dimanche 28 juin 2015

luminis obscura II

Comme pour la photo de nu j’aime bien aussi à l’occasion utiliser un clair-obscur profond pour certains sujets, comme par exemple de l’architecture. Ici, une bonne sous-exposition me permet de plonger cette maison du mile-end dans le noir total, ne laissant la lumière d’un ciel nuageux n’éclairer que la partie supérieure, créant ainsi un effet dramatique qui me plaît bien.

Il s’agit ici de maisons dans le Mile-End où l’on retrouve quantité de ces belles résidences assez cossues toutes de pierre de taille bâties dont les façades sont très différentes les unes des autres. Affublées de corniches élaborées, de tourelles, appareillages décoratifs de brique, carreaux ornementaux et autres éléments, ces maisons témoignaient en quelque sorte de la richesse de leurs propriétaires. La crise économique de 1929 en ébranlera plusieurs qui seront obligés de se départir de leurs maisons et migrer ailleurs, souvent dans les quartiers ouvriers pour y vivre dans des conditions de misère. Heureusement les nombreux développements urbains ont largement épargné ce secteur et c’est pourquoi nous pouvons encore aujourd’hui admirer ces belles résidences dont une grande quantité ont été restaurées à leurs apparences d’origine.



Le saviez-vous? Le nom de Mile End tire son origine d'un champ de course qui occupa au siècle dernier à peu près l'espace aujourd'hui compris entre le boulevard Saint-Joseph, la rue de Mentana, l'avenue du Mont-Royal et la rue Berri. Or, entre cette piste et la limite du Montréal d'alors, qui est à la hauteur de la rue Bagg actuelle, il y a exactement un mille, d'où le nom de Mile End ou « fin du mille». 

lundi 22 juin 2015

ostium IV

Entrée d’un triplex photographié l’été dernier. Ce petit immeuble possède une architecture caractéristique du milieu des années 40 soit une façade en pierres naturelles taillées pour s’agencer ensembles. En se promenant dans le quartier on retrouve facilement d’autres maisons qui présentent une telle devanture. Ici, la porte en bois d’origine est flanquée de blocs de verre derrières lesquels sont enchâssés des néons verticaux qui s’allument une fois le soir venu où lorsqu’il fait trop sombre dehors. Les côtés sont en pierre artificielle et la marche en terrazo, matériau courant à l’époque. Par contre la petite corniche en acier inoxydable, ou peut-être est-ce de l’aluminium, est une addition récente qui, malgré tout, n’enlève pas au cachet de la résidence.



Le saviez-vous? À Montréal, durant la Seconde guerre, quantité de matériaux étaient réquisitionnés pour l’effort de guerre. La construction des maisons s’est donc faite très au ralenti et plusieurs d’entre elles ont pris de très longs mois avant d’être terminées. 

mercredi 17 juin 2015

James Last

C'était au début des années 70 alors que je mesurais deux pommes et quart. Jouer dehors était bien plus qu'une simple occupation, c'était une vocation. Dehors au lever du soleil et presqu’impossible à faire rentrer le soir. S’il pleuvait alors je me réfugiais sous le balcon où, assis sur ma petite balançoire, je demeurais immobile à regarder et écouter la pluie qui tombait. J’étais pluviophile sans le savoir. Mais parfois la pluie était accompagnée d’une chute de température et à ce moment, plutôt que de me les geler, je préférais rentrer.

Toutefois, à l’extérieur comme à l’intérieur, le mot ennui ne faisait ni partie de mon vocabulaire ou de mon quotidien. Une de mes occupations favorites durant ces longues journées d’averses était de m’asseoir au milieu de ma chambre et de jouer avec mes Lego. Avec la quantité que j’avais je pouvais me permettre de construire à peu près n’importe quoi. Mais ce que j’aimais bien aussi était d’accompagner mes sessions de constructions massives avec de la musique. Pour ça je disposais d’un petit tourne-disque un peu vieillot dont la sonorité était un brin au-dessus de celle d’une boîte de conserve, détail amusant mais qui ne me dérangeait guère.

À cette époque ma collection de disque était certainement modeste; quelques livre-disques de Disney, La Souris Verte, Babar et, je crois bien aussi, Bobino. J’aimais bien mais je savais néanmoins apprécier un peu de changement et ce changement provenait de la grosse pile de 33-tours qui appartenaient à ma mère et qu’elle avait en grosse partie achetés durant les années 60 et comme elle ne les écoutait presque plus… Avec le temps j’ai commencé à apprécier certains albums plus que d’autres. Puis, un jour en regardant les différentes pochettes, je suis tombé sur celle-ci :

J’ai retiré le disque de sa pochette et placé l’aiguille sur le disque. En écoutant la première chanson j’ai trouvé que le chanteur, un dénommé James Last, en prenait du temps pour commencer à chanter. Ah non, c’était une pièce purement instrumentale. Peut-être chanterait-il à la deuxième? Non plus. Ben coudonc! Puis, en écoutant ses autres disques j’ai finalement réalisé que le bonhomme ne faisait que de l’instrumental. Mais quel instrumental!
James Last, Hans de son vrai prénomréarrangeait les partitions de chansons existantes pour qu’elles soient jouées par son orchestre avec emphase sur la basse et les cuivres. Certaines pièces étaient jouées séparément mais pour d’autres il préférait les enfiler les unes après les autres avec une sorte de trait d’union musical entre chacune d’entre elles. Certains puristes ont souvent décrit Last comme le roi de la musique «quétaine» d’ascenseur ou de bouillie musicale mais pour mes petites oreilles ces tounes joyeuses, vivantes et rythmées contrebalançaient parfaitement la grisaille de dehors et faisaient mon plus grand bonheur. Même à l'adolescence, durant les années 70, je continuais parfois d'écouter du James Last et si ce n'était pas via les 33-tours de ma mère c'était de par les cassettes que mon père achetait à ce moment-là.

De dire que James Last a connu une prolifique carrière est un euphémisme. Dans les années 60 et 70 sa musique était l’archétype de n’importe quel party et au moment de sa dernière tournée il était évalué que Last, ou Hansi pour ses fans, avait vendu plus de 100 millions d’albums de par le monde. Au fil des ans je n’ai jamais vraiment cessé d’écouter James Last parce sa musique m’a toujours fait le même effet et du même coup me rappelle ces journées d’enfance à jouer dans ma chambre. J’ai toujours aimé aussi dégotter de ces vieux albums de James Last dans les marchés aux puces et autres brocantes. Dernièrement, alors que j’étais de passage chez Beatick, un de mes antres préférés de disques usagés, j’ai trouvé un autre album de Last datant des années 60 et m’est alors passé en tête l’idée de finalement écrire un article sur le personnage qui, il n’y a pas si longtemps, continuait de faire des tournées avec son band. Bien assis avec ma Bobinette sur les genoux, j’ai commencé à rassembler mes notes pour la rédaction de l’article lorsque je suis tombé sur une nouvelle qui a complètement passé sous mon radar et qui m’a terriblement peiné; James Last est décédé le 9 juin dernier à l’âge vénérable de 86 ans, soit peu de temps après son concert d’adieu qui a eu lieu le 26 avril 2016 à Cologne. Salut Hansi, et merci pour toute ces années de belle musique!





Le saviez-vous? James Last a aussi composé des chansons qui ont été très populaires dont Happy Heart interprétée par Andy Williams ainsi que Fool, interprétée quant à elle par Elvis Presley.

1) Le prénom de James lui a été donné par la compagnie de disques Polydor qui considérait que «James» était plus approprié pour le marché international.  

samedi 13 juin 2015

De mémoire et de rouille

Cette navrante observation me provient, d’une part, de plusieurs moments de réflexions suite à mes nombreuses visites dans les brocantes, ventes de garages, marchés aux puces et autres bazars. Dans ces lieux, où j’aime bien me perdre et flâner, on peut trouver à peu près n’importe quoi; des bibelots, des cadres, des objets de décoration, des livres, des articles de cuisine et tout un fourbi d’autres trucs. Au lieu d’aller engraisser les dépotoirs ces objets trouvent souvent une seconde et même une troisième vie.

D’une autre part, là où j’accroche considérablement, c’est lorsque j’aperçois, trop souvent malheureusement, ces boîtes de carton, déposées comme ça, où sont empilées quantité de vieilles photos de famille en noir et blanc. Se débarrasser d’une babiole quelconque est une chose mais de se désobstruer de ces souvenirs, par contre, en est une autre. Parfois je m’arrête devant l’une de ces boîtes et je farfouille un peu. J’y vois des moments heureux; des réceptions, des rigolades sur un balcon ou dans une cuisine, des gens souriants photographiés pour une occasion dont j’ignore tout. J’y vois la vie vécue à une autre époque. Et à ce moment-là je me demande comment se fait-il que ces photos sont là et pourquoi ces photos ne sont pas soigneusement conservées dans des archives familiales?
Il y a de cela plusieurs années j’ai connu un type qui avait une passion considérable pour la généalogie de sa famille. Au moment où il a commencé à s’y intéresser celle-ci était largement décousue et majoritairement inconnue. Pour lui il s’agissait là de quelque chose d’inconcevable. Aussi s’y est-il attaqué de front et a alors entrepris de reconstruire intégralement toute l’histoire de sa famille. Il a passé des journées entières passées devant les microfilms de la Grande Bibliothèque, à faire d’incessantes recherches dans d’autres archives. Soigneusement penché sur ses nombreuses notes, il a consacré un nombre incalculable de soirées à tout assembler, patiemment. Un véritable travail de moine qui a duré très longtemps. Et un jour il est parvenu à y mettre un point final. La généalogie de sa famille était désormais complète; qui s’était marié avec qui, quand et à quel endroit, les enfants engendrés et tout. Il est remonté jusqu’au premier ancêtre arrivé de France. C’est dire la quantité de travail que ça représentait.

Pas longtemps après, crac! Une crise cardiaque foudroyante. Vous savez, du genre qui ne pardonne pas. Une seconde vous êtes là et l’autre vous n’y êtes plus. Ce qui était d’autant plus con qu’il était encore loin de la retraite. Mais bon, la vie est parfois conne comme ça. L’ennui avec tout ça c’est que le type n’était pas en bons termes avec certains membres dominants de sa famille. On pourrait même avancer qu’il était, comment dire, conspué par eux. Mais voilà, après son décès ils n’ont pas eu le choix d’aller dans sa maison pour tout vider. Or, vous savez ce qu’ils ont fait de toutes les boîtes de généalogie de LEUR famille? Ils ont tout foutu sur le bord du chemin. Aussi bête et stupide que ça.

Et même pas sur le bord du chemin pour le recyclage, non, pour les ordures. Lorsque le camion a tourné le coin pour s’amener ce n’est pas que des boîtes de carton que l’on a balancé dans la benne pleine de jus de vidange, c’est toute l’histoire de leur famille qui a pris le bord de la dompe.

Je ne connais pas l’histoire qui se cache derrière toutes ces boîtes de photos de famille que j’ai croisé trop souvent mais il n’en demeure pas moins que je trouve ça d’une tristesse sans borne. Je ne peux m’empêcher d’y faire un parallèle avec la façon dont on traite notre patrimoine collectif, puisse-t-il être artistique, architectural ou autre. Combien de fois au fil des ans avons-nous assisté à la destruction sauvage de notre patrimoine bâti pour y voir s’ériger à sa place des autoroutes, des stationnements ou encore des condos? Combien d’œuvres d’art publiques sont présentement laissées à l’abandon le plus total dans l’irrespect le plus total des artistes impliqués? Et combien des chapitres de notre histoire sont carrément réduits à de simples petites plaques?

En janvier 2011, suite à la publication de mon article sur l’incendie du Laurier Palace où, je vous le rappelle, 78 enfants avaient trouvé la mort, j’ai décidé d’envoyer une lettre en bonne et due forme à la ville de Montréal. Ma missive était en fait une requête. En effet, il n’y a rien d’officiel pour rappeler la mémoire des enfants décédés dans cet incendie et c’était là, je l’ai souligné deux fois plutôt qu’une, une carence importante qu’il fallait corriger. Évidemment, la ville étant la ville, je n’ai pas espéré une réponse rapide alors j’ai attendu. Et j’ai attendu encore. Quelques six mois plus tard, n’ayant pas eu de réponse et encore moins un accusé de réception, j’ai décidé de réécrire une nouvelle lettre en l’adressant cette fois au maire de l’époque, Gérald Tremblay. Après une longue attente de plusieurs mois toujours, rien. Niet. Zip. Nada.

Entretemps, vers 2012, suite aux vaillants efforts de Sharon Share, la fille d’une des victimes de l’incendie du Blue Bird en 1972, la ville de Montréal a acquiescé à sa demande d’installer un mémorial à la mémoire des gens décédés durant cette tragédie. On a installé non seulement une magnifique plaque de granit avec tous les noms des victimes mais on a également organisé une exposition à l’hôtel de ville.

Fort de cette initiative, et entrevoyant ici ce que je considérais alors une certaine ouverture de la ville en ce sens, j’ai de nouveau envoyé à la ville et au maire une nouvelle lettre car si celle-ci avait pu mettre en place un mémorial pour les victimes du Blue Bird alors certainement elles pouvaient aussi faire de même pour celles du Laurier Palace. Encore une fois ma lettre est demeurée sans réponse, un peu comme si j’envoyais mes lettres sur Mars. Peut-être se sont-elles rendues là et que ce sont les futurs explorateurs de la planète rouge qui vont les découvrir avec stupeur. Mais trêve de plaisanterie.

L’hiver dernier j’ai décidé de tirer une nouvelle salve, cette fois sous forme d’un courriel directement expédié au maire Denis Coderre. Après quelques mois, ô surprise, ma lettre a finalement trouvé oreille et l’on m’a demandé de fournir quelques renseignements supplémentaires quant à ce qui se trouve sur les lieux présentement. Or, voici de quoi il en retourne au moment où l’on se parle; le Laurier Palace en tant que bâtiment n’existe plus et à sa place aujourd’hui se dresse, un peu en retrait du trottoir, l’Église Évangélique Hispanique Bethel de l'Alliance Chrétienne & Missionnaire. Sur le mur de brique, un peu à gauche de l’entrée, il se trouve une toute petite plaque de rien du tout en plastique noir que voici, telle que vue de la rue. La voyez-vous?

La plaque est à gauche de l'escalier. C'est le truc en plastique noir défraîchi. J’ai donc fourni les renseignements et observations dans ma réponse et puis j’ai attendu que le tout passe dans la machinerie bureaucratique et pas longtemps après j’ai reçu une réponse, que je vous transmets intégralement.

Cette missive est la réponse caractéristique à laquelle je m’attendais et qui démontre, une fois de plus, de quelle façon la mémoire de notre passé est volontairement oblitérée, lentement mais sûrement, un peu comme ces vieilles publicités murales. Visiblement il est clair que la ville ne semble pas intéressée. Dans le troisième paragraphe on me dit, en parlant de la plaque, «...ne soit pas récente, elle a une valeur historique en tant que telle et est encore bien lisible.» D'abord, non, ce n'est pas une plaque officielle car il n'y aucune mention de la ville de Montréal ou de quelconque autre organisme. Ensuite on mentionne que la plaque est sur un édifice privé et que la ville ne peut intervenir. Dans ma lettre adressée au maire, je n'ai aucunement mentionné de modifier la plaque existante mais bien de créer un mémorial ailleurs, soit, comme pour le Blue Bird, avec une plaque au sol en bordure du trottoir avec les noms des victimes ou encore dans le parc qui se trouve en face. On me renvoie d’une part à l’atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve ainsi que sur le site du service des incendies de Montréal. On contourne ici habilement le but de ma lettre mais la ville referme habilement le couvercle. Cela signifie que si le bâtiment est un jour démoli pour être remplacé par des condos (fiez-vous sur moi là-dessus) presque plus rien ne subsistera de ce qui s’est passé en ce fatidique 9 janvier 1927. Rien.

La devise du Québec, «Je me souviens», on la doit à Eugène-Étienne Taché, lequel a fait graver ces trois mots dans la pierre sous les armoiries du Québec. De cette devise, l’historien Thomas Chapais a dit, et je cite; « [...] la province de Québec a une devise dont elle est fière et qu'elle aime à graver au fronton de ses monuments et de ses palais. Cette devise n'a que trois mots : « Je me souviens » ; mais ces trois mots, dans leur simple laconisme, valent le plus éloquent discours. Oui, nous nous souvenons. Nous nous souvenons du passé et de ses leçons, du passé et de ses malheurs, du passé et de ses gloires1 ».

Si la mémoire des victimes du Laurier Palace vous touche et vous importe, je vous prie de joindre votre voix à la mienne en demandant à ce que la ville de Montréal acquiesce à ma demande. En autant que je suis concerné cette reconnaissance est essentielle et je ne compte pas lâcher le morceau tant et aussi longtemps que la mémoire des enfants ne sera pas dûment, et officiellement, honorée parce qu'entre-temps ce n’est pas que notre Histoire, collective ou familiale que nous obnubilons, c’est aussi nous-mêmes.

1 ibid., consulté le 19 août 2008.

samedi 6 juin 2015

Le restaurant Rieno

(Photo: collection personnelle)

Vers la fin des années 40 à Montréal les crèmeries se comptent pratiquement sur les doigts d’une main mais les choses changent. C’est comme ça qu’en 1947 s’ouvre, au 2825 de l’avenue Orléans, tout juste au sud de la rue Sherbrooke, la crèmerie Notre-Dame. Si les gens qui habitent au sud d’Hochelaga peuvent compter sur deux crèmeries situées sur Ontario, la crèmerie Bourget et la crèmerie Économique, c’est un petit peu plus loin pour les résidents qui se trouvent au nord d’Hochelaga, secteur alors en plein développement. Les affaires vont bien et, en 1948, la crèmerie Notre-Dame change de nom pour Rieno Milk Bar. Rieno est tout simplement un raccourcissement du nom original; CrèmeRIE NOtre-Dame. Voilà pour ça.

(Photo: Archives de la ville de Montréal)

À partir de ce moment, et jusqu’en 1957, le commerce a pignon sur l’avenue Orléans mais en 1958 l’adresse devient officiellement le 3950 Sherbrooke. L’aménagement du restaurant est changé et on offre alors quelque chose qui devient de plus en plus populaire : le service à l’auto ou, comme c’était appelé dans le temps, «curb service». Le restaurant Sambo, situé un peu plus à l’est, offrait déjà ce service très apprécié des clients. Durant les années 60 on en a profité pour changer l’enseigne, le nom de Rieno devient alors proéminent et est bien visible, surtout le soir alors que les ampoules dans les lettre s’allument. Au deuxième étage du Rieno il y a le Chomedey Lounge lequel connaît lui aussi une bonne popularité. L'enseigne du restaurant, sur la rue Sherbrooke, a aussi été changée pour quelque chose du plus imposant avec, aussi, un jeu de lumières clignotantes.

(Photo: Archives de la ville de Montréal, agrandissement)

Les années 80 marquent le glas du Rieno et celui ferme et c’est un Howard Johnson qui prend la place. Mais déjà à ce moment l'architecture du restaurant l'a pris dans la tronche et n’a plus rien de l’élégant bâtiment des années 50, malheureusement. Durant les années 90 c’est un Moe’s qui s’installe, lequel connaît un bon succès, surtout avec sa terrasse. 

(Photo: via Google Street View)

Mais voilà qu’en 2014 Moe's a lui aussi fermé à son tour. N’espérez pas de nouveau restaurant car l’ancien Rieno est, au moment d'écrire ces lignes, en voie de démolition pour être remplacé par, vous l'aurez deviné, un projet de condos. 




Le saviez-vous? Ce secteur était autrefois parsemé de grande terres agricoles, lesquelles partaient du fleuve et allaient souvent jusqu'à la hauteur de l'actuel boulevard Rosemont. Ces terres appartenaient à des familles comme Valois, Desjardins, Morgan, Molson, Bourbonnière et autres. Certaines rues du quartier portent des nom qui rappellent justement ces anciens propriétaires. 

mardi 2 juin 2015

Le baseball de Mattel

Je me souviens de cette période, vers la fin des années 70, où l’on a commencé à voir apparaître les jeux électroniques portatifs. D’abord dans les catalogues où, avec la seule image des bidules, l’on se demandait bien comment ça pouvait bien fonctionner. Puis, progressivement, on les a vu arriver dans les magasins et dans certains d’entre eux le personnel se faisait un plaisir de nous montrer de quoi il en retournait et même de nous les faire essayer. Chose certaine, ça ne manquait pas de nous impressionner, surtout que nous étions surtout habitués aux grosses machines d’arcades. Et là il y avait ces petits machins qui tenaient dans la main et qui nous permettaient de jouer soit au football, au hockey, au basket ou encore, comme c’est le cas ici, au baseball. Chaque jeu ne pouvait jouer que celui qu’il indiquait mais à l’époque c’était novateur et c’était aussi ce qui se faisait de mieux. J’ai reçu le jeu de baseball que vous voyez aujourd’hui pour mon anniversaire en 1979 si je me souviens bien. C’était l’époque où j’adorais me rendre au stade avec l’ami Daniel afin d’y voir les Expos, bien assis dans les «bleachers» ces fameux sièges à bon marché. Ce jeu électronique, fonctionnant sur simple pile 9 volts, a donc été un cadeau fort apprécié, inutile de le préciser.

Le boîtier, comme on peut le constater, est certes très rudimentaire mais il est intéressant de noter comment le panneau de jeu simule un stade de baseball, complet avec gradins, terrain, joueurs et tableau de pointage (qui affichait réellement le pointage). N’y manque que le bruit de la foule et de l’odeur des hot dogs à $1. Bon, j’exagère un peu.

En fait, la seule indication qu’il se passait quelque chose sur le terrain était le clignotement de petites lumières LED rouges qui bougeaient selon un parcours déterminé et des sons qui indiquaient des choses spécifiques. Pour jouer, il fallait simplement presser les boutons au bon moment. Ça portait un peu à confusion au début mais après un peu de pratique le jeu devenait passionnant.

Comme on peut le voir ce jeu a été fabriqué à Hong Kong. Du milieu des années 60 jusqu’au début des années 80 une bonne quantité de jouets vendus en Amérique du Nord provenaient de là. Et ils étaient de bonne qualité puisque plusieurs des jeux électroniques de l’époque fonctionnent encore, comme le mien d’ailleurs. Si les instructions sont ici en anglais, il se trouvait dans la boîte la version en français, imprimée sur une feuille de papier. Les jeux de Mattel Electronics ont connu assez de succès pour que d’autres embarquent, comme par exemple Coleco qui a aussi produit sa propre série de jeux portatifs assez similaires comme le fameux «Head to Head» et qui a été très populaire. Milton-Bradley a également vendu bonne quantité de son jeu Simon.







Le saviez-vous? Si le premier DEL de spectrum visible rouge a vu le jour en 1962 le phénomène de l’électroluminescence a été découvert pour la première fois par le britannique H.J. Round des laboratoires Marconi en 1907.