, toujours à la tête de Lesney, embauchent Maurice Landi lequel va conceptualiser et concevoir les modèles en plastique. Landi a du pain sur la planche, faut qu'il trouve les sujets, qu'il les documente avec toutes les mesures que ça implique si on veut avoir des modèles fidèles aux vrais. Landi peut compter sur une équipe sous sa supervision et après avoir fignolé quelques prototypes, Smith et O'Dell lui donnent carte blanche et le budget nécessaire pour mener à bien le projet.

Voici un de kits typiques conçus par Lendi, ici c'est un véhicule «half-track» de la Seconde guerre équipé de canons anti-aériens. Cette magnifique illustration est l'oeuvre de Roy Huxley le premier artiste à être embauché par Landi pour créer les illustrations.

À l'arrière de la boîte deux choses retiennent l'attention et qui démontrent le génie de Landi. D'abord une fenêtre découpée dans le carton permet de voir les pièces ainsi que la couleur de celles-ci. L'autre élément c'est la présence dans le kit d'un diorama qui permet de mettre le véhicule en évidence. C'était quelque chose que je voyais souvent sur des modèles de monstres à coller comme ceux de Aurora ou de FunDimensions mais pour des véhicules, je n'avais jamais vu.

Le début des années 80 par contre est assez glauque et financièrement Lesney commençe à manger de la bouette. Pas parce que les produits Matchbox ne se vendent pas bien, au contraire, mais plutôt à cause des conditions économiques merdiques qui sévissent en Angleterre à ce moment-là (lire: récession). Y'a autre chose aussi; depuis sa fondation Lesney a toujours manufacturé ses produits dans son usine Londonienne avec des employés locaux. De son côté Mattel avait, dès la fin des années 60, envoyé sa production de Hot Wheels à Hong Kong, permettant ainsi de réaliser des économies substantielles quant aux coûts de fabrication, chose que Lesney s'était toujours refusé à faire mais en raison de cette foutue récession, ça commence à sentir le roussi. Et les nuages noirs ne sont pas juste au-dessus de Lesney mais aussi d'autres compagnies comme Dinky et Meccano (Corgi, Husky) aussi, pourtant très bien établies depuis fort longtemps.

Et puis en 1982 arrive ce qui devait arriver; Lesney fait banqueroute et la compagnie est placée sous administration judiciaire. La même année la marque Matchbox, la grande majorité des moules ainsi que le catalogue sont acquis par un certain David Yeh et Universal Toys, une compagnie de jouets de Hong Kong. Certains équipements sont toutefois conservés par Jack O'Dell ce qui lui permet de continuer à produire certaines voitures sous le nom de Lledo. Quant à David Yeh il réorganise Lesney sous le nom de Matchbox International. Pensez-y deux minutes; une compagnie établie dans une colonie britannique achète une compagnie tout aussi britannique localisée à Londres. C'est pourtant ce que fait Yeh.


Ce camion à bétail Dodge date de 1983. Il s'agit d'un camion qui est apparu pour la première fois au catalogue en 1977. Comme on peut le voir, en 1983 les Matchbox sont toujours fabriquées en Angleterre mais ça va bientôt changer et David Yeh va bientôt transférer la production dans une usine de Macau. 

Dix ans plus tard Universal Toys cherche à vendre la marque Matchbox et c'est la compagnie Tyco Toys (dont on se souvient surtout pour ses pistes de courses électriques) qui en fait l'acquisition. En 1997 la division de jouets de Tyco, qui inclut bien entendu Matchbox, est à son tour achetée par... Mattel, unissant ainsi sous un même toit corporatif les deux anciens rivaux. On ne peut pas dire que la nouvelle de l'acquisition de Matchbox par Mattel a fait l'affaire des collectionneurs. La plupart craignent que Mattel ne «dilue» Matchbox, ne change les voitures Matchbox pour en faire des Hot Wheels ou bien que Mattel en profite pour carrément faire disparaître la marque. Aujourd'hui Mattel est toujours propriétaire de la marque Matchbox et on peut toujours les trouver dans les magasins à un prix très raisonnable. J'aurai l'occasion de vous en reparler.






Le saviez-vous? La plus grande collection de véhicules Matchbox au monde appartient à un certain Steven Smith de Great Yarmouth en Angleterre. Sa collection compte pas moins de 20,736 véhicules.