samedi 14 septembre 2013

vita vitae


Loin dans ma mémoire, loin dans le temps, ma saison préférée n’était certes pas l’automne. Le vent du nord et la brise fraîche du matin s’alliaient ensemble pour me claironner l’arrivée, pas trop rassurante, comme celle du bonhomme sept-heures, de la rentrée scolaire. L’angoisse du premier jour était là, bien tapie au creux de moi où elle avait fait son nid. Mais que fais-tu là, à te morfondre ainsi, me disait t-on. Tu vas apprendre de bien belles choses, ce à quoi je répondais que j’en avais que faire. Enchaîné que j’allais être au pupitre, comme un prisonnier qu’on ne laisserait sortir que pour se dégourdir un peu.

Tout cette structure sociétale ne m'enchantait guère. Je préférais de loin l’autre école, celle de la Vie, avec un grand V. En regardant de par la grande fenêtre je voyais ce dehors, ces nuages et ce grand air qui m'enchantaient tant. J’aurais voulu m'esquiver et sortir à toutes jambes afin d'aller courir dans les chemins de boue et de cailloux plutôt que sur le vieux prélart usé.

Les arbres, dont les racines ne sont pas carrées, de leurs branches qui se moquent des fractions et les oiseaux qui y ont leur gîte n’ont rien à conjuguer mais en ont autant à raconter et à montrer. Les feuilles qui se laissent bercer sous le soleil de septembre, même s’il n’y a rien d’écrit dessus, sont imprimées de la vie, celle qui coule bien au-delà des classes éclairées froidement de néon.




Le saviez-vous? Les arbres libèrent une substance appelée terpinène, un composé organique, comme moyen de régulariser le climat lorsqu’ils sont exposés à des températures élevées. Le terpinène provoque la formation de nuages lesquels réfléchissent la lumière du soleil ailleurs que sur la forêt.